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Un Allemand d'extrême droite se réclamant du «Reich» tue un policier

Une voiture de police devant la maison de Wolfgang P. à Georgensgmuend, le 19 octobre 2016.

Une voiture de police devant la maison de Wolfgang P. à Georgensgmuend, le 19 octobre 2016.

Le cas de Wolfgang P. met en lumière la dangerosité potentielle de ces «citoyens du Reich», et relance le débat sur les autorisations de port d'armes.

Les étranges «citoyens du Reich» font à nouveau parler d'eux outre-Rhin. Mercredi 19 octobre, un Bavarois de 49 ans, Wolfgang P., a ouvert le feu sur des policiers qui effectuaient une perquisition à son domicile. Un des fonctionnaires de police a succombé à ses blessures quelques heures plus tard, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel.

Dans le jardin de Wolfgang P. flottait un drapeau blanc signalant son appartenance au «Reich», c'est-à-dire à une Allemagne qui n'existe plus, en référence à l'Empire allemand et à ses frontières de 1871 (après la proclamation de l'Empire) ou de 1937 (avant l'expansion hitlérienne). Cette mouvance aux contours flous est très hétérogène. Les quelques centaines de membres qui la composent ne reconnaissent pas la légitimité de la République fédérale allemande et la considèrent à ce titre comme un régime d'occupation, voire comme une entreprise servant des intérêts extérieurs «au choix, de loges secrètes, du capital financier américain ou des satanistes», précise le quotidien Die Tageszeitung:

«Parmi eux se trouvent des idéologues du complot, des ésotériques, des existences ratées, frustrées, des gens qui font des affaires et des empêcheurs de tourner en rond notoires, mais aussi des extrémistes de droite purs et durs.»

Saisir les armes

Le quotidien rappelle que ces dernières années, lorsque les «citoyens du Reich» ont commencé à faire parler d'eux dans la presse allemande, ils suscitaient plus les moqueries que l'inquiétude, avec leurs royaumes imaginaires, leurs rois autoproclamés et leurs faux papiers d'identité aux nationalités fantaisistes. 

Le cas de Wolfgang P. met en lumière la dangerosité potentielle de ces citoyens contestataires. Wolfgang P. est chasseur, et possède à ce titre des armes à feu en toute légalité. Comme beaucoup de «Reichsbürger», qui sont chasseurs ou membres de club de tir afin de pouvoir s'armer plus facilement. 

En conséquence, le gouvernement allemand a demandé au Verfassungsschutz, l'office fédéral chargé de surveiller les activités contraires à la Constitution allemande, d'examiner en détail ces groupes se réclamant du «Reich», rapporte Der Spiegel. Jusqu'à présent, seuls les länder de la Bavière, du Brandebourg et de la Sarre avaient un œil sur ces adeptes des théories du complot. 

Katja Kipping, cheffe du groupe Die Linke (gauche radicale) au Bundestag a dénoncé «une escalade du terrorisme brun», et a appelé les autorités compétentes à «annuler immédiatement» les permis de détention et de port d'armes des néonazis et des extrémistes de droite et à saisir les armes.

Comme l'a indiqué le social-démocrate Ralf Jäger, ministre de l'Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, de telles pratiques existent déjà à l'échelon régional. Dans ce land, les autorités vérifient régulièrement si des permis de détention d'armes peuvent être retirés aux extrémistes de droite.

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