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Comment le réchauffement climatique va bouleverser le bassin méditerranéen

La mer Méditerranée vue depuis l'espace, le 22 juillet 2003. NASA/AFP

La mer Méditerranée vue depuis l'espace, le 22 juillet 2003. NASA/AFP

Si les pays signataires de l'accord de Paris ne parviennent pas à respecter les objectifs fixés lors de la COP21, certaines régions pourraient se muer en zones désertiques en 2100.

Prolifération d'algues, augmentation de la température de la mer, dégâts sur les coraux... Le bassin méditerranéen est une région particulièrement menacée par les effets du réchauffement climatique. Et l'accélération progressive de l'élévation du niveau des océans n'épargne guère non plus la mer Méditerrannée –bien que sa menace exacte peine encore à être correctement évaluée.

L'avenir, lui, n'a rien de bien rassurant. Une étude, publiée dans le magazine Science et relayée par Vocativ, s'est employée à simuler l'impact d'un réchauffement climatique supérieur à 1,5 degré –c'est-à-dire au-dessus de limite souhaitable fixé par l'accord de Paris signé dans le cadre de la COP21– dans la région.

Dans le quotidien Midi Libre, Joël Guiot, directeur de recherche au CNRS à l'université Aix-Marseille et principal auteur de l'étude, détaille ses conclusions:

«La différence entre 1,5 degré et deux degrés, [...] nous ferait passer d'une situation à peu près normale à l'échelle des 10.000 dernières années à une situation extrême. Ici, on parle de changements climatiques importants en moins de cent ans, ce qui est sans précédent.»

Un désert dans le sud de l'Europe?

D'après ses recherches, en 2100, le scénario qui s'approcherait le plus des exigences de l'accord de Paris verrait certaines régions du bassin méditerranéen se muer en zones désertiques, notamment Chypre. Sur le continent africain, seules les côtes situées au nord-ouest du Maghreb et au sud de l'Espagne pourraient être en mesure de résister au phénomène. Le climat dans le sud-est de la France, quant à lui, serait équivalent à celui de la région des Pouilles, dans le sud de l'Italie, ajoute Joël Guiot.

En poussant le scénario un peu plus loin –une augmentation de 5 degrés en 2100–, en l'absence de réduction des émissions de CO2, l'étude projette une estimation bien plus alarmante. Les zones désertiques pourraient atteindre le sud de l'Espagne, le Portugal, le nord du Maroc, l'Algérie, la Tunisie ou encore la Sicile et la Sardaigne en Italie.

Urgence à agir

Au-delà des manifestations climatiques, le réchauffement pourrait également avoir des conséquences démographiques de taille. Des forêts qui disparaissent, des sécheresses à répétition ou encore l'insécurité alimentaire pourraient ainsi accentuer les flux migratoires liés à la dégradation d'un environnement, d'un lieu de vie ou de travail.

«Ce qui ne serait finalement qu'une amplification de la situation actuelle», précise Jean Guiot.

Par le passé, plusieurs chercheurs avaient suggéré un lien de cause à effet entre les conflits à travers le monde –du Printemps arabe à la guerre en Syrie– et le changement climatique. Une théorie toutefois réfutée par d'autres scientifiques.

Aujourd'hui, si la situation peut paraître désastreuse et hors de contrôle, tout n'est pas perdu pour autant, aux yeux de Joël Guiot. À Vocativ, il conclut:

«Ce n'est pas encore une cause perdue, mais [l'accord de Paris] doit commencer tout de suite, et non en 2020. Et il faut drastiquement réduire les émissions [de CO2]».

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