Monde

Islamophobie ordinaire aux États-Unis: le terrifiant cauchemar de la famille Zeeshan-ul-hassan

Repéré par Alix Fieux, mis à jour le 14.10.2016 à 14 h 16

Repéré sur Huffington Post

Victime de nombreuses épreuves traumatisantes, cette famille engagée dans la lutte mondiale contre le terrorisme a préféré quitté la Caroline du Nord pour Islamabad au Pakistan.

Crédit photo: ZEESHANULHASSAN USMANI

Crédit photo: ZEESHANULHASSAN USMANI

Cette fois c'en est trop pour Usmani et Bhagwanee Zeeshan-ul-hassan. Ce couple de Pakistanais vit aux États-Unis, en Caroline du Nord à Cary, avec ses trois enfants. L'Amérique, eux, ils l'ont très bien adoptée. Leur plus jeune fils, né en Floride, a les mêmes rêves que tous les enfants de son âge: Abdul Aziz adore Captain America et veut devenir Président des États-Unis. 

Enfin ils y vivaient jusqu'à présent, raconte le Huffington Post

Car un jour quand il est rentré de l'école, le petit garçon était traumatisé. Dans la journée, un camarade avait voulu le forcer à manger une viande non halal à la cantine. Après son refus, le petit a reçu les coups de cinq autres garçons qui durant des minutes interminables l'ont frappé au visage, à l'estomac, et lui ont tordu le bras en se moquant de son nom et de sa religion. Quand les parents du jeune garçon ont pris rendez-vous avec la direction de l'école, celle-ci a assuré, après une enquête menée dans la classe, qu'aucun autre témoin ne rapportait la même version des faits qu'Abdul Aziz.

 

Et ce n'est pas la première fois que la famille rencontre de telles violences. Les deux frères d'Abdul Aziz ont aussi eu affaire à ce genre de comportements. Celui du milieu, âgé de 8 ans, s'est vu demandé plusieurs fois si son père –qui porte la barbe–  était un terroriste. Après cet incident, Usmani n'a plus osé accompagner ses enfants à l'école, pour ne pas qu'ils subissent de moqueries. 

L'aîné, lui, âgé de 14 ans, avait un jour voulu imiter son camarade en rapportant fièrement un couteau qu'il tenait de son père. À la différence que le couteau de l'autre garçon venait de Californie, et le sien du Pakistan. L'adolescent, assimilé à l'État islamique, a été exclu de l'école pour six mois. Depuis, il poursuit sa scolarité à domicile et souffre de dépression. 

Des violences islamophobes répétées

Déjà très traumatisantes, ces mésaventures inacceptables n'ont malheureusement pas été les seules qu'ont connues les Zeeshan-ul-hassan. Régulièrement, les cinq membres de la famille ont eu à subir le harcèlement de leur voisin qui venait les insulter en pleine nuit, tout faisant l'apologie de Donald Trump. 

La même année, la mosquée dans laquelle la famille a l'habitude de se rendre près de Fayetteville, a été la cible d'une attaque. Russell Thomas Langford, un ancien combattant de la guerre d'Irak, s'est présenté armé devant la mosquée et a déposé du jambon devant le lieu de culte afin de provoquer les fidèles. Quand la police est venu l'arrêter, des armes à feu et plus de 500 cartouches de munitions ont été retrouvées dans sa voiture.

Quelques mois plus tard, c'est au tour de la mosquée de Fort Pierce, en Floride, d'être incendiée par un fanatique du candidat républicain Donald Trump qui avait posté des publications anti-musulmans sur sa page Facebook. Usmani s'y rendait quand il était étudiant. 

C'est éprouvée par cette année de menaces récurrentes que la famille a décidé de partir vivre à Islamabad pour quelques mois, au moins le temps de l'élection présidentielle, espère-t-elle. 

Attaqué, alors que son travail est de protéger

Pour cet homme investi dans la lutte contre le terrorisme, difficile de faire plus injuste. Dernièrement, il a été récompensé pour son travail dans la protection des populations contre les attaques à travers le monde.

Grâce à sa collaboration avec les Nations Unies en termes d'éducation mondiale, Usmani a créé PredictyMe, une start-up qui vise à contrecarrer les attentats terroristes dans les écoles au Pakistan, au Soudan, au Nigeria. Ce chercheur veut d'ailleurs mettre à profit ses connaissances en bases de données pour tenter de mieux comprendre et anticiper qui sont les personnes susceptibles d'être recrutées par Daech, en Europe et aux États-Unis.

À en lire son CV Linkedin, Usmani est décidément brillant: titulaire de quatre diplômes, dont un doctorat et trois bourses, ce professeur et chercheur invité dans des universités à travers le monde s'est vu remettre de nombreux prix pour sa contribution dans de grands médias tels que le Wall Street Journal ou encore CNN.

Souvent aux États-Unis pour son travail, Usmani rejoint tout de même souvent son épouse et ses trois enfants à Islamabad. Mais ils espèrent bien un jour tous repartir aux États-Unis. Car au Pakistan aussi, Usmani est la cible d'attaques du fait de sa lutte ouverte contre le terrorisme. Toujours inquiet pour la sécurité des siens, il admet à contre-cœur «ne pas pouvoir vivre partout dans le monde».

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