Culture

Libertinage, adultère : modes d’emploi

Temps de lecture : 9 min

L’adultère et le libertinage, ce n’est pas la même chose ! On ne sait pas si sucer c’est tromper mais tromper ce n’est pas libertiner ! Comparez nos modes d’emplois, et choisissez votre camp.

Soirée Wyylde au Yoyo, juin 2016
Soirée Wyylde au Yoyo, juin 2016

1.Qui pour qui?

Commençons par le plus simple : qui fait quoi avec qui ? Libertinage et adultère sont deux pratiques bien différentes. Si tromper est une forme d’égoïsme, libertinage rime avec partage.

Libertinage

Qui ? Le libertinage étant une forme d’échange, le pratiquer en solo est plutôt mal vu, notamment pour les hommes. On y va en couple. Sinon, c’est pas du jeu.

Avec qui ? Si l’image du libertinage est celle de personnes dénudées portant un loup, est-ce un hasard ? Mieux vaut envisager le libertinage tel qu’il est d’abord : du désir et du plaisir sexuels. Et pour cela, mieux vaut le pratiquer avec des inconnus – dans le cadre d’un club, ou par des rencontres sur Internet, sur le site Wyylde, anciennement netechangisme, le site référence en la matière (300 000 visites par jour tout de même !). Coucher avec ses amis ou voisins peut s’avérer source de gêne, d’ennuis… Une soirée un peu trop arrosée peut « déraper », selon l’expression consacrée. Mais, franchement, ce n’est pas une bonne idée de coucher avec le mec de sa meilleure amie sous les yeux de celle-ci. En revanche, rien ne vous interdit de lier amitié avec d’autres libertins. Il est alors probable que les jeux érotiques laisseront progressivement place à des jeux de cartes.

A éviter : les amis, les collègues, les clients

A privilégier : des inconnus dans un club

On peut : libertiner avec des inconnus, par internet (on checke quand même).

Adultère

Par définition, on trompe son conjoint sans qu’il soit là. Mais il arrive que… chacun de son côté…

Avec qui ? Bien souvent, il s’agira d’une personne rencontrée régulièrement, dans son voisinage, au travail… Même s’il est difficile de résister à des attractions mutuelles, devenir amants entre collègues n’a rien d’évident. Il faut savoir se cacher, ne pas prêter le flanc aux rumeurs et, surtout, imaginer l’après. Après la rupture. Entre adultes responsables ? Sans aigreur ? Sans envie de remettre le couvert ? Sans risque ?

On s’interdira les relations déséquilibrées. Tromper son conjoint avec un célibataire, c’est moche. On ne fait pas espérer quelqu’un en vain : c’est tromper deux personnes à la fois. L’adultère entre personnes mariées (ou en couple) est le minimum de respect que l’on se doit.

Le plus simple ? Rencontrer quelqu’un dans la même situation, grâce à un site spécialisé.

A éviter : les amis, les collègues, les clients

A privilégier : des inconnus, par internet (on checke aussi)

On peut : profiter du hasard d’une rencontre (on se protège un max)

2.Et on fait quoi?

A priori, libertinage et adultère répondent à une même et unique préoccupation : le sexe. Néanmoins, les codes ne sont pas les mêmes.

Libertinage

Le libertinage recouvre diverses pratiques.

La plus connue est l’échangisme (avec lequel il est souvent confondu).

Mais il y a aussi de nombreux libertins pour qui le plaisir est d’observer, de faire l’amour sous le regard des autres (ainsi du candaulisme ou du côte-à-côtisme), d’échanger des caresses sans pénétration (mélangisme)… Et bien sûr, faire l’amour à plusieurs, triolisme ou davantage… Dans ce cadre, la bisexualité semble plus répandue chez les femmes que les hommes.

Rien n’est interdit, dans la mesure où tout le monde est consentant. Tout le monde, cela veut dire qu’on ne devient pas libertin pour faire plaisir à son partenaire sans en ressentir l’envie soi-même. Dans libertinage, il y a de la liberté. Celle de participer, de refuser, d’arrêter, de changer d’avis…

A éviter : les trucs qu’on ne « sent » pas, la pression, le malsain, le malaise…

A privilégier : l’abandon, le regard de son partenaire

On peut : se laisser tenter par des fantasmes, une atmosphère (dans les clubs, il y a souvent plusieurs ambiances)…

Adultère

Entre adultes consentants, tout est permis, de la brouette thaïlandaise au tantrisme solognot, en passant par le BDSM ou, plus classiquement les plaisirs qui ont déserté le lit conjugal. S’échapper de son couple permet de découvrir d’autres plaisirs ou bien simplement de partager des moments de tendresse. Certains font l’amour comme des bêtes, d’autres se contentent d’une nuit, et il en est même qui sont amants toute leur vie, plus ou moins discrètement… Dans le secret d’une chambre, des corps se désirent, en général avec plus d’ardeur que dans le lit conjugal.

