Pour une politique énergétique européenne d'avenir
Une politique énergétique européenne, c'est une communauté européenne des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique
- Centrale nucléaire en Lorraine, par Toucanradio, Flickr -
Le domaine énergétique est par excellence le domaine où les solutions aux crises énergétiques, climatiques, écologiques, économiques et sociales convergent en UNE solution globale pour répondre convenablement et honnêtement à chacune d'entre elles. Cette solution doit être européenne. Sur ce point, je partage la position de Jean-François Copé dans son dernier billet, mais je ne partage pas ses priorités.
Pour une conversion énergétique à l'échelle européenne, pour un futur 100% sobre, efficace et renouvelable
Nos économies et sociétés se sont développées depuis la révolution industrielle grâce à une consommation toujours plus importante de produits énergétiques (charbon, pétrole, gaz, électricité...). Ce système atteint ses limites (climat, réserves, risques nucléaires...) sans pourtant bénéficier à tous (20% des terriens consomment 80% des ressources et 2 milliards ne consomment quasiment rien). Face aux crises énergétiques et climatiques et à l'évidente exigence d'équité internationale, nous proposons effectivement d'anticiper les crises plutôt que de les subir! C'est pourquoi les écologistes, dont je suis, défendent l'idée d'une politique de sobriété énergétique, d'efficacité et le développement des énergies renouvelables.
Concrètement, la rénovation des logements, l'aménagement équilibré des territoires, le renforcement des réglementations existantes de réduction des consommations des appareils ménagers et des véhicules, la réorientation vers une mobilité durable sont des politiques triplement gagnantes: économies d'énergies, réduction de la pauvreté énergétique et création massive d'emplois. Les ménages les plus modestes sont en effet généralement ceux qui paient le plus cher pour se chauffer ou se déplacer puisque leurs logements sont les plus mal isolés, leurs voitures les plus consommatrices. Un exemple: la rénovation des logements européens pourrait réduire de 20% la consommation d'énergie et créer un million d'emplois, 120.000 en France.
Réduire notre consommation et envisager le fait que le potentiel des énergies renouvelables est gigantesque sont la solution. En effet et pour exemple encore: l'énergie reçue du soleil en un an correspond à environ 10.000 fois la consommation annuelle d'énergie dans le monde. Actuellement, il suffirait de couvrir l'équivalent de moins de la moitié des toits de France de panneaux photovoltaïques pour produire la totalité de la consommation finale française (en moyenne annuelle).
Parce qu'il y a un vrai manque d'investissement dans la recherche publique, le potentiel de développement technologique est très important. Entre 1987 et 2002, 50% des fonds de la recherche publique ont été consacrés au nucléaire fusion et fission (soit 145 milliards de $) et seulement 7,7% pour les énergies renouvelables (soit 22,4 milliards de $) (Source : GIEC). Actuellement, les potentiels techniquement exploitables de gisements renouvelables représentent 5,9 fois la consommation énergétique mondiale annuelle. Et ces gisements ne peuvent qu'augmenter!
Pour en finir avec l'idée que la production nucléaire assure l'indépendance énergétique à la France et à ses voisins européens et répond aux enjeux climatiques
Aujourd'hui, le nucléaire représente moins de 6% de la consommation d'énergie finale de l'Europe des 27, et 30% de l'électricité. Soit beaucoup moins que les économies réalisables! Le nucléaire reposant sur une ressource limitée et importée - l'uranium - n'apporte aucune solution durable à la crise énergétique tout en présentant des risques inacceptables et une accumulation sans cesse croissante de déchets ingérables. La seule priorité de L'Europe dans ce domaine doit être de renforcer de toute urgence la sécurité, la transparence et la sortie progressive de ce secteur de production. Elle ne peut raisonnablement pas favoriser les intérêts purement économiques de quelques uns par une quelconque relance du nucléaire en Europe.
Il faut sortir de l'opacité, de la désinformation et de la fausse logique : le nucléaire n'est ni la solution d'avenir, ni une réponse aux crises écologique et crises économiques.
Ecologiquement, la solution nucléaire ne répond pas au problème du changement climatique. Les 2,8 GT de CO2 que le nucléaire permettrait d'éviter en 2050 ne représentent que 20% de l'objectif de 14GT (la moitié du niveau actuel), soit une part très modeste à la résolution de l'équation climatique. Et il faut encore une fois rappeler les problèmes posés par la gestion à long terme des déchets radioactifs et des démantèlements sur lesquels on n'a pas avancé depuis 50 ans. Economiquement et notamment en terme de création d'emplois, l'exemple de nos voisins allemands est éclairant: une stratégie de sortie du nucléaire est très créatrice d'emplois: 230.000 en dix ans (dont 90.000 dans l'éolien et 30.000 dans la biomasse). Dans la période de crise de l'emploi que nous connaissons, cela devrait tout de même nous amener à réfléchir...
Pour une Communauté européenne des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (CERENE)
Le développement des énergies renouvelables et le soutien à l'efficacité énergétique sont déjà des politiques européennes bien engagées, malgré les freins mis par certains Etats. Le projet que nous avons défendu pendant la campagne des élections européennes - et que nous soutenons aujourd'hui au sein du parlement européen - consiste à consacrer et formaliser cette politique encourageant la sobriété, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables en remplaçant le traité Euratom par un texte instaurant une «Communauté des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique» chargée de préparer un futur énergétique 100% sobre, efficace et renouvelable, notamment en améliorant l'organisation institutionnelle et le suivi des politiques. Le financement de la recherche sur le nucléaire devra être réorienté vers la sobriété, l'efficacité et les énergies renouvelables.
Repenser la politique énergétique suppose une démarche et réflexion globales sur nos politiques énergétiques actuelles et à l'échelle européenne, ce sont plusieurs chantiers qui doivent être urgemment enclenchés: Programme européen de rénovation énergétique des bâtiments ; Analyse européenne des flux marchandises transportées et moyens de les réduire; révision du budget pour assurer le soutien au ferroviaire; révision du système européen pour revaloriser le méthane et programme valorisation énergétiques des effluents agricoles, etc...
Toutes ces mesures trouveront leur place dans un nouveau Traité pour une Communauté européenne des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique !
Sandrine Bélier
Image de Une: Centrale nucléaire en Lorraine, par Toucanradio, Flickr
Mis à jour le 11/11/2009 à 11h19












































Comme à son habitude, Mme Bélier n’a pas peur des phrases quelque peu « ampoulées » .
Mais passons , ce doit être une posture standard chez les écolos politiques qui nous administrent leurs leçons.
Plus concrètement le système « énergétique » n’a qu’une seule limite : l’épuisement de toutes les ressources. Le climat (rechauffement ou refroidissement) n’est pas une limite (mais il faut absolument écrire ces mots si on veut être dans la ligne du parti). Les risques nucléaires encore moins (mais il faut faire peur)
Si tout le monde est bien d’accord pour développer les économies d’énergie, pour « prolonger » le plus possible la période d’utilisation de ces ressources, comment peut on entériner la politique dite de « sobriété » qui constitue à rouler en vélo, marcher à pied et s’éclairer à la bougie.
Bien au contraire, toute l’humanité et surtout les plus démunis aspirent à bénéficier de l’électricité, et la Chine a mis en place des investissements considérables pour alimenter le maximum de population. Quand un village est « raccordé » la vie change. Il va donc y avoir un développement exponentiel des besoins. Ce sera la même chose partout, en Inde, au Brésil, en Afrique.
