Partager cet article

L'étrange histoire du chercheur qui choisit la projection d'un film X pour se déguiser en fantôme

Ghost | Jordi Carrasco via Flickr CC License by

Ghost | Jordi Carrasco via Flickr CC License by

Ce n'était au départ qu'une simple expérience scientifique menée en 1960 à l'université de Cambridge. Puis, Tony Cornell, pris à son propre jeu, a fait une découverte étonnante sur l'esprit des spectateurs qui n'avaient pas remarqué le spectre.

Vous croyez aux fantômes? Tony Cornell, un chercheur britannique décédé il y a quelques années, était, lui, passionné par les apparitions fantomatiques. Ce parasychologue s'est d'ailleurs livré à quelques expériences mystérieuses et quelques peu surprenantes, racontées dans le recueil Spook écrit par Mary Roach. Ce qu'il aimait par dessus tout: simuler l'apparition de fantômes pour observer la réaction des témoins. 

L'expérience étonnante que nous raconte aujourd'hui Matthew Tompkins dans un article de la BBC se déroule en réalité il y a plus d'un demi-siècle, le 28 mai 1960 à la tombée de la nuit. Vers 19h40, un jeune public s'apprête à assister à la projection d'un film dans une salle de cinéma au cœur de l'université de Cambridge. Chose très surprenante compte tenu du lieu, il s'agissait d'un film pornographique... Détail qui n'avait pas spécialement été précisé dans le Cambridge Daily News de l'époque.

Ce jour-là, Tony Cornell décide donc de soumettre les étudiants présents à une expérience occulaire inédite: se déguiser en fantôme pour leur faire croire à une véritable apparition paranormale. C'est ainsi qu'un peu avant la diffusion du film, pendant les bandes-annonces, il se dévoile sous la lumière blanche du projecteur, couvert par un grand drap blanc et défile lentement devant l'écran. 

L'idée peut sembler complètement saugrenue, si ce n'est carrément glauque et pourtant. Sachez que le scientifique n'a pas choisi son terrain au hasard. Pour simuler cette apparition fantomatique, Tony Cornell souhaitait que son expérience ait lieu dans un espace dans lequel les spectateurs soient pleinement concentrés. Et afin d'être certain de ne traumatiser aucun enfant, c'est ainsi qu'il a choisi la projection de ce film pornographique, exclusivement réservé à un public adulte. 

Pourquoi personne n'a rien vu

L'apparition fantomatique fut clairement visible pour les spectateurs durant cinquante secondes. Mais lorsque le chercheur qui avait repris une allure civilisée questionna l'audience sur ce qu'elle avait pu voir, mystère! Personne ne parla de spectre, ni d'hallucination paranormale. Pas même le projectionniste de la salle de cinéma. Quelques personnes déclarèrent avoir aperçu une femme en manteau, à la limite une silhouette déguisée en fantôme et au mieux, un ours polaire. D'autres ont plus simplement cru à un problème de rétroprojecteur.

De quoi décevoir le scientifique qui rêvait de voir la réaction du public? Pas du tout, car cet événement lui a permis de mettre en évidence les capacités extraordinaires du cerveau et de l'esprit. Comme il l'explique à l'époque dans the Journal of Society for Psychical Research, il est persuadé que si les cobayes de son expérience n'ont rien vu, c'est parce qu'ils étaient concentrés sur un élement précis et n'étaient aucunement disposés à voir un fantôme... Pour Tony Cornell, cette expérience signifie que les apparitions paranormales seraient donc une production de l'esprit, disposé ou non à voir ce genre de phénomènes.

D'autres expériences similaires menées par Tony Cornell ont d'ailleurs conduit aux mêmes conclusions. Déguisé en fantôme à plusieurs reprises dans le parc de la même université où il souhaitait être aperçu par de nombreux étudiants, seuls quelques-uns ont déclaré à l'époque avoir aperçu quelque chose, sans pouvoir le décrire clairement. Selon lui, c'est la preuve que notre cerveau peut même complètement occulter ce qui pourrait l'effrayer. Le champ de vision se ferme et nos yeux nous évitent de découvrir l'impensable! Un conseil, donc, restez concentrés sur votre film.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte