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Un groupe d’anarchistes et de hackers est sur le point de diriger l'Islande

Temps de lecture : 2 min

Le Parti pirate est en tête des sondages avant les élections parlementaires qui auront lieu ce week-end.

Après les révélations des Panama Papers, les islandais ont chassé leur premier ministre du pouvoir | Hallador Kolbeins / AFP
Après les révélations des Panama Papers, les islandais ont chassé leur premier ministre du pouvoir | Hallador Kolbeins / AFP

Comme si en 2016 nous n’en avions pas eu assez des bizarreries politiques telles que la candidature de Donald Trump à l’élection américaine ou la sortie annoncée du Royaume-Uni de l’UE, l’Islande pourrait continuer de nous surprendre en élisant à sa tête le Parti pirate.

Les 330.000 habitants de cette paisible île au nord de l’Atlantique s’apprêtent à voter ce samedi 29 octobre, et un sondage réalisé par l’Institut de Sciences Sociales de l’Université d’Islande place déjà le parti en tête. Au moins 22% des électeurs se disent prêts à voter pour le Parti pirate, devant le Parti de l'indépendance qui gouverne actuellement en coalition avec le Parti progressiste.

Créé il y a quatre ans, le Parti pirate est composé d’anarchistes, de hackers, et de geeks du web, rapporte le Washington Post. À sa tête, il y a Birgitta Jónsdóttir, poète et ancienne activiste de Wikileaks. Le parti ne s’identifie ni avec gauche ni la droite, mais se considère comme un mouvement radical qui combine les deux.

«Si vous voulez nous placer quelque part sur le spectre politique, je dirais que nous sommes un parti qui a ses racines dans les droits civils. Mais nous ne sommes pas comme de nombreux partis de gauche qui veulent contrôler leurs citoyens et créer des États qui les assistent. Nous croyons que ceux qui ont du pouvoir devraient être contrôlés, pas les individus», explique Jónsdóttir au Washington Post.

De mouvement à force politique

Le Parti pirate se veut être le «Robin des bois du pouvoir» (ils décident, par exemple, des lignes politiques du parti en se basant sur des sondages menés sur le web) mais leur programme électoral n’est pas pour autant très clair. Le parti souhaite transformer l’Islande en «paradis numérique» mais n’apporte pas de précisions à ce sujet, constate le quotidien américain. Le parti tire son idéologie du mouvement pirate née en Suède en 2006 qui souhaitait mettre fin aux droits d’auteur sur internet.

Comment ce parti marginal est-il donc devenu une force politique en Islande? Tout démarre en 2008. La crise financière fomente un rejet du système et sème les bases pour un mouvement contestataire. L’Islande est ainsi devenu en 2016 le pays qui a chassé son premier ministre lorsque les Panama Papers ont révélé qu’il possédait de l’argent dans un paradis fiscal. Suite aux événements, le taux d’approbation du parti est monté à 43%.

Certes, la potentielle victoire du Parti pirate ne se déroule pas dans un pays puissant capable d’influencer la scène internationale. L’Islande n’a pas d’armée par exemple et son économie est fondée sur la pêche et le tourisme. Pas de quoi bouleverser l’ordre mondial. Mais cela n’écarte pas qu'une victoire puisse galvaniser d’autres partis radicaux dans le monde occidental.

«La victoire du Parti pirate offre une illustration vive de jusqu’où les Européens sont prêts à aller dans leur rejet de la politique conventionnelle», écrit le Washington Post.

Slate.fr

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