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En 1800, les livres de cuisine étaient plus consultés que les médecins pour se soigner

«The Prudent Housewife»

«The Prudent Housewife»

Dans les ménages les plus modestes, les livres de cuisine ne manquaient pas d'idées pour transformer la nourriture en véritables remèdes... plus ou moins efficaces.

«Dans la plupart des ménages de la classe moyenne britannique, au XVIIIe et au XIXe siècle, vous pouviez trouver un livret rempli de recettes collectées et récoltées depuis des générations entières», écrit Atlas Obscura. Mais, contrairement à ce que l'on peut s'imaginer, ces recettes de cuisine n'avaient pas toujours quelques chose à voir avec la gastronomie. Souvent, elles étaient utilisées, détournées et adaptées en remèdes par les familles pour venir à bout de certaines maladies.

À cette époque, «les gens, et particulièrement les gens aux moyens les plus modestes, n'allaient pas chez le médecin s'ils avaient la possibilité de faire autrement», explique Arlene Shaner, en charge des des collections historiques à la New York Academy of Medecine. Ces livres de cuisine comportaient ainsi de nombreuses recettes, des techniques pour découper ou cuire des aliments correctement, mais également des indications précieuses pour savoir comment gérer la conservation des aliments –afin de ne pas tomber malade.

Un extrait de The Prudent Housewife I The Prudent Housewife via Internet Archive

Tremper la cheville dans du vinaigre chaud

Avec un peu de recul, on remarque que The Prudent Housewife, l'un des ouvrages qui a connu le plus de succès à cette époque, proposait des remèdes étranges et parfois dangereux. «La fumée de tabac soufflée dans l'oreille est un excellent remède» contre le mal d'oreilles, dit, par exemple, le livre. Pour soigner une entorse? Rien de mieux que de tremper la partie touchée dans «du vinaigre chaud», puis y appliquer chaque jour un mélange fait de flocons d'avoine, de lard de porc et de bière éventée «jusqu'à ce que la douleur et l'enflure ne disparaissent», ajoute Atlas Obscura.

Au fil du temps, la plupart des ménages annotaient leur ouvrage, y ajoutaient leurs observations, leurs techniques et leurs petits secrets, ajoute Elaine Leong, chercheuse au Max Planck Institute for the History of Science:

«Les historiens de la médecine notent que la maison moderne est considérée comme l'un des endroits les plus adaptés à une intervention médicale. [Elles] ne permettaient pas seulement d'établir un rapide diagnostic et de se soigner soi-même avec du matériel médical, mais aussi de produire ses propres médicaments.»

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