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«J'ai vu ces images de ma fille, avec un Trump souriant en uniforme nazi se préparant à la tuer»

Temps de lecture : 2 min

Brièvement pressenti pour se lancer en candidat indépendant dans la course à la présidentielle, le chroniqueur conservateur David French a raconté les persécutions dont lui et sa famille ont été victimes de la part de la «droite alternative».

Donald Trump à Chicago (Illinois), le 28 septembre 2016. JEWEL SAMAD / AFP.
Donald Trump à Chicago (Illinois), le 28 septembre 2016. JEWEL SAMAD / AFP.

En juin, le nom de David French, avocat et chroniqueur pour la prestigieuse revue conservatrice National Review, avait été brièvement évoqué pour incarner une candidature anti-Trump. Dans un essai publié dans son magazine, French revient sur la haine qu'il a essuyée de la part des partisans de Trump, bien avant cette candidature avortée. Un article qui commence par une phrase terrible:

«Je me rappelle très bien la première fois que j'ai vu une photo du visage de ma fille de sept ans affiché sur une chambre à gaz. [...] Ma plus jeune fille est afro-américaine, adoptée en Éthiopie, et dans les cercles de la droite alternative, c'est un péché impardonnable. [...] J'ai vu ces images du visage de ma fille, avec un Trump souriant en uniforme nazi se préparant à appuyer sur un bouton et à la tuer.»

Sa femme, une journaliste conservatrice qui a écrit plusieurs livres, notamment sur la famille Palin, a elle aussi été visée. (Victime d'abus sexuels dans sa jeunesse, elle vient par ailleurs de publier une tribune très sévère envers la réaction du parti républicain au scandale des propos de Trump).

«Notre vie est revenue, je le pensais, à la normale, poursuit French. J'avais tort. Notre “normal” avait changé. Ce n'était pas le début de la fin de nos ennuis, mais plutôt la fin du début. [...] La formule est simple: critiquez Trump –et spécialement son lien avec la droite alternative– et la vengeance viendra.»

En juin, French, qui avait été qualifié par le candidat à la présidentielle 2012 Mitt Romney de «personnalité honorable, intelligente et patriotique», avait renoncé à se porter candidat après une semaine de réflexion. Il avait raconté à MSNBC qu'après l'annonce de sa possible candidature, la famille de sa femme avait reçu un appel anonyme de quelqu'un se réclamant de la campagne Trump:

«Je suis désolé, mais la campagne Trump m'a demandé de m'assurer que David sait que cela va vraiment, vraiment mal se passer pour lui.»

French s'était aussi dit «éternellement débiteur» de ceux qui avaient «défendu [sa] femme et [ses] enfants contre des attaques vicieuses». Il rappelle aujourd'hui qu'il n'est pas le seul à avoir connu cela, citant, parmi des dizaines d'exemples, celui du journaliste Erick-Woods Erickson (qui raconte les insultes qu'ont subi ses enfants ou les fans de Trump qui sont venus taper à sa porte) ou de la chroniqueuse Bethany Mandel (qui a fait le récit des injures antisémites qu'elle a essuyées).

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