Monde

Quand un groupe antiraciste infiltre une des sections les plus extrêmes du Ku Klux Klan

Repéré par Boris Bastide, mis à jour le 16.10.2016 à 19 h 13

Repéré sur The Guardian

Les Britanniques de Hope Not Hate ont eu accès aux échanges secrets des Loyal White Knights.

Un membre du Ku Klux Klan en 2015 I JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Un membre du Ku Klux Klan en 2015 I JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Pour le groupe antiraciste britannique Hope Not Hate, l'opération a pris des mois. Il a fallu d'abord approcher le groupe, en faire partie, gagner la confiance de ses leaders. Et ainsi gagner accès aux échanges secrets d'une des sections les plus extrêmes du Klu Klux Clan américain.

Les Loyal White Knights ont été fondés en 2012 depuis la Caroline du Nord par Chris Barker, raconte le Guardian. L'homme est controversé pour ses liens avec des groupes néo-nazis comme l'Aryan Nationalist Alliance, dont il est membre.

«Une fois à l'intérieur, nous sommes tombés sur les formes de racisme les plus extrêmes que l'on ait jamais rencontrées, témoigne un des infiltrés au quotidien britannique. Nous avons ainsi pu avoir des informations précises concernant leur dangereuse idéologie et toute une culture qui encourage à la violence.»

La pose avec des nœuds coulants

Les Loyal White Knights organisent notamment des ralliements White Lives Matter. Ils sont responsables d'agressions de militants antifascistes, de négationnisme, de menace contre la communauté homosexuelle et d'une propagande très violente contre le mouvement Black Lives Matter. Ils sont également impliqués dans ce qu'ils appellent des «Knight Rides», lors desquels ils roulesnt la nuit à toute berzingue dans des quartiers majoritairement afro-américains jetant des affichettes suprémacistes sur les pelouses. 

Dans les cercles réservés aux membres les plus influents, on s'échange de la propagande antisémite, on pose avec des armes ainsi qu'avec des nœuds coulants de bourreaux en rappel de la période où le Klan lynchait les Noirs. Et on s'amuse à s'imaginer écrasant quelques Afro-américains avec sa voiture.

Hope Not Hate a mis ainsi la main sur l'identité de 270 de ses membres dont des officiers de police et un Marseillais de 44 ans anti-islam. Ils ont également découvert les noms de personnes exclues pour divers types de violations allant de l'usage de drogues au visionnage de pornographie asiatiaque en passant par le fait d'avoir des rapports sexuels avec «une pute juive» ou un Mexicain. Baker nie aujourd'hui toute incitation à tuer des Afro-américains. Il reconnaît simplement appeler ses membres à s'armer et se défendre.

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