Si l’adultère est presque toujours le fait d’amants qui s’isolent un instant pour s’aimer, certains d’entre eux développent leur relation par la pratique du… libertinage. Il arrive ainsi que les clubs accueillent des couples illégitimes. L’adultère est aussi une découverte de soi.

A éviter : une relation où le désir a disparu, qui traîne en longueur, devient moche…

A privilégier : la pulsion physique, l’instantané romantique, la complicité…

On peut : oser, tenter, trouver… Il faut bien que le corps exulte.

3.Mais où va-t-on?

On préfèrera un endroit au calme. Ou bruyant. Lumières tamisées ou miroirs au plafond… Peu importe : il faut s’y sentir bien.

Libertinage

Chez soi ?

C’est sans doute l’option la plus simple mais pas la plus facile à vivre. Elle suppose de prendre quelques précautions (allez, les enfants, on va chez mamie quelques jours !) et de bien connaître ses futurs partenaires, quel que soit le jeu envisagé. On commence a minima par prendre un verre ensemble pour bien se connaître… Et penser à l’après…

Dans un club ?

La réputation des clubs n’est pas toujours réjouissante, voire rassurante. Se renseigner avant, y aller pour simplement voir (ou observer) peut être un préalable. Mais c’est la garantie d’un endroit plutôt confidentiel, propice à la tranquillité, à la réalisation de fantasmes…

Mieux vaut le choisir plutôt éloigné de chez soi ou de son travail. Il faut beaucoup de sang froid pour rester digne face à son chef de bureau dans le plus simple appareil. Un club permet aussi de procéder par étapes.

A éviter : un club cheap, de mauvaise réputation, celui où va son banquier (enfin, c’est ce qu’on dit..).

A privilégier : on choisit un endroit où l’on se sent bien, beau, belle, désirable…

On peut : tout. On peut tout ce qu’on veut.

Adultère

A l’hôtel.

Pas question d’être radin… Faire l’amour chez soi (ou son amant/maîtresse) vous expose aux pires ennuis : être surpris au milieu de vos ébats (conjoint, vos enfants…), être filmé (mais oui !), oublier des objets compromettants du soutien-gorge au sex-toy en passant par le préservatif… Sans oublier l’odeur des draps !

Chez un ami ? Outre que vous mettez un tiers dans la confidence, vous pouvez vous retrouver dans une situation très gênante.

Malgré la gêne que l’on peut ressentir à la réception, l’hôtel vous garantit l’anonymat et la tranquillité. Dans le cadre professionnel (ah les séminaires de travail !), il abritera vos ébats en toute discrétion (attention aux numéros de chambre de vos collègues, néanmoins).

Week-end, vacances… Les amants rêvent parfois de telles escapades. Pourquoi pas ? A condition de bien préparer le voyage, de disposer d’alibis soigneusement préparés…

A éviter : l’hôtel de la gare, un Formule1…

A privilégier : le charme. Le luxe. On est là pour se faire plaisir. Le cadre compte aussi.

On peut : Donner un faux nom et payer en liquide. C’est la règle. Surtout pas avec sa carte bleue. Les chèques vacances, sérieux ?

4.Mais comment ça se passe?

Adultère et libertinage diffèrent radicalement. Confiance d’un côté, prudence de l’autre.

Libertinage

Faut-il parler ?

Oui, c’est même une règle de base. Si le libertinage repose sur la complicité et l’échange, il s’accompagne nécessairement d’un dialogue. Qu’un des partenaires se sente mal à l’aise, suive l’autre pour lui faire plaisir ou par crainte de lui déplaire… : chacune de ces situations brise la racine du libertinage. Sous la contrainte, il n’y a plus rien de libre, de consenti, de désiré. Le couple doit être assez solide et uni pour que ce dialogue ait lieu à tout moment.

« Tout est permis, rien n’est obligatoire. » On peut parler, on peut aussi dire oui (ou non) de la tête, des yeux… On peut ne pas répondre à une sollicitation, faire des avances, parler avec son corps aussi bien qu’en mots.

