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Proche-Orient: que signifie la décision de Mahmoud Abbas?

Slate.fr, mis à jour le 06.11.2009 à 18 h 52

Mahmoud Abbas au sommet de Davos, wikipedia

Mahmoud Abbas au sommet de Davos, wikipedia

Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé jeudi devant les dirigeants de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et du Fatah (son parti) qu'il ne souhaitait pas briguer un nouveau mandat lors des élections générales en janvier prochain. Une formulation qui lui laissait le loisir de revenir sur cette décision. Le comité exécutif de l'OLP a refusé cette décision. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, a estimé de son côté qu'Abbas doit «continuer sa démarche vers la paix».

La décision du président palestinien survient alors que le processus de paix au Proche-Orient est complètement bloqué, les Etats-Unis ayant échoué à convaincre les Israéliens de geler totalement la colonisation dans les territoires palestiniens. «Le président Abbas a dit plus d'une fois qu'il ne veut pas être un candidat (à la présidentielle) en raison de son sentiment de grande frustration devant la position américaine sur le processus de paix», a expliqué un dirigeant du Fatah, Nabil Chaath.

De leur côté, les dirigeants israéliens évitent de commenter mais préfèreraient que Mahmoud Abbas reste au pouvoir, explique France Info: «Il est évident qu’Israël et les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que les Palestiniens aient une direction pragmatique et responsable», a déclaré à la radio le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon. Un membre du gouvernement explique au quotidien israélien Yediot Aharonot que «le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) ne souhaite pas le départ de Mahmoud Abbas, car après lui viendront des dirigeants plus extrémistes».

Le quotidien Haaretz (israélien également) souligne cependant que cette décision de ne pas se représenter est aussi, pour Mahmoud Abbas, un coup tactique pour créer un consensus autour de lui.

«Il a fait cette déclaration publiquement, je ne l'imagine pas revenir sur sa décision», explique Julien Salingue, enseignant et doctorant au département de sciences politiques de l'université Paris 8 de Saint-Denis, interviewé par Libération. Il ne croit pas à la thèse du coup tactique, visant à resserrer les rangs autour de sa personne en menaçant de se retirer. Cette déclaration pourrait au contraite être due à une certaine lassitude vis-à-vis des conflits internes à son parti, des tergiversations américaines dans le processus de paix et de son manque de légitimité.

«L'impact de la déclaration d'Abbas doit être relativisé, pour la simple raison que la tenue d'élections en janvier prochain était hautement improbable» selon Libération, notamment depuis l'échec récent d'un accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, qui aurait rendu le scrutin possible seulement en Cisjordanie, le rendant «désastreux pour l'image du parti fondé par Arafat».

[Lire l'article complet sur Libération]

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