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Une partie du cerveau des femmes change de taille pendant le cycle menstruel

Pièce de l'exposition «Images de l'esprit», au musée de l'hygiène et de la santé de Dresde (Allemagne), 21 juillet 2011 | OLIVER KILLIG / DPA / AFP

Pièce de l'exposition «Images de l'esprit», au musée de l'hygiène et de la santé de Dresde (Allemagne), 21 juillet 2011 | OLIVER KILLIG / DPA / AFP

Chez les femmes, la structure de l'hippocampe semble suivre les fluctuations des œstrogènes et augmenter de volume quand les hormones sont au plus haut.

Si on sait aujourd'hui que le cerveau n'est pas un organe rigide et que sa structure continue à se modifier tout au long de la vie, c'est une surprenante découverte que viennent d'effectuer dix scientifiques affiliés à l'institut Max-Planck des sciences cognitives et cérébrales humaines: non seulement cette plasticité permet au cerveau de s'adapter, sur le long terme, à des fluctuations de l'environnement, mais chez les femmes en âge de procréer, ces modulations semblent se réitérer tous les mois.

En l'espèce, les chercheurs dirigés par Claudia Barth observent que la structure de l'hippocampe –une zone cérébrale connue pour son implication dans l'humeur, les émotions ou encore la mémoire– semble suivre les fluctuations menstruelles des œstrogènes.

«Nous avons trouvé qu'en parallèle à l'augmentation des niveaux d’œstrogènes à la veille de l'ovulation, l'hippocampe augmente aussi de volume», explique Barth. Un grossissement qui concerne autant «le volume de la matière grise que celui de la matière blanche».

Adapter les traitements psychiatriques

Quelles peuvent être les conséquences de ces inflexions sur les comportements des premières concernées? L'étude ne le dit pas, mais les chercheurs ont une petite idée:

«L'hippocampe joue un rôle crucial dans nos souvenirs, notre humeur et nos émotions. Chez les souris, il est démontré que ce n'est pas seulement cette structure cérébrale, mais aussi différents comportements, qui caractérisent tel ou tel type de cycle menstruel», précise Barth.

De même, les scientifiques soulignent les différences sexuelles patentes qui existent sur le plan des maladies psychiatriques affectant l'humeur, comme le trouble dépressif majeur –qui touche environ deux fois plus de femmes que d'hommes.

En particulier, l'équipe de Barth voudrait examiner les liens éventuels entre les fluctuations hormonalo-neuroanatomiques qu'ils ont mis au jour et le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), une maladie qu'on estime concerner une femme sur douze et qui se caractérise, entre autres, par une violente poussée dépressive quelques jours avant les règles –la version lourde du syndrome prémenstruel.

«Pour mieux comprendre ce trouble, déclare Julia Sacher, neurologue spécialiste de la dépression chez les femmes et co-auteure de l'étude, nous devons d'abord savoir quel est le rythme cérébral d'une femme saine. Ensuite, nous pourrons voir s'il y a des différences avec les personnes atteintes de TDPM».

A terme, ces recherches pourraient indiquer aux femmes les moments du mois où elles sont les plus réceptives aux médicaments psychotropes ou à la thérapie cognitive et comportementale, et permettre de mieux les soulager.

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