Economie

L’assurance face au défi de l’économie collaborative

, mis à jour le 27.10.2016 à 12 h 38

L'économie collaborative, comme Heetch, Blablacar ou Drivy, a changé les pratiques des consommateurs. Un nouveau défi que les assurances ont dû relever.

Un utilisateur de l'application Uber à Washington, en juillet 2015 | Mark Warner via Flickr CC License by

Un utilisateur de l'application Uber à Washington, en juillet 2015 | Mark Warner via Flickr CC License by

CONTENU RECOMMANDE - Il est 21h. Clément prend sa voiture un soir de la semaine. Ce coup-ci, ce n'est pas pour aller voir des amis dans Paris ou se rendre à l'Urban Football du coin, où il joue normalement dans ces horaires-là. Non, si Clément trace la route et le périphérique, c'est pour se faire un peu d'argent de poche. Le jeune homme est conducteur pour Heetch, une application de covoiturage nocturne, lancée en 2013.

Cela fait quelques mois à peine qu'il a franchi le pas, après avoir régulièrement utilisé le service lors de ses soirées pour rentrer chez lui, dans la banlieue est de la capitale. Maintenant, quand il n'est pas occupé le soir, il ramène des jeunes de 20 heures à 6 heures du matin. «C’est vraiment un bon plan pour arrondir les fins de mois dès que j’ai du temps libre», indique Clément, qui reçoit sa première commande de la soirée: deux personnes à six minutes d'ici.

Pour devenir chauffeur de Heetch, Clément n'a pas eu juste à installer l'application. Un entretien préalable est nécessaire. «On nous demande notre permis de conduire, évidemment, notre carte grise, notre assurance auto. Et aussi d'avoir un véhicule en bon état, enfin ça c'est normal!», rigole-t-il.

Partage des frais

Selon les affirmations de Heetch, il y aurait 50.000 trajets par semaine, essentiellement avec une clientèle de moins de 25 ans. Et il y avait environ 5.000 chauffeurs en 2015, qui ne peuvent toutefois pas transformer cette situation en emploi. «Nous avons fixé une limite à 6.000 euros annuels pour nos chauffeurs, ce qui correspond au coût moyen d'amortissement d'une voiture pour particulier. Ce chiffre a été fixé par des organismes comme l'ADEME, on ne l'invente pas», expliquait Teddy Pellerin, le patron de Heetch, à l'Expansion. Selon le magazine, les chauffeurs gagneraient 1.800 euros annuel en moyenne.

L'autre service connu, c'est évidemment Uber. En France, il y aurait 12.000 chauffeurs partenaires qui utiliseraient l'application. Autant de personnes qui doivent faire attention aux règles. Pour l'Etat, le conducteur d'un covoiturage doit juste recevoir une éventuelle contrepartie financière «limitée au partage des frais», comme le carburant, le péage. «Le conducteur n'accepte donc pas de rémunération et ne réalise pas de bénéfice, faute de quoi il serait considéré comme un transporteur professionnel et nécessiterait une assurance professionnelle spécifique», indique le service public.

L'Etat explique également que tout propriétaire d'un véhicule doit au minimum souscrire à une assurance responsabilité civile, qui couvre les dommages aux tiers lors d'un accident ou autre: «Ainsi le passager du covoiturage est garanti par cette assurance obligatoire». En 2015, la commission des finances du Sénat était chargée d'élaborer un cadre juridique à l'économie collaborative. Elle avait proposé qu'en dessous de 5.000 euros par an, les sommes perçues via Airbnb, Drivy ou Blablacar ne soient pas imposées car l'activité serait alors à but non lucrative. La mesure a été acceptée à la fin de l'année 2015.

Conducteur responsable de ses passagers

Sur Blablacar, le célèbre site de covoiturage qui compte 20 millions de membres, on explique que «le conducteur est responsable des passagers qu'il transporte et c'est son assurance qui prend en charge de façon normale les passagers». La Fédération française de l'assurance (FFA) explique également qu'il «est préférable» que l'automobiliste déclare le covoiturage à son assureur, pour qu'il apprécie les risques garantis.

Mais les plateformes de covoiturage comme Heetch, Uber ou Blablacar proposent également une assurance destinée à tous ceux qui se trouvent dans la voiture lors de la course. Elle complète l'assurance du conducteur en «remboursant le montant de la franchise éventuellement prévue dans son contrat d'assurance automobile» selon la FFA. Heetch, par exemple, a mis en place une assurance complémentaire couvrant passagers et conducteurs.

L'économie collaborative concerne aussi les locations de particulier à particulier, comme Drivy ou Ouicar. La première a franchi la barre du million d'utilisateurs et la seconde en revendique 700.000. Ces plateformes ont chacune des accords avec des sociétés d'assurance. « L'assurance de la voiture est automatiquement incluse dans les locations de particulier à particulier depuis quelques années maintenant. C'est logique quand on voit le marché potentiel qui se développe », indique un assureur d’une grande compagnie. Le processus de location est d'ailleurs le même que chez un loueur professionnel. Il faut imprimer un contrat de location et le remplir entre particuliers, faire l'état des lieux et calculer le kilométrage.

Règles spécifiques

Mais comme avec Blablacar ou Heetch, des règles sont à respecter. Pour Ouicar, le locataire doit être titulaire d'un permis de conduire depuis deux ans et ne doit circuler que dans des pays allant du Portugal à l'Allemagne. Et le véhicule ne doit pas servir à des livraisons ou du transport marchand.

Des conditions un peu similaires chez Drivy. Mais d'autres règles existent et sont spécifiques aux plateformes et à leurs assurances. Un particulier avait tenté de louer une voiture à Blois pour un petit trajet. Devant le peu de choix, il loue un coupé sport avec une conduite à droite. «Deux jours plus tard, un responsable de Drivy m'appelle pour annuler la location: leur assurance ne prend pas en compte la conduite à l'anglaise».

Pour Clément, qui utilise aussi Blablacar quand il rentre chez ses parents dans le Nord de la France, ses questions passent un peu au second plan. «Dans tous les cas, le mieux est encore de ne jamais avoir d'accident!», plaisante-t-il. Il n'envisage pas de devenir bénéficiaire avec cette activité. Pour lui, c'est juste un bon moyen d'éviter trop de coûts, de payer les frais de carburants et d'assurance de sa voiture. «Vu que je la paye à l'année, autant que je l'utilise à fond!».

En savoir plus sur l'assurance auto : https://www.axa.fr/assurance-auto.html

 

 

 

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