SportsMonde

La victoire des Chicago Cubs peut-elle prédire les résultats de la présidentielle?

Claire Levenson, mis à jour le 04.11.2016 à 10 h 12

Selon le bord politique, la victoire des Cubs après 108 ans de défaites est interprétée comme un signe prometteur pour Trump ou Clinton.

Des fans fêtent la victoire des Cubs à Chicago dans la nuit du 2 novembre 2016. Tasos Katopodis/AFP.

Des fans fêtent la victoire des Cubs à Chicago dans la nuit du 2 novembre 2016. Tasos Katopodis/AFP.

Cela faisait 108 ans que les Chicago Cubs n'avaient pas gagné les World Series et tard dans la nuit du 2 au 3 novembre, après un match plein de rebondissements contre les Cleveland Indians, la malédiction a été levée. A priori, rien à voir avec l'élection présidentielle du 8 novembre. Pourtant, beaucoup y ont vu une prémonition: soit en faveur de Donald Trump, soit d'Hillary Clinton, selon l'interprétation.

Pour certains fans de Trump, la grille de lecture est simple: des outsiders ont gagné le World Series, donc un outsider –soit le candidat républicain– peut aussi gagner. Ainsi, l'ancien gouverneur de l'Arkansas, Mike Huckabee a tweeté:

«Les Cubs n'étaient pas censés gagner mais ont gagné. @realDonaldTrump n'est pas censé gagner mais il gagnera! Félicitations aux Cubs et maintenant #JamaisHillary.»

«Les Cubs ont moins de chance de gagner que Trump»

Quelques jours avant le match, un journaliste du site de prévisions satistiques FiveThirtyEight avait écrit un article intitulé: «Les Cubs ont moins de chance de gagner que Trump», basé sur une analyse du jeu des Cubs, comparé aux sondages Clinton-Trump. Après le match, l'article a été retweeté par KellyAnne Conway, la manager de campagne de Trump:

D'autres voient dans l'anomalie historique de la victoire des Cubs un signe probable de l'apocalypse (et donc d'un résultat présidentiel apocalyptique) comme Rany Jazayerli, un blogueur baseball:

«Toute ma vie, la blague a été de dire qu'une victoire des Cubs indiquerait le début de l'apocalypse. Ils pourraient gagner ce soir. L'élection 2016 est dans six jours.»

Le soir du match, le journaliste Ken Rudin s'est fait remarquer avec une interprétation beaucoup plus complexe de la victoire, basée sur une analyse historique de toutes les autres finales de World Series en période de présidentielle:

L'Amérique inversée

Il y a deux types d'équipe de baseball aux États-Unis, celles de la National League et celles de l'American League. En regardant l'histoire des finales, Rubin a remarqué que depuis 1972, à chaque fois qu'une équipe de la National League gagne, c'est un président démocrate qui est élu, alors que c'est un républicain qui est élu quand le gagnant est de l'American League. Les Cubs étant de la National League, il y a de l'espoir pour Clinton.

La candidate démocrate, qui a grandi dans une banlieue de Chicago, a d'ailleurs insinué que la victoire historique des Cubs pourrait bientôt être suivie d'une élection historique, celle de la première présidente des États-Unis.

«Qui sait, peut-être qu'un autre événement historique aura lieu dans quelques jours», a déclaré Clinton le jour suivant.

Lorsque les Cubs ont gagné pour la dernière fois, en 1908, les femmes n'avaient pas le droit de vote. Et comme le rappelle Libby Nelson, journaliste pour le site Vox, la carte électorale du pays était complètement inversée: les États rouges (soit républicains) étaient dans le Nord-Est et l'Ouest, alors que le Sud du pays était démocrate. Ce n'est en effet que vers les années 1930 que le parti républicain est devenu le parti conservateur.

Ce à quoi ressemblait la carte électorale la dernière fois que les Cubs ont gagné les World Series.

À l'époque, c'était le Vermont qui était l'État le plus républicain (un État maintenant très à gauche) et la Caroline du Sud était l'État le plus démocrate.

Claire Levenson
Claire Levenson (140 articles)
Journaliste
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