Monde

Le discours en espagnol du colistier de Clinton est une première historique

Claire Levenson, mis à jour le 05.11.2016 à 11 h 25

En Arizona, Tim Kaine s'est adressé à la foule en espagnol pendant un discours de trente minutes dans lequel il a qualifié Donald Trump de clown («payaso»).

L'État d'Arizona a voté républicain à toutes les présidentielles depuis 2000, mais à chaque fois la communauté latino, qui représente environ 31% de la population de l'État, ne se déplaçait pas beaucoup aux urnes. En 2012, seulement 52% des latinos citoyens américains s'étaient inscrits pour voter.

Les choses pourraient changer cette année, tant la campagne de Donald Trump a été marquée par une rhétorique anti-immigrés qui motive la population hispanique à se rendre aux urnes. Depuis le début de l'année, des associations ont fait s'enregistrer 150.000 nouveaux électeurs d'origine latino. En octobre, certains sondages donnaient Clinton gagnante dans l'État, même si la plupart des prévisions montrent désormais que Trump est en tête.

Le candidat républicain, qui a déclaré qu'il expulserait onze millions de sans-papiers (à majorité latino) et qu'il ferait construire un mur frontalier (payé par le Mexique) est particulièrement détesté chez les latinos. 

Pour encourager les Américains d'origine hispanique à aller voter, Hillary Clinton a un allié particulièrement efficace: son colistier Tim Kaine, qui parle espagnol couramment depuis une année passée avec des missionnaires dans le Honduras en 1980. Comme l'explique l'Associated Press, depuis le début de la campagne, le candidat à la vice-présidence, qui est sénateur de Virginie, a fait cinquante interviews en espagnol pour les médias latino-américains, soit 20% de ses interviews.

Et pour la première fois de l'histoire des présidentielles américaines, il a fait un long discours (de trente minutes) entièrement en espagnol à Phoenix dans l'Arizona. Après avoir rappelé la longue liste des insultes de Trump envers la communauté latino-américaine, le candidat démocrate à la vice-présidence a traité Trump de clown: «Es un payaso», en version originale, une pique spontanée qui n'était pas dans la texte de son discours envoyé à la presse. 

 

Il s'est aussi moqué des tentatives de Trump pour séduire l'électorat latino:

«Donald Trump pense que communiquer avec la communauté latino, c'est tweeter une photo d'un taco bowl».

En effet, plusieurs mois après avoir dit que de nombreux immigrés mexicains étaient des criminels et des violeurs, Trump avait tweeté une photo de lui avec des tacos et la légende «j'aime les latinos»

Le sénateur de Virginie a dit à la foule que le vote latino pourrait faire toute la différence cette année et répété deux fois: «Todos somos americanos», soit «nous sommes tous américains».

Il a rappelé que la communauté hispanique est présente dans le pays depuis le XVIe siècle, soit avant l'arrivée des colons britanniques:

«L'espagnol était la première langue européenne parlée dans ce pays.»

Ce n'est pas la première fois que Kaine fait une intervention historique en espagnol. En 2013, il était le premier sénateur à avoir fait un discours en espagnol au Sénat, où il soutenait le passage d'une loi sur la réforme de l'immigration.

Claire Levenson
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