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L'effrayante histoire d'IbraTV, le YouTubeur qui voulait jouer au héros

Image issue de la page Tipee d'IbraTV.

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Sur sa chaîne, avec son cousin, il aime faire des caméras cachées, poursuivre des racketteurs… et piéger des pédophiles.

C’est une vidéo très particulière, qu'un collègue m'a envoyée à la fin du mois de septembre. La musique de fond est grave, et un jeune homme du nom d’Ibrahim apparaît à l’écran pour nous parler d’un documentaire qu’il a vu sur les pédophiles. «Une des manières de piéger les enfants, ce sont les réseaux sociaux, explique celui qui se fait appeler IbraTV sur sa chaîne qui compte près de 450.000 abonnés. Et c’est pour cela que j’ai décidé de mettre en place un piège via Facebook.»

Il explique avoir créé un faux profil d’adolescente et engagé la conversation avec un homme de 32 ans originaire de Paris. Très vite, ce dernier la complimente, lui envoie une photo intime et lui propose de se rencontrer. L’auteur du piège va alors bénéficier de l’aide de celui qui gère la chaîne avec lui, Djam, et de Jeanne, jeune complice de 11 ans à peine, pour filmer la rencontre en caméra cachée avec le présumé pédophile.

Une scène surréaliste se produit alors sous mes yeux. Pendant que le YouTubeur et son collègue Djam filment discrètement la rencontre à Puteaux (92), le «pédophile» en question part avec la jeune fille et disparaît dans un ascenseur.


Après plusieurs minutes de doutes et de panique, Ibrahim et Djam retrouvent enfin Jeanne et le mystérieux trentenaire. Immédiatement, ils l’attrapent par le bras, l’emmènent dans un parc, le questionnent, puis le frappent à l'abri de la caméra. «Qu’est-ce qu’on fait de lui?», lance Ibrahim. «Est-ce que je le tue et je l’enterre ici?» Après l’avoir menacé de le «violer avec un bâton», il décide d’emmener l’homme au commissariat le plus proche. «On a laissé son sort entre les mains de la justice française», explique-t-il avant de conclure: «Est-ce que ce genre de vidéo peut changer la France? Donnez votre avis dans les commentaires.»

Intitulée «PIÉGER UN PEDOPHILE | CATCHING A PEDOPHILE», cette vidéo à peine croyable a été vue plus de 380.000 fois en entre sa mise en ligne le 25 septembre et la mi-octobre, et ce malgré un blocage temporaire sur YouTube. Sous la vidéo, on peut y lire des milliers de commentaires qui, pour la plupart, félicitent «Ibra».

J’avais déjà vu passer des histoires d’internautes qui racontaient comment ils avaient piégé des personnes pédophiles sur internet. Chez les Anglo-saxons, c’est même une mode, inspirée de l’émission «To Catch a Predator». Ces derniers mois, les Etats-Unis ont beaucoup parlé de Zach Sweers, un jeune homme de 23 ans qui se filme sur YouTube en train de piéger des personnes supposément pédophiles. Face à l’écho médiatique reçu, le jeune homme a été poursuivi en justice par l’un d’entre eux.

Mais je n’avais jamais vu une telle vidéo en France. Cette «justice de rue» dépasse largement ce que l’on pense voir sur un site grand public comme YouTube, aussi étrange soit-il parfois. Reste donc à savoir si cette vidéo est réelle. Car si elle montre bien deux YouTubeurs mettre potentiellement une jeune fille en danger, frapper un homme et l’emmener au commissariat… On sort du cadre de la vidéo «buzz» et on rentre sur le territoire d'un débat vieux comme le monde, celui de la vengeance personnelle.

En France, les gens «n’osaient pas faire ça»

Pour interviewer les deux hommes qui se cachent derrière IbraTV, il a fallu insister longtemps: dans la vie, Ibrahim (24 ans) est éducateur sportif en alternance et Djam (21 ans) est étudiant en informatique, ce qui leur laisse peu de temps pour gérer leurs vidéos et le succès qui en découle. Lors d’un appel téléphonique, Djam, qui a également souhaité répondre au nom d'Ibrahim, a pu m’en dire un peu plus sur son parcours et celui de son cousin. Tous les deux sont originaires de la République d'Ingouchie, située au sud-ouest de la Russie, juste au nord de la Géorgie. C’est de là qu’Ibrahim, qui parle le plus souvent face caméra, tient cet accent que beaucoup moquent sur internet et dont il s'est mis à rire lui-même, multipliant volontairement les fautes d’orthographe et relayant des comptes parodiques.


«On est nés là-bas, Ibrahim est en France depuis onze ans et moi c’est ma quatrième année ici», précise Djam.

Ibrahim a commencé ses vidéos, seul, en 2012. Ce passionné de musculation, de belles voitures et de parkour publie les vidéos de ses exploits sur une première chaîne, qui lui permet de rassembler quelques milliers d’abonnés. Puis il découvre des comptes de YouTubeurs russes et américains, qui s’amusent à berner des passants avec des blagues au goût parfois douteux. Il cite ainsi le duo russe Rakamakafo par exemple qui publie des vidéos intitulées «Blague de vol de téléphone», «Blague de mort dans la rue», ou «Blague gay épique dans une salle de musculation».


Réalisant que ces formats n’existent pas ici, Ibrahim décide de les importer, parfois en reprenant directement les thèmes. Au départ donc, il propose des caméras cachées, pour tester les réactions de ses compatriotes, en se faisant passer pour un voleur ou en laissant tomber par exemple son portefeuille. Dans la vidéo ci-dessous, il fait croire aux passants qu’il maltraite des chats. Et bien sûr, à chaque fois, tout finit avec le sourire.

 

On a compris qu’il fallait faire des vidéos hardcores pour attirer les gens

Djam

Mais la chaîne a du mal à décoller, l’audience ne suit pas aussi vite que prévu. «Du coup, raconte Djam, il m’a demandé une fois de l’aider et je me suis dit qu’il avait besoin d’une équipe, alors je l’ai rejoint. On a acheté des pubs pour se faire connaître au début, sur YouTube, et même en Russie. Puis on a compris qu’il fallait faire des vidéos hardcores pour attirer les gens. La différence avec notre chaîne, c’est que ce concept n’existait pas vraiment en France. Ils n’osaient pas faire ça, il n’y a pas de courage si on peut dire [rires].»

IbraTV, YouTubeur «expérience sociale»

Pour justifier ce «courage», les deux hommes aiment utiliser régulièrement l’expression «expérience sociale» pour qualifier leurs vidéos, comme pour affirmer le sérieux de leur démarche. Mais provoquer un comportement délictueux ou moralement inacceptable n’est-il pas problématique?

En 2014, l’émission de France 4 «Cam Clash», elle-même inspirée d’un concept américain, créait justement une polémique autour des caméras cachées et de la mise en scène des incivilités du quotidien. Si certains spectateurs estimaient qu’il s’agissait d’un concept bienvenu dans une société aux tensions croissantes, d’autres étaient plus critiques face à des situations facilement provoquées donc artificielles. Depuis son annulation sur la chaîne publique, elle continue sur YouTube. Djam, de son côté, se défend de toute volonté de jouer la facilité en provoquant des réactions prévisibles sur IbraTV.

«Ce n’est pas “provoquer” selon moi, on ne connaît jamais la réaction des gens, parfois on est même un peu choqués. En faisant la vidéo “Combien coûte la France?”, on n’aurait jamais pensé que l’argent aurait autant d’importance dans la société française. Nous on estime que l’argent ne change pas notre vie, c’est un attribut qui ne peut être le plus important.»

Dans la vidéo en question, publiée le 26 mais 2016, on voit Ibrahim et Djam tendre des billets à des passants pour voir s’ils sont prêts à dire du mal de leur pays. «Ne vendez pas votre dignité, ne vendez pas votre pays, ne vendez pas votre patrie, conclut Ibrahim à la fin de la vidéo. Et si vous avez la tentation de vendre votre pays, rappelez-vous de La Marseillaise.»

 

Image montrée au début de l'une des vidéo d'IbraTV

 

Démagogie

En continuant d’explorer la chaîne du duo, on perçoit une nette évolution: le nombre d’abonnés et de vues augmentant, les défis vont de plus en plus loin, sont de plus en plus «hardcores». Ce qui ressemblait au début à des petites blagues se transforme assez vite en chaîne étrange, où Ibrahim décide notamment de se faire passer pour un pédophile en train de kidnapper un enfant complice pour guetter la réaction des passants. Toujours sur le même format, il fait semblant de voler une personne handicapée, de piéger des voleurs, s’adonne au «pick up» (de la «drague» intempestive impliquant de «ramasser» des filles), et va même jusqu’à afficher des «michetonneuses», ces femmes soi-disant intéressées par l’argent et rien d’autre.


Les deux cousins ont beau expliquer en description de la vidéo que «toutes les femmes ne sont pas des matérialistes», on s'interroge quand même sur l'objectif d'un tel contenu, surtout quand on parcourt les commentaires, qui sont nombreux à se baser sur les vidéos pour servir des commentaires misogynes.

Commentaires extraits de la vidéo «Michetonneuse de Paris | Gold Digger in Paris (Prank / Camera Cachée) IbraTV»

On a voulu tester les réactions des Françaises et, selon nous, ça montre qu’elles sont un peu matérialistes

Djam

«Ce concept marche très bien aux Etats-Unis, on a voulu tester les réactions des Françaises et, selon nous, ça montre qu’elles sont un peu matérialistes, se justifie Djam. Nous ne sommes pas du tout machistes, on respecte les femmes, mais ces vidéos servaient à montrer une réalité.»

Pranks et Fakes, deux concepts quasiment indissociables sur internet

Ce genre de vidéo attire beaucoup de soupçons chez certains internautes, persuadés d'y voir du bidonnage à des fins sensationnalistes. Il faut savoir que, dans le monde du «prank» (canular), de la blague, les vidéos fakes sont plutôt répandues, car elles garantissent à leur auteur une plus grande visibilité. Par exemple, fin 2015, un YouTubeur australien, qui faisait lui aussi des «expériences sociales», a été mis à mal après qu'une chaîne de télévision a prouvé que l'une de ses vidéos (vue jusque-là deux millions de fois) était un fake. On y voyait le jeune homme se faire passer pour un aveugle demandant à des passants du change pour un billet de 5 dollars alors qu'il tendait un billet de 50 dollars. Les passants en question étaient en réalité des comédiens payés par le YouTubeur.

Dans le cas d'IbraTV, des accusations similaires ont vite été avancées, bien qu'impossible à vérifier en l'état. Sur cette page du forum 18-25 sur le site jeuxvideo.com, un internaute affirme que la «michetonneuse» que l'on voit dans cette vidéo est en réalité une jeune mannequin et comédienne payée par les deux YouTubeurs. La femme en question, que j'ai contactée sur Facebook, m'a également confirmé avoir été payée mais ne souhaitait pas répondre à nos questions. De leur côté, Djam et Ibrahim ont toujours démenti avoir monté la séquence de toute pièce, et beaucoup de leurs fans estiment que la mannequin a affirmé avoir été payée car elle n'assumait pas d'avoir été piégée et reconnue.

J'ai appelé le restaurant où Ibrahim emmène la soi-disant michetonneuse, situé dans le 8e arrondissement de Paris. L'employé de l'établissement qui m'a répondu connaissait la vidéo et m'a affirmé, tout en préférant rester anonyme: «On vous ment, c'est un fake.»

Les accusations de bidonnages sont encore plus virulentes quand on en vient aux vidéos d'affrontements entre Ibrahim et des «racketteurs» supposés.

Dans la vidéo ci-dessous, on voit Ibrahim venir en aide à Djam face à deux «agresseurs» et mettre fin à l'altercation avec une arme factice. À la toute fin de la vidéo, un des deux hommes se venge pourtant sur le sauveur en lui cassant une bouteille en verre sur la tête.


En regardant la vidéo image après image, un internaute qui se fait appeler «Brook» et un utilisateur de jeuxvideo.com ont décidé de prouver qu'il s'agit d'un mensonge grossier. D'abord en analysant la bouteille utilisée et les éclats qu'elle laisse après l'impact, ce qui lui fait penser qu'il s'agit de l'une de ces fausses bouteilles en sucre résine, inoffensives pour la victime. Ensuite, en affirmant que la vidéo de la soi-disant blessure, mise en ligne pour faire taire d'autres haters d'IbraTV, n'est qu'un maquillage sanguinolent digne de films d'horreur. Ces théories difficiles à vérifier montrent bien toutes les suspicions qui entourent IbraTV.


 

Notre chaîne marche de mieux en mieux, c’est normal que les gens soient rageux

Djam

«C’est normal qu’on nous accuse, rétorque Djam qui, avec Ibrahim, fait de son mieux pour bloquer les vidéos qui les accusent de bidonner leurs contenus. Notre chaîne marche de mieux en mieux, c’est normal que les gens soient rageux, ils n’ont rien pour prouver que ce qu’on fait est fake. Dans le cas des michetonneuses par exemple, on prend la voiture de luxe toute la journée, on fait des tests, et il faut presque dix essais avant de croiser une femme qui tombe dans le piège.»

Aujourd'hui, les deux cousins ont sûrement raison de laisser les «rageux» rager car ils bénéficient d’une large communauté de fans, de vues et donc de publicités rémunératrices: 450.000 abonnés YouTube, un peu plus de 100.000 sur Facebook, environ 20.000 sur Instagram et Twitter, et presque autant de gens qui les soutiennent.

Le mythe dangeureux de l'auto-justicier

La vidéo «PIÉGER UN PEDOPHILE» réunit toutes ces problématiques: aller toujours plus loin pour provoquer un «buzz», quitte à alimenter le doute sur sa véracité. Car on peut légitimement se dire que la vidéo est jouée. C'est même un moyen de se rassurer.

