Tech & internet

L'illusion d'un monde entièrement connecté vire au cauchemar

Temps de lecture : 2 min

Les objets connectées étaient censés nous rendre la vie de tous les jours plus facile, et non faire de nous des cibles des pirates informatiques.

Dans le métro de New York, en juillet 2016. Drew Angerer/AFP
Dans le métro de New York, en juillet 2016. Drew Angerer/AFP

Ce qui devait être une révolution est, dans une certaine échelle, en train de virer à la catastrophe. La promesse initiale de l'Internet des objets, celle de relier objets du quotidien (pèse-personne, cafetière, télévision...) à une connexion internet, pose aujourd'hui question. Le 21 octobre, après une vaste attaque informatique par déni de service (DDoS) –qui consiste à saturer les serveurs de requêtes pour les neutraliser–, des millions d'Américains ont été privés d'accès à Twitter, Netflix, Airbnb ou encore aux sites de CNN et du New York Times. Si l'on ignore qui en sont les responsables, on sait, en revanche, d'où vient la faille: l'Internet des objets. Un secteur particulièrement vulnérable, explique France Inter.

«Ces objets connectés sont de plus en plus nombreux... mais aussi beaucoup moins bien sécurisés qu'un véritable ordinateur. Tous ces objets sont, a priori, inoffensifs, mais ils savent envoyer des requêtes sur des serveurs (c'est ce que fait un frigo connecté pour trouver une recette à partir de ce qu'il contient, par exemple). [...] En clair, votre bouilloire connectée ou votre thermostat nouvelle génération ont peut-être participé à l'attaque, sans que vous ne vous en aperceviez.»

Vers une réglementation?

Quartz, de son côté, se penche sur la désillusion d'un Internet des objets qui aurait pu bouleverser nos vies et insiste sur les véritables dangers qu'il peut représenter. «Notre vulnérabilité grandit à mesure que les appareils sont connectés au web, écrit le magazine. Et les appareils piratés ne sont pas uniquement des objets sans danger comme une caméra, cela peut potentiellement être des outils létaux, comme des voitures». Quartz fait ici écho au piratage d'une voiture de la marque Tesla, jusque-là fièrement présentée comme un «ordinateur sophistiqué sur roues». Une équipe de chercheurs de la société Tencent est parvenue à prendre le contrôle à distance du système de freinage, d’ouverture du coffre et du réglage des rétroviseurs latéraux du véhicule. En fait, si l'on regarde bien, à peu près tous les objets connectés ont déjà été piratés.

Alors, que faire? L'Union européenne songe à mettre en place une réglementation stricte et un système de certification pour garantir la sécurité et la fiabilité d'un objet connecté... «mais cela ne règlera pas le problème des milliards d'objets vulnérables déjà vendus», souligne Quartz. Faut-il compter sur une aide de la Silicon Valley pour tendre à un Internet des objets plus sûrs et plus sécurisé? Pas sûr, finit Quartz.

«De nombreux pontes de la Silicon Valley embrassent une idéologie quasi-libertarienne qui rejette l'idée de réglementation et qui dit pouvoir régler les problèmes que le gouvernement ne peut régler. Mais notre vulnérabilité paralysante à des attaques malveillantes est un problème créé par la technologie elle-même, et si la Silicon Valley ne peut pas en venir à bout, ce sont les gouvernements qui doivent s'y mettre».

Slate.fr

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