Allemagne

À Berlin, la mouvance d'extrême gauche inquiète de plus en plus

Temps de lecture : 2 min

Entre 2014 et 2015, le nombre d'actes de violence commis par des membres de l'extrême gauche est passé de 995 à 1.608.

Revolte! | murdelta via Flickr CC License by
Revolte! | murdelta via Flickr CC License by

Alors que les autorités allemandes ont l'œil rivé depuis des années sur les milieux d'extrême droite, et ce encore plus depuis la révélation de l'existence de la cellule terroriste néonazie NSU, et plus récemment sur les groupuscules islamistes, la mouvance d'extrême gauche est désormais dans leur viseur. Selon le quotidien Die Welt, qui a interviewé plusieurs spécialistes, les extrémistes de gauche vivant dans la capitale allemande seraient aujourd'hui «dangereux» comme ils ne l'ont pas été «depuis longtemps».

Sur internet, militants anarchistes et communistes de la scène d'extrême gauche berlinoise n'hésitent désormais plus à faire l'apologie de la violence avec une ironie qui rappelle dangereusement celle des extrémistes de droite. Sur le portail linksunten.indymedia, par exemple, les émeutes qui ont éclaté ces derniers mois dans la capitale allemande en marge de manifestations ou d'opérations policières sont comparés à la ligue allemande de football («Bundesliga»), l'auteur du billet estimant que «la capitale allemande est considérée comme aspirante au titre de "champion des émeutes"» pour l'année 2016.

Une allusion aux nombreuses émeutes qui ont éclaté à Berlin ces derniers mois dans la Rigaer Strasse. Cette rue du quartier de Friedrichshain a été autrefois un bastion de l'extrême gauche berlinoise. Des nombreux squats qui s'y trouvaient dans les années 1990, il ne reste aujourd'hui que quelques «Hausprojekte», comme on les appelle, des squats légaux, parmi lesquels l'immeuble sis au numéro 94 de cette rue. Après qu'en janvier 2016, un policier qui était en train d'écrire une contravention aux abords de l'immeuble a été violenté par une personne qui s'est ensuite réfugiée dans l'immeuble, plusieurs descentes de police spectaculaires et des tentatives d'expulsion ont eu lieu dans l'immeuble. Des mois durant, la rue a été quadrillée presque chaque nuit par des fourgons de police et des hélicoptères.

Selon le rapport annuel de l'Office de protection de la constitution allemande, le nombre d'extrémistes de gauche violents est passé de 7.600 à 7.700 entre 2014 et 2015 en Allemagne, et le nombre d'autonomes est lui passé de 6.100 à 6.300 personnes dans le même laps de temps. Le nombre d'actes de violence commis par des membres de l'extrême gauche a lui littéralement explosé, passant de 995 à 1.608.

«Le blocage vis-à-vis de la violence contre certaines personnes, en particulier contre les policiers et les supposés «fascistes», est devenu plus ténu d'année en année», explique à Die Welt Bernd Palenda, chef de la section berlinoise de l'Office de protection de la constitution.

Des groupes terroristes tels que la RAF, la fraction armée rouge, pourraient aujourd'hui être vus comme des modèles chez certains acteurs de l'extrême gauche berlinoise, écrit Die Welt, qui se réfère à des groupes de discussion sur Internet qui multiplient les allusions au groupe terroriste d'extrême gauche.

Une tendance qui inquiète Bernd Palenda, au regard de l'affaire de la cellule terroriste néonazie: «Une des leçons de la NSU, c'est que les services de sécurité ne doivent jamais totalement exclure ce type d'évolutions». Il précise toutefois que ses services ne disposent actuellement d'aucun indice selon lesquels une organisation terroriste d'extrême gauche serait en train d'être créée.

Slate.fr

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