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WikiLeaks défend à tout prix la transparence… sauf pour lui-même

Julian Assange, le 5 février 2016, à l'ambassade d'Équateur, à Londres. BEN STANSALL / AFP

Julian Assange, le 5 février 2016, à l'ambassade d'Équateur, à Londres. BEN STANSALL / AFP

Assange fait signer des accords de non-divulgation aux membres de son organisation.

Récemment critiqué pour son comportement lors des attentats de Nice, ou ses tentatives d'influence sur l'élection américaine, WikiLeaks a pourtant régulièrement été loué pour ses efforts menés afin de rendre la vie publique plus transparente. L'organisation menée par Julian Assange a réussi quelques-uns des plus beaux coups du début des années 2010, en publiant des documents confidentiels sur la guerre en Irak, des cables diplomatiques, ou les preuves que plusieurs dirigeants européens ont bien été mis sur écoute par le renseignement américain.

Dans un long article sur WikiLeaks, un journaliste de BuzzFeed, qui a travaillé aux côtés de Julian Assange au moment de certaines de ces révélations, donne une idée de qui est cet homme et de pourquoi nous avons l'impression que WikiLeaks a changé de combat ces derniers mois. Surtout, il montre que cette volonté de transparence ne semble pas totalement partagée au sein-même de l'organisation. On y redécouvre notamment à quel point Assange aime contrôler ce qui se passe autour de lui. Cette anecdote sur des accords de non-divulgation à signer en est l'un des plus beaux exemples:

«Il y a peu de limites aux tentatives de contrôle d'Assange sur ceux qui sont autour de lui. Ceux qui travaillent à WikiLeaks –une organisation radicalement transparente fondée sur l'idée que tout pouvoir doit être en mesure de rendre des comptes– ont dû signer un accord de non-divulgation de grande envergure couvrant toutes les conversations, tous les comportements, et toutes les informations, avec Assange comme seule personne ayant un pouvoir sur les divulgations. Ceux qui ne le respecteraient pas feraient face à un pénalité s'élevant à douze millions de livres britanniques [près de 13,5 millions d'euros aujourd'hui].»

Cet accord est passé à la postérité en 2011, quand New Statesman en avait révélé l'existence, mais l'article de BuzzFeed raconte également les pressions psychologiques au sein de l'équipe (mais aussi d'Assange) pour que tout le monde signe ce contrat. Et lorsque l'on quitte l'équipe, on devient un ennemi:

«Critiquer Assange, c'est être carriériste, vendre son âme pour un peu de pouvoir ou un avantage, être un espion ou un indic. Il vous dirait que j'étais un “stagiaire” pendant quelques “semaines” et que pendant ce temps-là, j'étais une taupe pour le Guardian, à voler des documents et que j'avais peut-être des liens avec les services secrets britanniques. Comparé à ceux qui ont critiqué Assange, je m'en sors plutôt bien.»

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