A éviter : les accords tacites. Un couple libertin se parle et chacun doit connaître les attentes, les désirs de l’autre, et bien sûr ses limites. Qui peuvent varier, aussi. Le libertinage est une complicité, une confiance, un abandon.

A privilégier : ses envies. On privilégie ses envies. Et aussi s’embrasser, se tenir la main, se regarder pendant le plaisir, se partager vraiment.

On peut : se laver. Personne n’a envie de faire l’amour avec quelqu’un qui a une hygiène douteuse. Vous non plus. On peut sentir bon avant de céder à ses pulsions animales.

Adultère

Faut-il parler ?

Surtout pas ! Si l’on parle d’infidélité ou de tromperie, c’est qu’il y a une raison… La liberté du plaisir est une chose ; elle ne doit pas s’accompagner du plaisir de faire souffrir. Si votre partenaire vous surprend, il n’y a certes pas grand-chose à faire. Et s’il découvre mails ou textos, mieux vaut nier, en prétextant des fantasmes. Et, surtout, ne jamais tout raconter sous prétexte d’honnêteté ou de transparence. Cela revient à faire porter à votre partenaire le poids de votre propre culpabilité, et à la faire souffrir. Par respect, par amour (?), gardez vos parties de jambes en l’air dans votre «jardin secret.»

Pour baiser heureux, baisons cachés : si l’hôtel abrite vos amours parallèles, il n’a pas vocation à devenir un confessionnal. Les amants ne sont pas là pour échanger sur leurs vies familiales respectives. Ni pour établir des comparaisons ! Entre deux étreintes, parlez de votre série préférée ou du temps qu’il fait, pas des notes du petit dernier.

Ah et puis aussi… On efface TOUT. Un mail ? On le lit, on l’efface. Un texto ? Pareil. Tout doit disparaître. ON EFFACE TOUT.

A éviter : les confidences sur l’oreiller, le confessionnal, la culpabilité… On assume ! En secret, mais on assume.

A privilégier : les pseudonymes, la discrétion, le respect des horaires.

On peut : éviter de venir parfumé, ne pas laisser de traces (rouge à lèvres, griffures…). On prend une douche avant de partir. Avec SON savon.

5.Et là, on fait comment (bis)?

En revanche, s’il y a bien un point commun, il est dans la protection de soi et des autres.

Libertinage

Faut-il se protéger?

La réponse est oui.

Bon, évidemment, si vos étreintes se limitent à votre couple, par exemple sous le regard d’autres libertins, ce n’est pas une obligation. Mais dès que vous sortez du cadre conjugal, il n’y a plus d’exception possible. Les clubs fournissent d’ailleurs tout ce dont vous avez besoin.

Les conseils suivants sont valables pour vous aussi.

Adultère

Faut-il se protéger?

La réponse est oui.

Même si vous vous connaissez depuis 10 ans.

Même si c’est mieux sans.

Même si juste une fois.

Même si attends je le mets après.

Même si zut ça me fait débander.

Même si ah tiens je les ai oubliés chez moi.

6.Mais pourquoi on est là?

Soyons honnêtes : on est là pour passer de bons moments. Inutile d’y greffer d’autres préoccupations.

Libertinage

Le libertinage ne résout pas les problèmes de couple.

S’il n’est pas assez solide, on peut même y laisser des plumes. Il peut aider à booster une sexualité qui a perdu son attrait. Il peut aussi être un mode de vie de cette sexualité. Dans tous les cas, il repose sur la confiance.

Vous n’allez pas chez le psy, mais dans un club. C’est votre corps qui parle.

Adultère

L’adultère ne résout pas les problèmes de couple.

Mais il permet d’assouvir des fantasmes. De tenter des expériences (homosexualité, triolisme…), que l’on n’ose pas mener dans le cadre du couple. Ou, tout simplement, de retrouver le plaisir du sexe, lorsque sa sexualité est éteinte ou routinière.

7.Et après?

Tout a une fin. Enfin, pas toujours.

Libertinage

Un passage, une étape, un plaisir renouvelé ? Le libertinage n’a pas de fin, autre que celle du désir. Un couple peut y trouver le moyen de durer, de s’aimer, de se désirer encore.

Adultère

Le désir s’enfuit ? Les soupçons surviennent ? Le risque est trop grand ? Il faut savoir terminer une aventure. Avec respect. En douceur.

Et, de retour à la maison, on retrouve ses charentaises… ou du désir.

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