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VIDÉO. La souricière de l'Etat islamique en Irak

Pour se protéger des frappes de l'armée, l'Etat islamique a construit des galeries sous les maisons en Irak.

Alors que plusieurs centaines de jihadistes ont été tués dans le cadre de l'offensive menée sur Mossoul par la coalition internationale depuis la mi-octobre 2016, comme l'indique le site de BFMTV, et que l’administration américaine prévoit de bloquer les axes routiers pour empêcher les combattants de l'EI de fuir vers la Syrie, comme le rapporte Le Monde, des centaines d'autres membres de la milice terroriste pourraient se faire la belle en disparaissant dans les entrailles de la terre.

Car, selon un reportage qu'a mené Der Spiegel dans la région de Mossoul, l'organisation a creusé de nombreux tunnels dans le sous-sol des villages environnants. L'hebdomadaire allemand donne l'exemple d'un habitant du village de Chakuli, situé à une trentaine de kilomètres de la ville irakienne, qui est récemment retourné dans sa maison après que les combattants de l'EI qui l'occupait depuis des mois ont déserté les lieux. Alors que, de l'extérieur, la bâtisse paraissait miraculeusement intacte, les murs intérieurs étaient percés d'immenses ouvertures faites au marteau-piqueur, et dans une des pièces se trouvait l'entrée d'un tunnel.

Les gravats remplissaient une pièce entière de la maison:

«Le village est désormais construit sur un labyrinthe: d'autres percées ont été réalisées dans les maisons voisines et l'entrée du tunnel conduit à un réseau de galeries souterraines. Il s'étire sur plusieurs centaines de mètres à travers le village, avec des sorties dans une douzaine de maisons.»

À quatre ou cinq mètres sous terre, on trouve des postes de commandement, des systèmes d'alimentation électrique et d'approvisionnement en eau ainsi que des réserves. Et même une chambre destinée à un «émir» de Daech, équipée d'un parquet, habillée de panneaux de bois du sol au plafond et électrifiée, avec téléphone, eau courante, et un lit de repos. Des versets du Coran s'étalent sur certaines parois du réseau de tunnels.

Une souricière

Chakuli n'est pas le seul village où de tels réseaux souterrains ont été découverts, ce qui fait craindre à un commandant peshmerga interviewé sur place que Mossoul se révèle être une véritable souricière:

«À quoi cela ressemble-t-il à Mossoul ? Ils ont sans doute construit des autoroutes souterraines. Ou bien une immense boîte de nuit.»

Ces galeries souterraines sont très utiles aux combattants islamistes, note l'hebdomadaire, car ceux-ci peuvent s'y réfugier en cas de bombardements et les emprunter pour changer de position durant les combats sans se faire remarquer:

«Les combattants se sont visiblement préparés depuis le début à devoir persévérer.»

Le Guardian publie aussi des images qui montrent ces galeries. Elles ont été tournées par des Peshmergas dans le ville de Bafana, près de Mossoul. On y voit des câbles électriques, de l'eau, de la nourriture (des œufs, du miel, de l'huile, des pois chiche), des prospectus indiquant en arabe «La victoire est la bataille de l'État islamique», une inscription sur un mur qui affirme «Il n'y a pas d'autre dieu que Allah», un Coran qui fait exploser une bombe s'il est bougé, explique la personne qui filme. Cette galerie, comme celles évoquées par Der Spiegel, donne à l'intérieur d'une maison, cela parce que les combattants de Daech ne voulaient pas être repérés par les avions.

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