Monde

Vrais ou faux policiers afghans

Christopher Beam, mis à jour le 07.11.2009 à 18 h 57

Comment s'assurer que les policiers afghans ne sont pas des talibans infiltrés?

Image: 3 novembre 2009, policier afghan, Reuters, Morteza Nikoubazl

Image: 3 novembre 2009, policier afghan, Reuters, Morteza Nikoubazl

Mardi, un membre des talibans infiltré au sein des forces de police afghanes a tué cinq soldats britanniques dans la province de Helmand. Un incident du même type s'était produit le mois dernier: un policer en patrouille aux côtés de l'armée américaine a ouvert le feu sur des soldats américains, tuant deux d'entres eux. Comment les Etats-Unis peuvent-ils être sûrs que les policiers afghans ne sont pas en réalité des terroristes?

La Maison Blanche doit faire confiance au gouvernement afghan, car l'armée américaine ne gère pas le recrutement des policiers afghans. Cette tâche incombe au ministère afghan de l'Intérieur. (Les Etats-Unis se limitent à former les agents qui font déjà partie des forces de police afghanes.)

Les candidats au poste de policier doivent décliner leurs noms, leur âge et leur adresse et fournir des recommandations de deux policiers en exercice. S'ils ne connaissent pas de policier, ils peuvent se faire recommander par d'autres responsables du gouvernement. Les postulants doivent passer une épreuve de langue; ceux qui échouent suivront un cours intensif de cinq semaines. (En dépit de ces critères, les agents de police afghans sont encore à 90% analphabètes.) Par ailleurs, les futurs policiers doivent déclarer sur l'honneur qu'ils n'ont pas de liens avec d'autres milices armées et justifier d'un casier judicaire vierge. Le ministère afghan de l'Intérieur compare ensuite les déclarations des candidats à ses propres fichiers. S'il n'y a pas d'incohérences, ils peuvent être recrutés.

Procédure inefficace

Dans une étude conjointe réalisée en 2006, les départements américains d'Etat et de la Défense ont estimé que la procédure de contrôle des nouveaux policiers était «inefficace». En effet, de nombreuses unités de police afghanes procèdent à des recrutements sans jamais consulter leur ministère de l'Intérieur. Autre problème structurel: le système de gestion des casiers judicaires en Afghanistan n'est pas fiable. Quelqu'un peut avoir des antécédents judicaires à l'insu des autorités. En outre, les questions tribales priment souvent sur la loyauté envers le nouveau gouvernement afghan. Il n'est donc pas rare que les policiers à qui on demande de se porter garant d'une nouvelle recrue mentent pour protéger leurs amis.

Les procédures de contrôle sont souvent expédiées. Notamment parce que les forces de police afghanes sont passées de 50.000 hommes à 80.000 depuis 2002. Et le général Stanley McChrystal a proposé de porter ce nombre à 160.000. A ce rythme, on ne peut pas s'attarder sur les contrôles d'intégrité de chaque nouvel embauché

En Irak, les policiers sont recrutés selon des critères similaires, sous la supervision du ministère de l'Intérieur. On scanne leurs empreintes papillaires (digitales) et leurs rétines. Ils doivent aussi remplir un questionnaire, passer un test de langue, une épreuve physique ainsi qu'une audition de contrôle. La vérification des casiers judicaires est également une procédure de routine, mais elle est plus compliquée qu'il n'y paraît: beaucoup d'Irakiens on été injustement accusés et emprisonnés sous Saddam Hussein.

Christopher Beam

Traduit par Micha Cziffra

Image de Une: 3 novembre 2009, policier afghan, Reuters, Morteza Nikoubazl

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