Égalités / Sciences

Sans amis, les souris femelles sont plus stressées que les mâles

Temps de lecture : 2 min

Les deux sexes réagissent de la même manière au stress physique, mais le stress induit par un isolement social est bien plus fort chez les femelles.

Parade du Nouvel An au Disneyland de Tokyo | 1er janvier 2008 | AFP
Parade du Nouvel An au Disneyland de Tokyo | 1er janvier 2008 | AFP

Si les souris réagissent de la même manière au stress physique, quel que soit leur sexe, des chercheurs de l'université de Calgary, au Canada, observent que la solitude induit un stress bien plus important chez les femelles que chez les mâles.

«Chez beaucoup d'espèces, y compris les humains, les interactions sociales servent à réduire les effets du stress», remarque Jaideep Bains, auteur principal de l'étude détaillant ce «dimorphisme sexuel des réponses neuronales à l'isolement social», parue dans la revue eLife.

Des recherches qui confirment combien les stratégies de gestion du stress peuvent être sexo-spécifiques. Une réalité par ailleurs mise en lumière chez de jeunes humains.

Pour tester leur hypothèse, l'équipe de Jaideep Bains s'est penchée sur des rongeurs préadolescents qui, après leur sevrage, avaient été placés dans des cages non-mixtes, soit deux par deux, soit seuls pendant 16 à 18 heures. Ensuite, les scientifiques ont examiné les cellules cérébrales des animaux à la recherche des hormones du stress.

Les femelles interprètent l'isolement comme un type de stress

«Isoler les femelles du reste de la portée pendant moins d'un jour génère la sécrétion de corticostérone, une molécule-signal produite en réaction à des situations stressantes et qui diminue l'excitabilité des cellules cérébrales, explique Laura Senst, co-auteure de l'étude. Une réaction qui n'était pas manifeste chez leurs congénères masculins».

L'explication des chercheurs: que seule les jeunes souris femelles interprètent l'isolement social comme un type de stress. Ce qu'ils prouvent en montrant que mâles et femelles réagissent à un stress physique –en l'occurrence, nager pendant 20 minutes– de manière identique.

«En montrant que mâles et femelles réagissent différemment à certains types de stress, et de la même manière à d'autres, notre étude souligne l'importance de la prise en compte du sexe des animaux dans les études examinant les effets du stress sur le cerveau», précise une autre co-auteure de l'article, Dinara Baimoukhametova.

Ce qui confirme combien la plus grande socialité des femelles –un phénomène là aussi commun à beaucoup d'espèces, y compris la nôtre– pourrait relever d'un mécanisme de défense et d'atténuation des situations stressantes.

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