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Deux vidéos accusent les Démocrates de manipuler la campagne électorale

Image extraite d'une des vidéos du Project Veritas Action.

Deux militants appartenant à des organisations proches du Parti démocrate ont dû quitter la campagne alors qu'une enquête sensationnaliste les voit se vanter de provoquer des incidents lors des meetings de Trump et de contourner la loi sur les inscriptions sur les listes électorales.

Une démission, un licenciement: deux vidéos sulfureuses publiées, lundi 17 et mardi 18 octobre, par un activiste conservateur ont créé des remous dans la campagne démocrate en alléguant que certains de ses participants sont prêts à provoquer des incidents dans les meetings de Donald Trump ou à contourner la loi pour augmenter la participation en faveur de leurs candidats.

Robert Creamer, le fondateur de Democracy Partners, une organisation employée par le Democratic National Committee, a annoncé qu'il allait se «mettre en retrait» de la campagne. Scott Foval, un employé de l'organisation Americans United for Change, fondée par Creamer et qui travaille pour Democracy Partners, a lui été licencié.

Déjà vue près de 4 millions de fois, la première des vidéos publiées par l'organisation Project Veritas Action, dirigée par l'activiste conservateur James O'Keefe, joue sur tous les codes du film d'investigation à sensation –images floues et sombres, musique dramatique, journaliste infiltré... On y voit notamment Scott Foval appeler à un «engagement conflictuel au sein des meetings de Trump» pour provoquer des incidents permettant d'étiqueter les militants républicains comme violents.

«La clef, c'est d'amorcer un conflit en entamant des conversations avec des personnes qui sont naturellement psychotiques. Je veux dire, franchement, il n'est pas difficile de faire dégoupiller un de ces trous du cul. Il suffit de s'amener et d'essayer de rentrer dans le meeting avec un tee-shirt du Planning familial. Ou “Trump est un nazi”, vous voyez.»

Scott Foval affirme par exemple que de telles tactiques ont été utilisées à Chicago, en mars, où un meeting de Donald Trump avait dû être annulé à cause de la présence de nombreux manifestants. Ou encore en Caroline du Nord, en septembre, où une femme de 69 ans a été attaquée à un meeting du candidat républicain.


Publiée dans la foulée, la deuxième vidéo voit les mêmes dirigeants détailler des options permettant de contourner la loi sur l'inscription sur les listes électorales pour augmenter la participation des électeurs favorables au parti démocrate. Scott Foval évoque par exemple la possibilité de réaliser du busing, c'est à dire de transporter en bus des électeurs dans un état où ils pourront s'inscrire et voter plus facilement, ou encore de fournir des faux bulletins de salaire pour permettre, là aussi, à des électeurs de s'inscrire.


Stratégies concrètes ou vantardises de militants qui s'attribuent une importance qu'ils n'ont pas? Impossible de trancher, d'autant que James O'Keefe, qui avait largement teasé son scoop sur Reddit, jouit d'une réputation sulfureuse, le montage de ses vidéos étant souvent très contesté et celles-ci ne fournissant pas beaucoup de contexte. Reste que l'affaire a donc déjà provoqué la chute de deux personnes, Robert Creamer expliquant qu'il ne voulait pas devenir une «distraction» dans la campagne et regrettant les «conversations hypothétiques, non-professionnelles et imprudentes» visibles dans la vidéo, tout en affirmant qu'aucun comportement inapproprié n'avait eu lieu. La campagne Clinton a elle publié un communiqué très prudent, affirmant que «alors que le projet Veritas est connu pour proposer des vidéos trompeuses sorties de leur contexte, certains des mots et tactiques évoqués dans la vidéo sont troublants même en théorie ou en tant que propositions jamais mises en œuvre».

Les Républicains se sont eux jetés sur l'occasion: l'ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, a évoqué sur Fox News «un assaut direct sur la démocratie et sur l'État de droit». Il faut dire que ces deux vidéos s'inscrivent parfaitement dans le storytelling de la campagne de Trump, qui affirme en boucle depuis plusieurs jours que le scrutin est truqué.

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