La rénovation des logements (dans les pays développés) est une voie d’économie potentielle. Mais au vu des budgets requis , ce ne sont pas les ménages les plus modestes qui sont concernés, mais les plus riches. Quand on a du mal à terminer le mois, on ne parle pas de refaire la toiture, de mettre des double vitrages, des pompes à chaleur, des panneaux photovoltaiques…etc. Et dans les immeubles en co-propriété, les assemblées risquent d’être orageuses quand il y aura ce type de projet. Rien n’empêcherait l’Etat de le faire pour le patrimoine public, mais avec quel argent ? L’impact en terme d’économies sera donc faible et sur une durée très longue. Et la création de un million d’emploi est une pure fantaisie (enfin peut être sur cent ans !, mais notre auteure se garde bien de donner une date) .
Je ne ferai que mentionner le développement possible du parc automobile électrique car je demande à voir avant d’émettre une opinion.
Quant aux énergies renouvelables, le raisonnement sur les panneaux photovoltaïques en France laisse perplexe. Je regrette ces outrances car je pense que c’est une vraie solution à caractère local. Mais qui va croire que l’on va s ‘éclairer la nuit avec les petits panneaux qui dorment au dessus de nos têtes ! On ne dit pas qu’il faut aussi installer « une usine à gaz » pour pouvoir stocker l’énergie avec en plus une perte importante de rendement.
Et nos amis Chti ne seront pas égaux aux retraités de Nice. Quel que soit la qualité des arguments, c’est bien une solution d’avenir.
En ce qui concerne l’éolien, malgré la bêtise de nombreux édiles en mal de réclame, c’est probablement une voie sans issue que de plus en plus de gens réprouvent tant pour la protection de l’environnement (paysages), la lutte contre les nuisances (bruit), et un apport très marginal (quand il y a du vent) .
Tout le monde aura bien vu la tactique du cliquet dans cet article, une phrase sur l’Europe, un chiffre sur la France, un % mondial et on mélange le tout. Le lecteur est bien ficelé.
Il reste le dessert : le nucléaire
1ére astuce : on explique que le nucléaire représente beaucoup moins que les économies d’énergie réalisables. Alors peut-on supprimer le nucléaire ? Bien sûr que non, car les économies que nous ferons (dans le monde entier) serviront à notre futur développement.
2ème astuce : encore la peur : il y a des incidents dans les centrales (beaucoup moins que sur le Rer B, faut-il aussi sortir du métro ) conclusion ce n’est pas une solution d’avenir. Et bien n’en déplaise à Mme Bélier, le nucléaire est une des solutions d’avenir (fiable, économe en CO2 – même Mme Bélier le reconnaît, c’est dire – qui peut s’implanter dans de nombreux pays). Pourquoi s’en priver dans un futur contexte de rareté du pétrole et du gaz?
Qu’elle serait la situation aujourd’hui en France si nous ne disposions pas de notre parc de centrales ? Bien des pays nous envient.
Mme Bélier omet de dire combien d’emplois seraient perdus en France si cette filière était abandonnée (la France n’est pas l’Allemagne)
Energiquement vôtre
Raisonnement tout bonnement ahurissant.
"Le climat (rechauffement ou refroidissement) n’est pas une limite (mais il faut absolument écrire ces mots si on veut être dans la ligne du parti). Les risques nucléaires encore moins (mais il faut faire peur)": là juste comme ça, si je vous suis, tout va pour le mieux dans me meilleurs des monde: les réfugiés climatiques n'existent pas, les ressources en énergie, en eau, en terres cultivables ne s'épuisent pas, et quand bien même, l'homme n'y serait pour rien, mais alors rien du tout... Ahurissant. Même à l'UMP on est conscient que notre système marche sur la tête. Sur les questions de sûreté des EPR, relisez les articles de Slate, dont ceux de la rédaction. Sauf erreur de ma part, les autorités de sûreté nucléaire française, britannique et finlandaises ne sont pas encartées chez Europe Ecologie. Pas plus que la rédaction de Slate ou la communauté scientifique internationale... Ou alors, il y a matière à scoop... au moins susceptible de relancer Bakchich...
