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Plus les femmes sont nombreuses, plus les hommes sont violents

Une femme face à la police, le 21 septembre 2016, à Charlotte aux États-Unis | Sean Rayford / AFP

Une femme face à la police, le 21 septembre 2016, à Charlotte aux États-Unis | Sean Rayford / AFP

Un anthropologue américain estime que lorsqu'il y a «trop» de femmes, les hommes ont trop de choix et adoptent des comportements plus risqués.

Selon une conséquente étude analysant l'effet du sexe-ratio sur la criminalité aux États-Unis, dans les régions où les hommes sont bien plus nombreux que les femmes, les meurtres, agressions, crimes et délits sexuels (prostitution incluse) sont moins fréquents que là où ce sont les femmes qui supplantent numériquement les hommes.

L'équipe de Ryan Schacht, anthropologue de l'université de l'Utah, s'est ainsi penchée sur les données démographiques des 3.082 comtés américains pour déterminer le sexe-ratio de leur population en âge de procréer. Des tableaux ensuite comparés aux statistiques de la criminalité fournies par le FBI. Les deux ensembles de données dataient de 2010.

Pour tous les types de crimes et délits étudiés, plus le sexe-ratio se déséquilibrait en faveur des hommes, moins les comtés étaient violents –une corrélation toujours valable même en prenant en compte d'autres facteurs, comme la pauvreté.

Pour expliquer ce phénomène, Schacht a recours à la théorie du marché conjugal, selon laquelle les couples se font et se défont aussi à la faveur d'une logique d'offre et de demande. Selon le scientifique, lorsqu'il y a «trop» de femmes, les hommes ont trop de choix et adoptent des comportements plus risqués, plus conflictuels et plus à même de leur faire enfreindre la loi, notamment sur un plan sexuel.

Le sexe, facteur prédictif de violence

«Quand les femmes se font rares», précise Schacht, «elles deviennent une ressource prisée et cela leur permet d'avoir l'ascendant pour obtenir ce qu'elles veulent d'une relation. A l'inverse, lorsque les femmes sont nombreuses, les hommes sont moins enclins à s'engager auprès d'une seule partenaire et plus susceptibles de rechercher des relations multiples. Ce qui pousse les hommes, entre eux, vers davantage de conflits.»

Des observations allant à l'encontre de tout un corpus de recherches concluant l'inverse: qu'un surplus d'hommes induit un déficit de paix. Parce qu'à un niveau individuel, le sexe est l'un des meilleurs facteurs prédictifs de violence –les hommes sont surreprésentés à la fois du côté des victimes et des auteurs de violences–, plusieurs chercheurs ont théorisé que les sociétés les plus violentes étaient aussi les plus masculinisées. Un phénomène qui s'accentue d'autant que la disproportion démographique concerne les hommes célibataires de moins de trente ans, véritables bombes à déséquilibres familiaux et communautaires.

Reste que cette étude demeure cohérente avec d'autres montrant qu'un sexe-ratio déséquilibré en faveur des femmes diminue la prévalence de la monogamie dans la société concernée, augmente les conflits sexuels et accroît l'instabilité conjugale. De même, chez les animaux non-humains, une relative rareté de mâles est corrélée avec un moindre investissement paternel et des comportements sexuels plus agressifs chez ces derniers.

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