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Le meilleur sketch politique de l’année ne met en scène ni Trump ni Clinton

Le SNL est toujours capable de sortir des sketchs brillants.

À tout juste deux semaines de l'élection présidentielle américaine, l'émission humoristique «Saturday Night Live» est en roue libre. Entre ses débats réimaginés, et ses sketchs sur les deux candidats, le progamme s'amuse beaucoup chaque semaine depuis son retour à l'antenne.

Mais assez ironiquement, le sketch le plus drôle de l'émission diffusée sur NBC –et plus largement le plus drôle de ce cycle présidentiel– ne comprenait ni une imitation de Donald Trump ou d'Hillary Clinton. Au lieu de ça, on peut y voir Kenan Thompson (en présentateur), Sasheer Zamata, Leslie Jones et Tom Hanks (en candidats) jouer à Black Jeopardy, version «noire» de ce jeu où l'on doit trouver les questions aux réponses affichées à l'écran.

Ce qui rend ce sketch si drôle (vous pouvez le voir ci-dessus), c'est le rôle joué par Tom Hanks: celui de Doug, un homme blanc (qui doit donc participer à un jeu où les références sont partagées principalement par la communauté noire) affublé d'une casquette «Make America Great Again», (le slogan de Trump), avec un accent traînant typique du sud du pays.

Généralement, souligne Slate.com, dans ce sketch, les joueurs blancs sont un peu trop coincés avec le politiquement correct pour répondre correctement aux questions sur les expressions et stéréotypes liés à la culture noire (comme ici avec Louis CK). Pas Doug, qui après quelques secondes d'hésitation se lance quand s'affiche à l'écran la réponse: «Ils disent que le nouvel iPhone veut votre empreinte “pour votre protection”»:

«Qu'est-ce que, “Je pense pas, c'est comme ça qu'ils te chopent”».

Doug remet ça quelques secondes plus tard quand on cherche la question à «Ils disent que toutes les voix comptent», et qu'il répond: «Qu'est-ce que “Vas-y, de toute façon ils ont déjà décidé du vainqueur avant”». À ce moment-là, souligne Slate.com, le message que le sketch essaie de faire passer est clair:

«Les questions trouvent leur racine dans ce sentiment de perte de pouvoir, de suspicion de l'autorité, et d'identité ouvrière –des expériences qui traversent les lignes raciales. Thompson et les candidats sont noirs, mais ils peuvent apprécier les choses qu'ils partagent avec Doug, et en retour, Doug devient de plus en plus à l'aise avec eux, comme lorsqu'ils laissent passer sa remarque sur “you people” [que l'on pourrait traduire par “vous les noirs”]. C'est drôle, mais ça laisse également présager la fin du sketch où ce message de communauté –voire de solidarité– est ajusté et rendu un peu plus compliqué.»

Parce que, forcément, tout ceci ne peut pas durer. Quand sur la dernière question, il faut trouver la réponse à quelles vies comptent (en référence aux polémiques sur le mouvement «Black Lives Matter» et sa réponse «All Lives Matter»), on sait que le sort de Doug est scellé. «C'était sympa», conclut le présentateur avant même que Doug n'ouvre la bouche.

«Dans ce sketch de six minutes, on a une analyse subtile et sophistiquée de la politique américaine», conclut ainsi Jamelle Bouie. Si le SNL est régulièrement critiqué pour ne pas être aussi drôle qu'avant, Michael Che et Bryan Tucker ont montré que l'émission avait encore de beaux restes.

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