Monde

Des images des camps de concentration projetées à une soirée d'Halloween

Temps de lecture : 2 min

Mauvaise idée. Très. Mauvaise. Idée.

Kino International | Robert Agthe via Flickr CC License by
Kino International | Robert Agthe via Flickr CC License by

Ça aurait dû être une banale soirée d'Halloween, parmi les dizaines qui étaient proposées fin octobre 2016 par les bars et les clubs berlinois. À la différence qu'elle était organisée dans les superbes locaux d'un cinéma historique de Berlin-Est, le Kino International, et que les organisateurs de la fête promettaient à leurs invités une fête placée sous le signe de l'art, avec «plusieurs expositions terrifiantes» et «des personnages oubliés, qui ne quitteront plus vos pensées».

Mais certains invités n'en ont pas cru leurs yeux lorsqu'ils ont vu les diapos projetées sur les murs des salles d'exposition, situées entre le vestiaire et le dancefloor: «On nous a montré des images prises dans les camps de concentration allemands, sur lesquels se trouvaient des détenus, des cadavres et des personnes souffrant d'un handicap physique», explique au quotidien local Der Tagesspiegel Nina Philipp, une Berlinoise qui s'est rendue à la soirée. Deux images extraites de ce freak show des plus glauques étaient particulièrement choquantes, précise le quotidien:

«Sur une photographie dont dispose également Der Tagesspiegel, on voit un homme nu, décharné, en train d'être traîné sur le sol par deux détenus à l'aide d'une grande pince. Sur l'autre image, dont l'organisateur ne veut cependant pas entendre parler, on pouvait voir un homme également nu et affamé, avec des organes génitaux difformes.»

Une grande partie des participants de la soirée n'a pourtant visiblement pas remarqué que ces images avaient été prises dans les camps de la mort, a indiqué Nina Philipp:

«Il y avait même des invités déguisés qui faisaient joyeusement des selfies devant ces images affreuses.»

Contacté par le quotidien berlinois, l'organisateur de la soirée, Christian Goldau, a indiqué qu'il ignorait que des photographies des camps de concentration nazis se trouvaient dans le diaporama projeté durant la soirée, affirmant maladroitement qu'il «pensai[t] qu'il s'agissait d'images extraites d'un film nazi», lorsqu'il avait cherché des images sous licence libre sur internet. Il ajouté ne jamais avoir voulu «montrer des cadavres de détenus de camps de concentration» et s'être vu donner une leçon «dont il se souviendra toute sa vie». À cause du scandale qu'il a provoqué, sa société serait désormais au bord du gouffre. De son côté, la direction du cinéma qui a accueilli l'évènement a fait savoir qu'elle était «sans voix et écoeurée» par la nouvelle.

Les Allemands n'en ont pas fini d'être confrontés à leur passé nazi de cette manière aussi gênante qu'absurde. La chaîne allemande de magasins de décoration Butlers vient par exemple de retirer une boule de Noël de son catalogue, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel, après que les critiques se sont multipliées sur les réseaux sociaux, car celle-ci, à l'effigie d'une maison en pain d'épice, était ornée d'une croix gammée.

Une des porte-paroles de l'entreprise a affirmé qu'«[ils] ne voul[aient] évidemment pas proposer d'articles qui peuvent être associés avec le symbole de la croix gammée», tout en ajoutant qu'il s'agissait sans doute d'une svastika, l'objet ayant pu être fabriqué en Inde.

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