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Identité nationale: Etre Français aux yeux des autres

Pot-pourri de vos contributions

Mardi 10 Novembre 2009
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Slate.fr lance un appel à ses lecteurs: C'est quoi, pour vous, être français? Envoyez-nous vos contributions, vos témoignages, à etrefrançais.slate @ gmail.com. Nous publierons vos tribunes.

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Comme beaucoup de contributeurs, je suis expatrié. Je suis Français, ma femme est Russe, et je vis en Australie où notre fils est né... Je me souviens d'avoir eu une discussion avec ma femme au sujet de la nationalité et/ou de la citoyenneté. Et j'en suis arrivé a cette conclusion qu'on n'a pas besoin de Nation pour être Citoyen, et qu'on n'a pas non plus besoin de la Citoyenneté pour appartenir a une Nation.

A mes yeux, l'idée de Nation englobe divers concepts tels qu'un fondement culturel commun, une unité linguistique et une histoire commune. En ce sens, on peut difficilement parler de nation «Australienne» ou «Américaine», car ce sont des États ou se côtoient des hommes et des femmes de différentes origines et qui ont décidé de vivre ensemble. Un autre bon exemple est le Royaume Unis ou l'on trouve différentes Nations (Anglais, Gallois, Écossais, Irlandais) mais où tout le monde est citoyen Britannique.

De la j'en déduis que la nationalité, c'est une part de soi, c'est son origine, son histoire et l'histoire de sa famille, sa culture... Alors que la citoyenneté, c'est un droit et un devoir d'une personne vis-à-vis des autres.

Ce qui m'amène à conclure qu'on peut être citoyen de la République Française sans pour autant appartenir a la Nation Française. Pour appartenir a la nation, il y a donc un travail d'intégration a faire. Ce travail d'intégration ne doit pas bien entendu passer par un reniement des origines du nouveau citoyen mais plutôt par une interaction entre les nouveaux citoyens et la Nation.

Au final, la Nation évolue avec le temps car si elle n'évolue pas, c est tout simplement qu'elle n'existe plus.

Pierre Petit, lecteur de Slate.fr

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Pour moi, je suis né Français, je ne l'ai donc pas choisi. Ce que j'ai choisi c'est de devenir citoyen de la ville de Rotterdam, aux Pays-Bas. Est-ce que cela veut dire que je ne suis plus Français? Je ne crois pas. Mon passeport Européen est délivré par la République Française, et il ne me viendrait pas à l'idée, quel que soit mon amour pour mon pays d'adoption, de prêter allégeance à la reine Béatrix. Qu'est-ce qu'il représente, ce passeport? Une naissance, certes (mais cela n'est que le hasard, la loterie de la vie) et une éducation, c'est-à-dire les efforts que mes parents et l'Etat ont consentis pour faire de moi un adulte plus ou moins bien armé pour cette vie. Alors, l'identité nationale, pour moi, ce sont surtout deux choses: l'attachement actif à une culture spécifique, et la volonté de faire partie de cet ensemble dont la naissance m'a fait un rejeton naturel. En d'autres termes, pour moi, l'identité française est surtout un choix, pas une collection d'items décrétés par l'un ou par l'autre. Renan disait que la nation (la France) est un groupe de citoyen réunis par la seule volonté de vivre ensemble.

Je crois que c'est vrai au-delà du vivre ensemble géographique (qui devient de moins en moins important avec nos moyens de communication). Être Français c'est simplement vouloir l'être. Ce n'est pas un état, c'est une action. La culture, la langue, la citoyenneté politique sont seulement ensuite un moyen de reconnaissance, un fonds commun dans lequel chaque Français peut puiser mais auquel il apporte aussi lui-même quelque chose, par son acte d'appartenance. C'est pourquoi notre culture française est si riche, diverse et multicolore. Elle est le résultat d'apports actifs, à la fois de ceux nés Français et de ceux qui le sont devenus, soit "par le sang versé" soit par l'acte fort de l'avoir demandé et d'y avoir adhéré.

J'aimerais un jour que mon voisin néerlandais et moi-même puissions dire la même chose de notre identité européenne...

