France

Identité nationale: Etre Français aux yeux des autres

Etre Français, c'est quoi? , mis à jour le 10.11.2009 à 19 h 39

Pot-pourri de vos contributions

Slate.fr lance un appel à ses lecteurs: C'est quoi, pour vous, être français? Envoyez-nous vos contributions, vos témoignages, à etrefrançais.slate @ gmail.com. Nous publierons vos tribunes.

***

Comme beaucoup de contributeurs, je suis expatrié. Je suis Français, ma femme est Russe, et je vis en Australie où notre fils est né... Je me souviens d'avoir eu une discussion avec ma femme au sujet de la nationalité et/ou de la citoyenneté. Et j'en suis arrivé a cette conclusion qu'on n'a pas besoin de Nation pour être Citoyen, et qu'on n'a pas non plus besoin de la Citoyenneté pour appartenir a une Nation.

A mes yeux, l'idée de Nation englobe divers concepts tels qu'un fondement culturel commun, une unité linguistique et une histoire commune. En ce sens, on peut difficilement parler de nation «Australienne» ou «Américaine», car ce sont des États ou se côtoient des hommes et des femmes de différentes origines et qui ont décidé de vivre ensemble. Un autre bon exemple est le Royaume Unis ou l'on trouve différentes Nations (Anglais, Gallois, Écossais, Irlandais) mais où tout le monde est citoyen Britannique.

De la j'en déduis que la nationalité, c'est une part de soi, c'est son origine, son histoire et l'histoire de sa famille, sa culture... Alors que la citoyenneté, c'est un droit et un devoir d'une personne vis-à-vis des autres.

Ce qui m'amène à conclure qu'on peut être citoyen de la République Française sans pour autant appartenir a la Nation Française. Pour appartenir a la nation, il y a donc un travail d'intégration a faire. Ce travail d'intégration ne doit pas bien entendu passer par un reniement des origines du nouveau citoyen mais plutôt par une interaction entre les nouveaux citoyens et la Nation.

Au final, la Nation évolue avec le temps car si elle n'évolue pas, c est tout simplement qu'elle n'existe plus.

Pierre Petit, lecteur de Slate.fr

***

Pour moi, je suis né Français, je ne l'ai donc pas choisi. Ce que j'ai choisi c'est de devenir citoyen de la ville de Rotterdam, aux Pays-Bas. Est-ce que cela veut dire que je ne suis plus Français? Je ne crois pas. Mon passeport Européen est délivré par la République Française, et il ne me viendrait pas à l'idée, quel que soit mon amour pour mon pays d'adoption, de prêter allégeance à la reine Béatrix. Qu'est-ce qu'il représente, ce passeport? Une naissance, certes (mais cela n'est que le hasard, la loterie de la vie) et une éducation, c'est-à-dire les efforts que mes parents et l'Etat ont consentis pour faire de moi un adulte plus ou moins bien armé pour cette vie. Alors, l'identité nationale, pour moi, ce sont surtout deux choses: l'attachement actif à une culture spécifique, et la volonté de faire partie de cet ensemble dont la naissance m'a fait un rejeton naturel. En d'autres termes, pour moi, l'identité française est surtout un choix, pas une collection d'items décrétés par l'un ou par l'autre. Renan disait que la nation (la France) est un groupe de citoyen réunis par la seule volonté de vivre ensemble.

Je crois que c'est vrai au-delà du vivre ensemble géographique (qui devient de moins en moins important avec nos moyens de communication). Être Français c'est simplement vouloir l'être. Ce n'est pas un état, c'est une action. La culture, la langue, la citoyenneté politique sont seulement ensuite un moyen de reconnaissance, un fonds commun dans lequel chaque Français peut puiser mais auquel il apporte aussi lui-même quelque chose, par son acte d'appartenance. C'est pourquoi notre culture française est si riche, diverse et multicolore. Elle est le résultat d'apports actifs, à la fois de ceux nés Français et de ceux qui le sont devenus, soit "par le sang versé" soit par l'acte fort de l'avoir demandé et d'y avoir adhéré.

J'aimerais un jour que mon voisin néerlandais et moi-même puissions dire la même chose de notre identité européenne...

Jean-Baptiste Perrin, Rotterdam, Pays-Bas, Europe, lecteur de Slate.fr

***

Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, cette histoire d'identité française qu'on ressort juste quand on en a besoin, s'adresse aux jeunes issus de l'immigration.

Française de souche, comme on dit, je me suis mariée en 1963 à un jeune issu de l'immigration. En Algérie, il était français indigène.

(...) Ma fille, une belle brune aux yeux noirs, a été considérée comme Française deux fois dans sa courte vie: la première fois aux États-Unis, où elle est restée un an, la deuxième fois quand elle est partie à Londres faire ses études. Finalement elle y est restée.

Une mère bien triste, lectrice de Slate.fr

***

Si vous avez aimé cette contribution, vous pouvez lire les autres, de chroniqueurs ou de lecteurs. Vous aimerez peut-être aussi «Jean-François Copé: Identité nationale, réussir le débat» et «Les raisons du retour du débat sur l'identité nationale». N'hésitez pas à participer au débat en nous envoyant vos contributions: etrefrançais.slate @ gmail.com

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte