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Pourquoi la mortalité augmente-t-elle en période de croissance?

A New York, octobre 2016. SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

A New York, octobre 2016. SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Sur le long terme, la croissance économique augmente l'espérance de vie. Mais les hausses soudaines ont un impact négatif sur la mortalité, et des économistes en ont isolé la cause.

Avec ses collègues, la professeure d’économie Adriana Lleras-Muney de l’université de Californie a peut-être brisé l’une des idées reçues les plus ancrées dans nos sociétés, écrit le Washington Post. À savoir que la croissance économique n’a que des effets positifs sur la santé (ce qui est par ailleurs vrai sur le long terme puisqu'elle augmente l'espérance de vie).

Conduisant une vaste étude portant sur 200 ans de séries statistiques dans 32 pays, les économistes ont constaté que durant les périodes où la croissance augmentait rapidement, les adultes connaissaient une probabilité très légèrement accrue de mourir. Cette corrélation s’observe à partir du moment où la croissance dépend surtout de l’activité industrielle, et donc génère des émissions importantes de dioxyde de carbone faisant croitre la pollution.

Quelle répartition?

Autre effet néfaste, les individus sont touchés d’une autre manière, car ils consomment plus d’alcool dans ces périodes de croissance. Une reprise économique peut aussi générer une hausse des accidents de voiture, et des économistes ont calculé qu'un point supplémentaire de taux de chômage pouvait accroître l'espérance de vie moyenne d'un an (à l'exception des chômeurs qui, eux, paient cette situation chèrement et perdent l'équivalent de plusieurs années de vie).

De tels résultats ne doivent pas conduire à célébrer les recessions pour autant. «Si la pollution ne vous a pas tué sur le court terme, alors sur le long terme la croissance du revenu vous aidera à vivre plus longtemps», explique la co-auteure de l'étude. Plutôt que de condamner la croissance, il faut s'interroger sur la manière dont ses fruits sont partagés. Aux États-Unis en particulier, elle a ces dernières années profité aux hauts revenus. Mais dans quelle mesure la hausse de la pollution de l'air nuit-elle à la société? Ses membres sont-ils touchés par les fléaux de la croissance d'une manière équitablement répartie?

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