Quand j'ai contacté la préfecture de police de Nanterre pour tenter d'en savoir plus sur l'interpellation éventuelle d'un homme dans ces conditions, je n'ai pas pu obtenir de réponse officielle qui confirmerait ou infirmerait l'interpellation du suspect.

Mais imaginons un instant que la vidéo est effectivement authentique, et que la jeune fille a bel et bien couru un risque lorsqu'Ibrahim et Djam l'ont perdue de vue. S'ils ne l'avaient pas retrouvée aussi rapidement, elle aurait pu être victime d'une agression. Mais Djam a tenu à me préciser que tout va bien pour elle et qu'elle a même bénéficié d'une certaine popularité dans son collège: «En ce qui concerne la jeune fille, les gens dans son école lui ont posé beaucoup de questions. On voulait continuer à travailler avec elle, pour d’autres types de vidéos, mais ses parents ont demandé à ce qu’elle n’apparaisse plus dans nos vidéos.»

Quant aux deux auteurs de la vidéo, ils sont félicités de toutes parts pour leur piège, leur incarnation de justiciers de rue improvisés. Dans la vidéo, Ibrahim lance, peut-être sous le coup de l'émotion ou tout simplement pour impressionner son prisonnier: «Vu qu'on est en France je peux pas le tuer, je le ramène au commissariat ou pas? Vas-y on le ramène au commissariat.» Ce mythe de «l'auto-justicier», du «super-héros», dénie toute place à la justice telle que nos lois la définissent. Il implique que chacun puisse juger et punir selon ses propres critères, qui flattent l'instinct de vengeance chez l'homme, et non selon une loi commune.

Il rappelle la fameuse histoire du bijoutier de Nice qui s'était fait justice en 2013: Stéphan Turk avait abattu un jeune homme de 19 ans en fuite qui venait de l’agresser et de braquer son magasin avec un complice. Il avait ensuite reçu plus d'un million de «likes» sur Facebook. On avait alors parlé d'un sentiment de défiance vis-à-vis des autorités, incapables, selon une partie de la population, de protéger les travailleurs de la délinquance. Le fils du bijoutier avait d'ailleurs expliqué la vague de soutiens apportés à son père par un «ras-le-bol contre l'insécurité».

C'est la même défiance envers les autorités qui conduit tant de commentateurs à soutenir les deux accolytes dans leurs mises en scènes de poursuites de pédophiles. Un sentiment d'injustice, d'impunité, d'insécurité très élevé en France, qui conduit à glorifier ceux qui prétendent faire justice eux-mêmes.

Mais cela va à l'encontre de nombreux principes philosophiques qui affirment que le droit individuel ne peut se soustraire au droit commun, censé justement instaurer un équilibre entre les faibles et les forts. Cette question-là appartient aux super-héros comme Batman ou Superman. Dans son Contrat social, Rousseau explique très bien les limites du «droit du plus fort»:

«La force est une puissance physique; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir? […] S’il faut obéir par force, on n’a pas besoin d’obéir par devoir; et si l’on n’est plus forcé d’obéir, on n’y est plus obligé.»

Une vingtaine d'années plus tard, Diderot précisait dans son Supplément au Voyage de Bougainville:

«Celui qui de son autorité privée enfreint une loi mauvaise, autorise tout autre à enfreindre les bonnes.»

Plus grave encore que d'enfreindre ces principes, dans le cas d'IbraTV, la mise en scène d'un tel tribunal sur internet pourrait susciter des vocations chez des jeunes qui se disent que eux aussi pourraient faire comme IbraTV. Dans les comics et films de super-héros, et notamment chez Batman, les actes de bravoures inspirent des «imitateurs», des citoyens frustrés par le système judiciaire de leur pays mais qui vont mettre eux-même leur vie en danger. Ou celle d'autrui, arbitrairement.

Djam refuse de s'attarder sur la vidéo de poursuite des pédophiles, mais explique que son cousin et lui se sentent obligés d'intervenir quand ils sont témoins d'une injustice:

«Caméra ou non, je vais aider les gens. Je ne sais pas si on refera ce genre de vidéos, car cela nous a coûté très cher. On le refera peut-être, mais sans caméra. Si on voit quelqu’un comme ça, on ne le tuera pas, on va pas l’attraper, mais on va essayer de comprendre pourquoi il fait ça.»

En attendant, le débat n'a pas eu lieu sur internet: plus de 37.000 pouces bleus valident la vendetta d'Ibrahim et de Djam, contre seulement 911 pouces rouges. Un verdict unanime pour le tribunal du clic.

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