Partager cet article

Votre idée sur Kickstarter est peut-être déjà en vente... en Chine

Clip promotionnel de Stikbox (2016)

Clip promotionnel de Stikbox (2016)

Les plateformes de financement participatif font le bonheur des entreprises spécialisées dans les contrefaçons.

Pendant un an, Yekutiel Sherman, entrepreneur israélien, a consacré ses journées à mettre au point un projet qui lui tenait à cœur: développer un objet qu'il inventerait de toutes pièces et qu'il pourrait commercialiser ensuite auprès du grand public. Pour cela, il a dessiné plusieus prototypes, il a récolté des fonds auprès de sa famille et a même tourné un clip vidéo pour promouvoir son objet révolutionnaire: le Stikbox, une coque pour smartphone qui se déplie en perche à selfie. Pour finaliser le projet et atteindre l'objectif financier nécessaire à la production de l'objet, Yekutiel Sherman a choisi de s'inscrire sur Kickstarter, une plateforme de financement participatif.

Jusque-là, tout se passait bien. Comme tout projet inscrit sur une plateforme de financement participatif, il ne restait plus qu'à attendre la date butoir et voir si l'idée avait recueilli la somme escomptée pour lancer la production. Pour Yekutiel Sherman, pourtant, l'enthousiasme a été de courte durée, raconte Quartz. Une semaine après la mise en ligne de son projet, il s'est aperçu que son ingénieuse perche à selfie était déjà en vente, dans un design identique, en Chine. Sur le site AliExpress –la version anglophone d'Alibaba–, elles se vendaient à une somme avoisinant les 10 dollars, alors que lui prévoyait de les commercialiser autour de 40 dollars.

Même les start-up

Quand les internautes qui ont financé le projet sur Kickstarter s'en sont aperçus, certains ont eu du mal à digérer la nouvelle. Il s'en sont même pris à Yekutiel Sherman, l'accusant de vouloir les arnaquer. En bref, Yekutiel Sherman a été victime d'une contrefaçon exprès dont la Chine a le secret, explique Quartz. «Avant même d'avoir trouvé une entreprise pour produire son nouveau produit, des constructeurs en Chine ont repéré son idée en ligne et l'ont coiffé au poteau». Car, aujourd'hui, la vague d'imitations et de contrefaçons sur le sol chinois a pris une toute autre dimension, poursuit le magazine:

«De nos jours, le phénomène de contrefaçon en Chine va bien au-delà des multinationales comme Gucci ou Nokia, les start-up sont également touchées. Grâce à internet, les usines et les créateurs à la recherche du prochain succès peuvent facilement se tourner vers Amazon, Kickstarter ou Taobao pour voir quels sont les gadgets qui ont le plus de succès.»

Poursuivre les entreprises qui font ce genre de contrefaçons n'est pas impossible, mais demande énormément de patience. Yekutiel Sherman n'a pour le moment lancé aucune poursuite mais assure passer près de 20% de son temps à traquer les entreprises qui se livrent à la contrefaçon de son produit sur les sites de commerce en ligne. Il lui faut parfois jusqu'à cinq jours avant de trouver la localisation exacte d'une seule entreprise. 

Aujourd'hui, il assure à Quartz avoir perdu plusieurs milliers de dollars dans cette histoire. Un désagrément qui ne l'empêche pas de relativiser. «Il existe d'autres coques de smartphone convertibles en perches à selfie, mais la seule à avoir été copiée est la nôtre. Cela montre que notre produit valait le coup d'être copié», dit-il avant de faire référence à l'adage bien connu: «L'imitation est la plus belle forme de flatterie».

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte