LGBTQ

Au Royaume-Uni, les attaques homophobes ont augmenté de 147% depuis le vote sur le Brexit

Temps de lecture : 2 min

La fracture allait bien au-delà de l’Union européenne.

Gay pride de Londres, le 27 juin 2015. NIKLAS HALLE'N / AFP
Gay pride de Londres, le 27 juin 2015. NIKLAS HALLE'N / AFP

Difficile d’imaginer de tels chiffres: des statistiques publiées par l’association LGBT Galop montrent une augmentation de 147% des agressions homophobes lors des trois mois qui ont suivis le référendum sur le Brexit, en juin dernier.

Le Guardian, qui relaye l’information, explique que «Galop a aidé 187 personnes LGBT qui ont été victimes de crimes haineux dans les trois mois qui ont suivi le vote sur le référendum, contre 72 pour la même période en 2015». Sur son site, The Independent précise que ces chiffres «suggèrent que les personnes LGBT sont devenues les cibles d’une minorité qui s’est sentie enhardie par le résultat du référendum et qui pensait pouvoir exprimer leur vieille haine parce qu’il estimaient que, selon les mots de l’un des chercheurs, “cela leur laisse croire que tout le monde pense comme eux maintenant”».

Le Guardian rappelle également que l’après-référendum a connu un pic de crimes racistes à l’encontre de minorités ethniques ou d’étrangers. «Plus de 3.000 allégations de crimes haineux ont été rapportées à la police britannique, largement sous forme de harcèlement et de menaces, dans la semaine avant et la semaine après le vote du 23 juin pour le référendum, une augmentation de 42% par rapport à l’année dernière.»

Disparité des peines

De manière générale, au Royaume-Uni, 80% des 467 personnes LGBT interrogées dans le rapport de Galop expliquent avoir été victime d’une agression homophobe dans leur vie. En revanche, seulement 25% d’entre eux l’ont rapporté à la police, estimant souvent que celle-ci n’était pas capable de faire appliquer la loi.

Nik Noone, dirigeant de Galop, explique ainsi:

«Les réponses du Royaume-Uni aux crimes haineux sont parmi les meilleures dans le monde, mais nos lois contre ces crimes haineux sont loin d’être parfaites. La peine la plus lourde qu’une cour peut donner dans le cadre d'une agression homophobe, transophobe ou sur une personne handicapée est de six mois. C’est juste un quart des deux ans maximum pour les agressions liées aux origines ethniques ou à la religion. Cette disparité doit être corrigée.»

C’est cette «hiérarchie des crimes haineux» qui rend les membres de la communauté LGBT méfiants vis-à-vis de la justice et que les législateurs devront prendre en charge dans ce pays où tout est en train de changer.

Slate.fr

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