"Alors peut-on supprimer le nucléaire ? Bien sûr que non, car les économies que nous ferons (dans le monde entier) serviront à notre futur développement." A l'inverse, j'en déduis que les pays qui n'ont pas opté pour le nucléaire ne pourront pas financer leur développement futur. C'est Merkel qui va être contente...
"il y a des incidents dans les centrales (beaucoup moins que sur le Rer B, faut-il aussi sortir du métro )" Un de mes amis est comédien. Je vais lui suggérer cette réplique pour un prochain spectacle. Je pense que ça pourrait lui procurer un certain succès lors d'une tournée en Ukraine...
Bon, sinon, il y aurait bien d'autres choses à dire mais est-ce vraiment utile... Mieux vaut ne rien changer, après tout. De toute façon, on s'en fout, ce ne sera pas pour notre pomme mais pour celle de nos enfants... Pas vrai? Ahurissant, triste, désespérant... franchement, là, j'hésite sur le choix du qualificatif face à vos "arguments"...
Ah si, dernier point: pour les créations d'emplois, même la Commission Barroso, (pas particulièrement pro-Europe Ecologie...) va dans le sens de Mme Bélier...
Bonjour,
Mme Bélier comme d'habitude des paroles mais pas de solution et la seule que vous chiffrez la photovoltaique est ANTI ECOLOGIQUE car nous ne savons pas détruire les panneaux qui ont une durée de vie très courtes au sens de l'humanité. Que dire de la destruction du paysage , un bien commun,par les éoliennes, cette solution est plus financière qu'écologique mais peut-être avez vous des actions chez ses industriels plus tournés vers l'argent facile que l'écologie
Bien sur tout citoyen n'est pas un pro nucléaire car chacun connait le pb des déchets mais que proposez-vous concrètement mot qui est tabou chez les écolos.
Autre point cessez de nous parler du GIEC dont on peu parfois mettre en doute son impartialité.
Autre point qui devrait vous interpeller une érosion de vos électeurs et oui à vouloir être intégriste c'est à dire dicter sa loi sans écouter les autres à toujours été la perte des politiques totalitaires.
Oui pour un monde plus écologique mais sans les intégristes.
Marci de peaufiner vos écrits de chiffres concrets et des incidences REELLES sur l'emploi , les plus et les moins.
Bonne journée
Un particulier, comme une entreprise regarde avant tout investissement quel sera la rentabilité d'une installation énergétique dite "durable"
Les firmes vantant l'écologie nous présentent le gain en CO2 d'une installation nouvelle mais ne précisent jamais quel est le coût en CO2 de la fabrication et de la livraison de leurs produits.
Quelle est la durée de vie d'une installation de type solaire ?
Combien de temps durera l'achat à un tarif préférentiel de l'électricité photovoltaïque ?
Pourquoi d'un côté parler de la forêt et affirmer que le bois qui a capté le carbone est une solution renouvelable non polluante ?
Pourquoi, quand l'Etat permet des aides fiscales sur certains investissements, les devis des installations correspondantes peuvent augmenter de plus de 40 % ?
Comment se fait-il que des Al Gore qui prédisent l'Apocalypse, sont actionnaires de sociétés dites durables dont les cours à la bourse ne cessent de grimper à chaque étude scientifique alarmiste mais non prouvée par des simulations honnêtes et fiables ?
Depuis peu, Al Gore est obligé de nuancer le rôle du CO2 - Sent il le vent du boulet ? Al Gore en personne vient de reconnaître que de nouvelles études nuançaient le rôle du CO2, qui peut être n'était plus responsable, je cite, que de "40%" du réchauffement de la planète qui pour certains experts, oubliés des media, se refroidirait depuis 2 à 3 années !!!!!!
Oui aux économies d'énergie pour réduire nos factures qui iront en croissant dans les années à venir du fait de l'augmentation mondiale des consommateurs, mais non à l'escroquerie ambiante des gogos que nous serions si nous acceptions d'être terrorisés par certains qui passent leur temps à créer du CO2 en allant de colloque en congrès ou conférences locales ou internationales.
Oui à une écologie transparente !!!!!!!!!!!!!!!