Partager cet article

Gare à l'engrenage: les gros mensonges commencent par de plus petits

Pinocchio | Giorgio Minguzzi via Flickr CC License by

Pinocchio | Giorgio Minguzzi via Flickr CC License by

C'est pourquoi il vaudrait mieux ne jamais commencer...

Et si nos petits mensonges nous menaient à de plus gros mensonges? C'est le résultat d'une étude menée par des neuroscientifiques de l'University College de Londres, sur 80 personnes (oui, c'est peu), à qui on a demandé de conseiller une personne sur le nombre de pièces présentes dans un bocal. Le premier avait accès à une photo de haute qualité pendant trois secondes, et l'autre en avait une de mauvaise qualité qu'il pouvait regarder pendant une seconde.

 

Comme le résume Le Temps, les chercheurs ont imaginé cinq scénarios différents dans lesquels, «le bénéfice du mensonge [une somme d’argent plus importante] allait soit au participant au détriment de son partenaire, soit l’inverse, soit aux deux protagonistes».

«Résultat, lorsqu’un participant est conscient des avantages personnels que lui procure un acte mensonger, son degré d’honnêteté diminue au fil du temps. En d’autres termes, s’il estime pouvoir en tirer un bénéfice personnel, le participant tend à mentir toujours plus au fil des exercices, que cela avantage son partenaire ou non. Comme attendu, à l’inverse, lorsque le mensonge pénalise le participant, ce dernier devient plus honnête, son score d’honnêteté partant à la hausse.»

En même temps, les chercheurs surveillaient l'amygdale de 25 d'entre eux (là encore, c'est peu) grâce à une IRM réalisée pendant l'exercice. L'amygdale est très intéressante, puisque comme le souligne Sciences et Avenir, «l'amygdale cérébrale, associée aux émotions, était plus active lorsque les personnes mentaient pour leur intérêt personnel».

«Au départ, “elle produit un sentiment négatif qui limite l'ampleur du mensonge"», explique Tali Sharot, l'une des chercheuses qui a travaillé sur cette étude.

(Le premier cas a servi de référence puisqu'ils gagnaient tous deux autant d'argent l'un que l'autre, en fonction de la précision de leur réponse –ils avaient donc tout intérêt à s'entraider.)

Et les chercheurs ont découvert que plus les gens mentaient (de plus en plus fort), plus l'activité de l'amygdale réduisait, et ce alors qu'elle était particulièrement active au départ. Dans le New York Times, Tali Sharot explique qu'il faut voir ça comme du parfum:

«Vous achetez un nouveau parfum et il sent fort. Quelques jours plus tard, c'est moins le cas, et un mois plus tard, vous ne le sentez plus du tout.»

Le chercheur à la tête de cette étude espère que son résultat pourra être reproduit, et qu'une autre étude saura déterminer ce qui pourrait empêcher les gens à aller toujours plus loin dans la malhonnêteté.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte