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Pourquoi certains pères américains ont peur d'avoir des fils

Homme et garçon | BARNEY MOSS via Flickr CC License by

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Homme et garçon | BARNEY MOSS via Flickr CC License by atte

Si les parents Américains préfèrent souvent avoir des filles, c'est en parti parce que les pères veulent éviter le défi d'élever un garçon en luttant contre les normes culturelles de la masculinité.

Aux Etats-Unis, les parents qui décident de payer un diagnostic préimplantatoire leur permettant de choisir le sexe de leur enfant (une procédure illégale en France) le font en grande majorité pour avoir une fille. C'est le cas pour 70% des procédures, selon une étude publiée en 2009 dans la revue Reproductive Biomedecine Online. Et si c'était parfois une volonté des pères?

Sur le site de la radio publique On being, la journaliste Courtney Martin écrivait récemment qu'aux Etats-Unis: 

«Surtout parmi les futurs pères des classes moyennes et supérieures, j'ai remarqué une tendance fascinante: ils sont beaucoup plus nombreux à vouloir une fille qu'un garçon.»

Dans un article du New York Times intitulé «La peur d'avoir un fils», le professeur de littérature Andrew Reiner, explique les complications particulières qu'il envisage en ce qui concerne l'éducation de son fils. 

Ce qui l'inquiète, c'est la façon dont les valeurs qu'il veut inculquer à son fils vont à l'encontre de ce qui est traditionnellement attendu des garçons et des hommes dans une société encore imprégnée par les stéréotypes de genre: 

«Je vais apprendre à [mon fils] à ressentir et à exprimer sa vulnérabilité. Dans notre culture, c'est une malédiction.»

Plus facile de sensibiliser une fille au sexisme 

Il explique que parmi ses amis, nombreux sont ceux qui pensent qu'il est plus difficile d'élever un garçon dans la société américaine actuelle. Ils semblent en général préférer le défi d'élever une fille en luttant contre le sexisme, plutôt que celui d'élever un garçon en luttant contre les normes culturelles de masculinité.

Pourtant, même à leur insu, les parents renforcent souvent ces stéréotypes de genre dès le plus jeune âge.  En effet, Reiner cite plusieurs études qui montrent que les parents touchent leurs bébés filles avec plus de précautions que les garçons, et que les mères utilisent un langage plus émotionnel pour parler à leurs filles qu'à leurs fils.  Dans Time magazine, une des auteures de cette étude déclarait:

«La plupart des parents disent qu'ils veulent que les garçons soient plus expressifs, mais ils ne se rendent pas compte du fait qu'ils leur parlent différement».

Dans ces circonstances, Reiner explique que si les pères élèvent leurs filles en remettant en question le sexisme ambiant, il faut qu'ils acceptent aussi de combattre une certaine masculinité normative lorsqu'ils élevent leurs fils.

 

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