Santé / Parents & enfants

La psychose post-partum, ce syndrome terrifiant qui suit l'accouchement

Temps de lecture : 2 min

Ce trouble rare s'accompagne d'hallucinations aux conséquences parfois funestes.

La psychose post-partum est un phénomène rare mais grave  | Bridget Coila via Flickr CC License by

C'est un syndrome rare. Seules 1 à 2 femmes sur 1.000 en souffrent. Mais les symptômes peuvent être terrifiants. Au point de mener des femmes qui viennent d’accoucher vers un stade délirant. On parle ici de la psychose post-partum, une maladie qui se manifeste après l’accouchement sous la forme de dépression et d’hallucinations.

Le magazine Broadly a recueilli les témoignages de femmes qui, leur nouveau-né dans les bras, ont perdu tout lien avec la réalité.

«J’étais hystérique et j’hallucinais, raconte une jeune mère. Je pensais que le duvet changeait de couleur ou je que j’étais en train de flotter dans un coin de la chambre. Je passais des heures à fixer ma garde robe de maman et mes leggings pour ensuite peiner à les enfiler parce que je ne savais plus comment m’habiller. J’ai commencé à penser que la mort était la seule façon de me sortir de ce monde dans lequel j’étais prisonnière.»

En 2001, le cas d’une mère ayant noyé ses 5 enfants dans une baignoire avait particulièrement choqué les États-Unis et sensibilisé le public à la gravité du syndrome. Andrea Yates avait commencé à souffrir de psychose post-natale après l’accouchement de son quatrième enfant en 1999.

Des facteurs encore mystérieux

Selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, le syndrome apparaît subitement, entre le 3e et 14e jour suivant l’accouchement. Les hallucinations et anxiétés vécues par les femmes sont généralement centrées sur l’enfant et la naissance: négation de la maternité́, sentiment de non-appartenance ou de non-existence de l’enfant, conviction que l’enfant est mort, qu’il a été échangé, etc.

Bien que les femmes bipolaires aient un risque plus élevé de développer ce type de psychose, personne n'est à l'abri.

«Ça survient à l’improviste chez des femmes qui n’ont jamais été jamais malades avant», explique l’école royale de psychiatrie britannique.

Peu de recherches ayant été effectuées sur le sujet, les causes en restent floues. Mais on estime que des facteurs génétiques, des changements hormonaux et une perturbation de la structure du sommeil pourraient en être responsables.

Plus répandus, le baby blues touche 30 à 70% des femmes et la dépression post-partum 10 à 15% des mères, selon l’INPES. Cette dernière est parfois confondue avec notre psychose, ce qui empêche les femmes concernées de recevoir le traitement nécessaire. Car bonne nouvelle, la grande majorité des patientes s’en sortent sans problème à condition de s’y prendre à temps.

Slate.fr

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