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Pour captiver les spectateurs, l'heure est aux génériques de séries léchés

Capture d'écran du générique d'ouverture de «Stranger Things» et sa typo rétro.

Capture d'écran du générique d'ouverture de «Stranger Things» et sa typo rétro.

Les motivations sont autant commerciales qu'artistiques.

À chaque fois, c’est la même chose: je milite auprès de mon copain, téléspectateur des plus pressés, pour qu’il ne passe pas les génériques de séries en avance rapide. Ça ne se fait pas. Entre autres parce qu’ils sont de plus en plus nombreux à rivaliser de créativité et de beauté.

Le site américain Bloomberg aussi l’a remarqué: l’ère est aux génériques léchés, «consacrés aux sentiments du téléspectateur et pas aux faits».

«C’est Pavlovien», selon le showrunner de Narcos qui ne zapperait son «rituel» pour rien au monde. «Quand la musique commence, le spectateur salive un peu», décrit Bloomberg.

La course à l'attention

Mais la raison pour laquelle les génériques deviennent beaux est plus commerciale qu’artistique: «Si les séries étaient des diamants, ils n’auraient plus de valeur», métaphorise Bloomberg.

Rendez-vous compte: s’il vous fallait rester à jour sur l’ensemble des séries américaines produites en ce moment, vous devriez regarder la télé 24 heures par jour pendant plus de sept mois. D’années en années, la production augmente: de 352 séries diffusées en 2014, la télévision américaine est passée à 400 l’année suivante, toujours selon Bloomberg.

Rien de surprenant, donc, à ce que la course à l’attention des téléspectateurs devienne de plus en plus cruciale. Et justement, l’un des meilleurs moyens de se démarquer, c’est le générique.

«Ça aide à signaler aux spectateurs que vous produisez un contenu de qualité A++, explique Peter Frankfurt, copropriétaire du studio Imaginary Forces, spécialisé en génériques. C’est une marque de respect envers le public», ajoute-t-il.

Fini le générique pragmatique

Le générique n’a pas toujours eu les mêmes fonctions:

«Quand la télévision a été inventée, le générique d’ouverture servait à rafraîchir la mémoire des spectateurs qui n’avaient pas vu un épisode depuis une semaine, voire plus. Les personnages et la trame de fond étaient présentés à nouveau», rappelle Bloomberg.

Ce format est désormais moqué par la satire, ajoute le site d'information

Aujourd’hui, le générique n’est plus aussi pragmatique. «Les réalisateurs, les producteurs et les showrunners le traitent avec le soin qu’ils réservaient auparavant à l’éclairage, au montage et au casting.»

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