Jean-Baptiste Perrin, Rotterdam, Pays-Bas, Europe, lecteur de Slate.fr

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Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, cette histoire d'identité française qu'on ressort juste quand on en a besoin, s'adresse aux jeunes issus de l'immigration.

Française de souche, comme on dit, je me suis mariée en 1963 à un jeune issu de l'immigration. En Algérie, il était français indigène.

(...) Ma fille, une belle brune aux yeux noirs, a été considérée comme Française deux fois dans sa courte vie: la première fois aux États-Unis, où elle est restée un an, la deuxième fois quand elle est partie à Londres faire ses études. Finalement elle y est restée.

Une mère bien triste, lectrice de Slate.fr

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Si vous avez aimé cette contribution, vous pouvez lire les autres, de chroniqueurs ou de lecteurs. Vous aimerez peut-être aussi «Jean-François Copé: Identité nationale, réussir le débat» et «Les raisons du retour du débat sur l'identité nationale». N'hésitez pas à participer au débat en nous envoyant vos contributions: etrefrançais.slate @ gmail.com

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Comments

Qu'est-ce qu'être Français?

Avoir une identité, c'est exister ici bas.

L'identité peut être multiple : identité religieuse, identité de couleur de peau, identité d'argent, identité du lieu de naissance, identité limitée au travail, identité de papier administratif et identité d'un peuple.

L'identité française est celle qui illustre l'identité d'un peuple par la devise de sa république : liberté, égalité, fraternité, le respect du drapeau et de l'hymne.

Cette devise renferme tant d'histoire, tant de guerres, tant d'invasions qu'elle se démarque des identités d'occasion.

Etre Français, c'est adhérerà cette devise, la respecter, l'appliquer.

L'identité française est multiple : dans sa littérature, le cinéma, les arts, la couture, la gastronomie, le folklore, la langue, (de moins en moins parlée), la mentalité.

Elle a cela de caractéristique qu'elle ne refuse pas le mélange, le métissage, les particularités. Elle a cela de particulier qu'elle déteste le communautarisme, l'extrêmisme, le particularisme au nom du bon droit.

Elle signifie des droits mais également des devoirs.

Si aujourd'hui, la question est posée, c'est que peut être la société est triste, dépressive et perdue dans la mondialisation, l'Europe et les vagues successives d'immigration mal intégrée.

oups

Les frontières ne sont-elles pas dans nos têtes ?

Etre français, c’est être né quelque part, n’importe où et se reconnaître dans la culture française, son mode de vie, son histoire, avec ses belles et mauvaises pages.
C’est faire sien le siècle des Lumières et leur approche de l’humanité et avoir une démarche globalement tolérante et ouverte.
.
Mais c’est aussi car elle a laissé son empreinte, reconnaître une forte influence religieuse chrétienne de plusieurs siècles. Dans notre mentalité de français, il y a une teinte religieuse sous jacente. N’en déplaise à certains, tant le curé que l’instituteur ont participé conjointement sans pour autant être d’accord, à tracer le sillon français. Mais être français, c’est aussi revendiquer l’appartenance omniprésente de l’esprit républicain sans négociation possible.
.
Ce n’est donc pas être né en France ou être de parents français. C’est un acte volontaire d’adhésion, de comportement. Croyant à la nécessité de la diversité des nationalités et cultures différentes, d’une façon générale, être d’une nationalité, c’est vivre dans le pays qu’on choisit en s’adaptant à la culture d’origine sans chercher à la modifier ou à imposer ses croyances, ses comportements, ses mentalités d’autres pays, d’autres cultures, d’autres traditions. Et si on ne s’y plaît pas, on va vivre dans un pays dont les mentalités, modes de vie et culture répondent à nos attentes. A l’heure de la mondialisation, d’internet et autres facilités de voyage, quelle loi sinon l’habitude interdit de changer de pays ? Aujourd'hui, les frontières ne sont-elles pas dans nos têtes ?
.
Qu’on me taxe de tous les noms d’utopique naïf à xénophobe, mais pas d’impérialiste !

Soliste

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