Monde

Les sunnites ne fêtent pas le recul de Daech en Irak, ils craignent une vengeance

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 24.10.2016 à 13 h 25

Repéré sur France 24, The Washington Post

Certains ont peur que leurs voisins ou l'État ne s'en prennent à eux une fois Mossoul repris.

Une famille irakienne, le 23 octobre dnas le village d'al-Khuwayn, au sud de Mossoul. AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Une famille irakienne, le 23 octobre dnas le village d'al-Khuwayn, au sud de Mossoul. AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Depuis quelques jours, l’armée irakienne et des combattants kurdes ont lancé une grande offensive contre Daech en direction de Mossoul, situé au nord du pays. Et les premiers retours du front sont positifs, si l’on en croit France 24, qui note de nets progrès en direction de Mossoul et de Kirkouk, malgré les djihadistes embusqués et les voitures piégées.

Sur place, les populations locales, prises entre deux feux, fuient en masse la zone de conflit. Ils seraient prêts de 5.000, selon l’ONU, à avoir fui Mossoul ces derniers jours, et si l’on en croit le Washington Post, rares sont ceux qui se réjouissent vraiment de la libération de leur ville.

«La plupart, majoritairement des musulmans sunnites, ne sont pas en mesure de faire la fête car la justice [chiite] de leur pays les interroge sur les années passées à côtoyer des militants sunnites et leurs liens avec les djihadistes, qu’ils soient réels ou non», écrit le journal américain.

Il faut savoir que les relations tendues entre chiites et sunnites ont été exacerbées par l’arrivée de Daech, qui se revendique justement du sunnisme.

Ainsi, les familles sunnites, dont certains membres ont rejoint Daech, nourrissent quelques inquiétudes à imaginer un possible retour à la normale. Beaucoup ne seront pas autorisés à retourner dans leur village, que ce soit à cause des autorités ou parce que des voisins en colère attendent de se venger. Une femme interrogée par le journal, et dont le mari a rejoint Daech, raconte qu’elle pourra retourner dans son village natal, mais qu’elle aura peut-être du mal à récupérer son logement, où vit une autre famille. «Ce n’était pas ma faute, je ne suis pas coupable. Pourquoi est-ce que je devrais être déplacée?» D’autres sunnites ont raconté avoir été battus ou encore faits prisonniers pendant un temps avant d’être relâchés.

Les autorités assurent avoir pris des mesures pour limiter les vengeances après la reprise de Mossoul, en limitant notamment l’accès aux milices sectaires, les plus à même de chercher à punir les sunnites. Pas de quoi rassurer les populations concernées. Ali, 40 ans, explique que le retour de bâton sera inévitable quand il retournera chez lui. «Au début, il y aura des vengeances. Puis, ça ira mieux.»

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