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Après le scandale des propos de Trump, de nombreuses femmes sortent du silence

Donald Trump en campagne à Lakeland (Floride), le 12 octobre 2016. JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.

Donald Trump en campagne à Lakeland (Floride), le 12 octobre 2016. JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.

La polémique née de la vidéo où il tient des propos sexistes a poussé plusieurs femmes à l'accuser de comportements inappropriés.

Une nouvelle pluie d'accusations s'est abattue sur Donald Trump, mercredi 12 octobre, quelques jours après le scandale provoqué par la révélation d'une vidéo où le candidat républicain tenait des propos crus et sexistes. Et en partie à cause de celle-ci, puisque plusieurs des accusatrices ont été encouragées à parler par les dénégations de Trump lors du deuxième débat avec Hillary Clinton.

Plusieurs années après les faits, deux femmes accusent ainsi à visage découvert Donald Trump de comportements inappropriés, dans des témoignages obtenus par le New York Times.

Jessica Leeds, une New-Yorkaise de 74 ans, a raconté au quotidien américain que la scène avait eu lieu en 1980 dans un avion où elle voyageait à côté de l'homme d'affaires, qu'elle ne connaissait pas. Ce dernier a, selon elle, soulevé l'accoudoir du siège, a commencé à lui toucher les seins et a essayé de glisser sa main sous sa jupe. Une «agression», explique-t-elle.

Rachel Crooks, une habitante de l'Ohio âgée de 33 ans, affirme elle avoir fait l'objet d'avances inappropriées de Donald Trump en 2005 alors qu'elle travaillait comme secrétaire pour une entreprise ayant ses bureaux dans la Trump Tower à New York. Alors qu'elle lui serrait la main devant un ascenseur, le milliardaire s'est penché pour l'embrasser sur les joues, puis l'a «embrassée directement sur la bouche». Un comportement qui, s'il n'est pas forcément assimilé à une atteinte sexuelle par le droit (par exemple en France), peut évidemment souvent être vécu comme une agression par celle qui en est victime.

Un candidat «hautement agité»

Les témoignages des deux femmes ont été complétés par le New York Times de ceux de leurs proches, à qui elles avaient raconté ces épisodes à l'époque. Jessica Leeds affirme ne pas avoir témoigné publiquement plus tôt car ce genre de scène était alors relativement fréquent, et Rachel Crooks parce qu'elle craignait pour son emploi. Les deux femmes ont été incitées à sortir du silence par les nombreuses révélations de ces derniers mois sur le comportement de Donald Trump envers les femmes, dont «l'apogée» a donc été la publication récente par le Washington Post de sa conversation avec l'animateur de télévision Billy Bush:

«Vous savez, je suis automatiquement attiré par les belles... Je me mets juste à les embrasser. C'est comme un aimant. Juste à les embrasser, je n'attends pas. Et quand vous êtes une star, elles vous laissent faire, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Les attraper par la chatte, faire ce que vous voulez.»

Le New York Times a confronté les témoignages de Jessica Leeds et Rachel Crooks à la version du candidat lors d'une interview téléphonique avec ce dernier. «Hautement agité», Donald Trump s'est mis, selon le quotidien, à crier sur le reporter qui l'interrogeait (une femme), à la menacer de procès et à la qualifier d'«être humain dégoûtant». Dans un communiqué publié mercredi soir, l'équipe de campagne du candidat a qualifié l'article de «fiction» et estimé que le simple fait que ces accusations «soient publiées dans le dernier mois d'une campagne présidentielle veut tout dire». Elle a fait parvenir au New York Times une demande de rétractation de l'article, sous peine de procès.

«Je vais sortir avec elle dans dix ans»

Si ces accusations ont été les plus médiatisées de la journée de mercredi, elles sont loin d'être les seules. Une troisième femme a ainsi accusé séparément Donald Trump d'un comportement assez proche de celui rapporté par le New York Times. Mindy McGillivray, 36 ans, affirme au Palm Beach Post qu'en 2003, à l'occasion d'un concert de Ray Charles à Mar-a-Lago, propriété de Trump, le milliardaire s'est approché d'elle et l'a agrippée par derrière.

Une participante au concours Miss USA 2001, que Trump organisait, a elle déclaré au Guardian que Trump avait pénétré dans le vestiaire où les jeunes femmes s'apprêtaient à s'habiller, alors qu'elles étaient nues. Elle est la deuxième à proférer de telles allégations:

«M. Trump a juste fait irruption, n'a rien dit, est resté là et nous a regardées. [...] Il n'est pas rentré en disant: “Oh, je suis tellement désolé, je cherchais quelqu'un”. Il est rentré, il est resté immobile et il a regardé. Il faisait ça parce qu'il savait qu'il le pouvait.»

D'innombrables incidents de ce genre relatifs aux concours de beauté organisés par le candidat ont été signalés, dont Rolling Stone dresse la chronologie.

Natasha Stoynoff, une journaliste du magazine People qui a longtemps couvert l'actualité de Donald Trump, affirme elle dans un article publié par son média qu'en 2005, alors qu'elle interviewait le couple Trump à Mar-el-Lago, l'homme d'affaires a voulu lui faire visiter en privé sa propriété:

«Il a fermé la porte derrière nous et, en quelques secondes, il m'a poussée contre le mur et a enfoncé sa langue dans ma gorge.»

Elle raconte qu'elle n'a pas osé en faire part à sa hiérarchie ni demander que l'article soit annulé: «Comme beaucoup de femmes, j'ai eu honte et je me suis blâmée pour cette transgression.»

La chaîne CBS News, enfin, a elle publié une vidéo de 1992 montrant Donald Trump, lors d'une émission de télévision, discuter avec une petite fille de dix ans (il en avait alors 46) avant de se tourner vers la caméra et de déclarer: «Je vais sortir avec elle dans dix ans. Vous le croyez?»

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