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«Les» Africains-Américains et «les» Latinos… La grammaire raciste de Donald Trump

Deux jeunes sur le boulevard Rosa Parks à Detroit, septembre 2016. Michael Mathes / AFP

Deux jeunes sur le boulevard Rosa Parks à Detroit, septembre 2016. Michael Mathes / AFP

Une linguiste analyse le message implicite envoyé par le candidat républicain lors des débats.

Le racisme peut se nicher dans de subtiles variations grammaticales. Dans le cas du candidat républicain Donald Trump, dont les propos en la matière ont pourtant dépassé le niveau des messages cryptés ou implicites, c’est l’utilisation de l’article défini «les», ou «the» en anglais, qui fait l’objet d’une accusation dans un article du site Quartz.

Lors du second débat télévisé qui l'a opposé à Hilary Clinton, Trump a déclaré:

«Je vais aidé les Africains-Américains. Je vais aider les Latinos, les hispaniques. Je vais aider les centre-villes.»

Alors même qu’il emploie l’article dans des phrases qui se veulent rassurantes vis-à-vis des noirs américains, le fait qu’il se réfère au groupe comme à «The African-Americans» a tendance à présenter ses membres comme faisant partie d’un ensemble indifférencié plutôt qu’un groupe de gens divers.

Trump utilise l'article défini qui ne s'impose pourtant pas dans la langue anglaise, alors que Clinton l'utilise quand elle qualifie des gouvernements étrangers, évoquant «les Russes» ou «les Syriens», qui se renvoient pas à l'ensemble de la population de ces pays. Affubler les minorités ethniques américaines de l’article défini pluriel contribue ainsi, selon l’auteur qui enseigne la linguistique à l’université de Sussex, à les éloigner du reste de la population.

Pour la linguiste, la nuance grammaticale n’a rien d’anodin, dans la mesure où la présentation des noirs américains comme un groupe monolithique satisfait les penchants conspirationnistes d’une partie du noyau électoral de Trump. Il s’agit d’un signal envoyé à l’électorat blanc rural pour rappeler que les latinos ou les noirs sont des groupes à distance de la vie quotidienne américaine, vivant à l’intérieur des villes, plutôt que des électeurs qui individuellement sont autant concernés par l’avenir du pays que les autres électeurs, juge-t-elle encore.

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