Science & santéDouble X

Les gros machos vieillissent moins bien

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 30.10.2016 à 11 h 16

Repéré sur Men and Masculinities, Université Case Western Reserve

Ne pas montrer ses émotions ou vouloir à tout prix être le plus fort, c'est être plus vulnérable au deuil ou à la dépendance

Tony Soprano n'aurait sans doute pas très bien vieilli | Johnny Vulkan via Flickr CC License by

Tony Soprano n'aurait sans doute pas très bien vieilli | Johnny Vulkan via Flickr CC License by

Les hommes qui arrivent aujourd'hui à la porte du troisième âge et qui persévèrent dans les normes de la masculinité en vogue dans les années 1950 ou 1960 –lorsqu'ils entraient dans l'âge adulte– ont davantage de problèmes de santé physique et psychologique que ceux qui auront laissé tomber les idéaux machistes en cours de route. Telle est la principale conclusion d'une synthèse d'une centaine d'études menée par Kaitlyn Barnes Langendoerfer et Edward Thompson Jr, deux sociologues et anthropologues de l'université Case Western Reserve de Cleveland, aux États-Unis.

Il s'agit de l'un des travaux scientifiques les plus conséquents à répertorier les effets à long terme de la masculinité toxique.

«Ces hommes ont du mal à gérer la vieillesse parce qu'ils ont suivi un schéma viril qui leur laisse très peu de latitude pour négocier avec des problèmes inévitables», résume Kaitlyn Barnes Langendoerfer.

«Tout le monde vieillit»

La caractérisation de ce «schéma viril» a été fixée en 1976 par le sociologue Robert Brannon dans un chapitre de son livre sur les rôles masculins, co-édité avec Deborah Sarah David. Il se définit notamment par le fait d'éviter comme la peste tout ce qui peut s'apparenter à des attributs féminins (ne pas montrer ses émotions, ne pas parler de sa vie intime, etc.), d'être toujours le plus fort, en particulier sur un plan financier, sans oublier d'être imbuvable et de jouer les têtes brûlées autant que faire se peut.

Par exemple, les hommes pour qui la dissimulation des émotions en va d'un pilier identitaire ont beaucoup de mal à gérer la vulnérabilité induite par le deuil ou la dépendance. «S'ils ont envie de pleurer», précise Barnes Langendoerfer, «ils pensent qu'ils doivent le faire chez eux, à l'abri des regards, même à la mort de leur épouse. Face aux aléas de la vie, il faudrait qu'ils renégocient leur masculinité pour mieux s'en sortir».

«Tout le monde vieillit, la vie est ainsi faite. Mais lorsque ces hommes vieillissent, ils ne peuvent plus rester ceux qu'ils étaient, ce qui crée une dissonance très difficile à résoudre», ajoute la chercheuse.

Une dissonance qui se traduit notamment par une mauvaise hygiène de vie – en particulier un évitement des médecins – et un fort taux de suicide.

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