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Le risque de démence augmente après une catastrophe naturelle

Repéré par Valerie Dekimpe, mis à jour le 26.10.2016 à 14 h 06

Repéré sur Medical Daily

C'est la première fois qu'une étude scientifique établit ce lien.

Une femme âgée dans le village de Rikuzentakata au Japon suite au tremblement de terre et tsunami de 2011. (Nicholas Kamm / AFP)

Une femme âgée dans le village de Rikuzentakata au Japon suite au tremblement de terre et tsunami de 2011. (Nicholas Kamm / AFP)

Le nombre de cas de démence diagnostiqués dans le monde est inquiétant. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 47,5 millions de personnes en souffraient en 2015. Surtout, un nouveau cas était détecté toutes les quatre secondes. À ce rythme, le nombre de personnes affectées triplera d’ici à 2050.

La démence est une maladie qui entraîne une détérioration cognitive et affecte la mémoire, la compréhension et le langage, entre autres. Elle peut faire surface à la suite d'un accident ou d'un AVC. La démence est aussi liée à la maladie d’Alzheimer. À cette liste pourrait aussi s'ajouter un autre facteur déclencheur plus inattendu: les catastrophes naturelles.

En observant des personnes âgées de la ville de Iwanuma au Japon, ravagée par le tsunami de 2011, des chercheurs de l’école de santé publique de Harvard ont recensé une augmentation du nombre de cas de démence. Leur étude, publiée le 24 octobre dans le Journal National de l’Académie des Sciences, est ainsi la première à établir un lien entre catastrophes naturelles et un risque plus élevé de développer le trouble, affirme Medical Daily.

«À la suite d’un désastre, la plupart des personnes se concentrent sur des problèmes de santé mentale telles que le syndrome post-traumatique, dit Hiroyuki Hikichi, l’auteur de l’étude dans un communiqué de presse de l’université américaine. Mais notre étude suggère que le déclin cognitif  est aussi un problème important.»

Dégradation du tissu social

Sept mois avant la catastrophe, les chercheurs avaient commencé une enquête sur la santé des personnes âgées d’Iwanuma pour une autre étude. À ce moment-là, seuls 4.1% avaient été diagnostiqués avec la maladie. Deux ans et demi après la catastrophe qui a inondé plus de la moitié de la ville, 11,5% des 3,566 survivants de plus de 65 ans étaient atteints de démence.

Contrairement à ce qu’on peut penser, ce n’est pas la mort de certains proches ou amis qui a affecté leur capacité cognitive, mais la perte de leur maison. La maladie s’est prononcée plus fortement chez les personnes qui ont dû emménager dans des refuges temporaires. Le bouleversement des interactions sociales avec leur voisins pourrait être une des causes de cette dégradation.

«Les Japonais sont des personnes très collectivistes et leur identité est très entremêlée avec leurs voisins, explique Niwako Yamawaki, professeur à l’université Brigham Young au Japon. Le fait de rompre la communauté a un impact considérable.»

Bien que la démence ne touche pas uniquement les personnes âgées, Yamawaki estime que cette catégorie d'âge a davantage souffert de maladies mentales car les jeunes ont refait leurs vies plus rapidement, déménageant dans les villes, alors que leurs concitoyens plus âgés sont restés sur place.

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