Parents & enfants

Les enfants sont sources de joie pour les pères, de stress pour les mères

Temps de lecture : 2 min

Quand un parent est assigné au soin et à la préparation des repas, et l’autre peut s’égayer en jouant au petit train ou à la poupée, il y a forcément un perdant.

Capture de «Mad Men»
Capture de «Mad Men»

«Tu verras, c’est que du bonheur.» On commence à le savoir, cette promesse faite aux futurs parents s’avère généralement fausse. En tout cas, il est évident qu’elle occulte bien des moments que l’on peut rechigner à qualifier de «sources de bonheur intense». Pourtant, il semble qu’elle puisse se révéler vraie… pour les pères.

C’est ce que conclut une vaste enquête menée par l’université américaine de Cornell. Les auteurs de l’étude ont analysé des enquêtes de 2010, 2012 et 2013 portant sur la façon dont les Américains emploient leur temps. Ils se sont particulièrement intéressés aux déclarations de 12.000 parents sur la gestion de leur temps libre et leur état émotionnel général.

Il en ressort de manière très claire que les enfants sont sources de joie pour les pères, quand ils procurent du stress aux mères. Et ce n’est certainement pas parce que les mères seraient naturellement plus stressées, débordées et surprotectrices que les hommes, mais simplement le résultat de la façon dont pères et mères dédient distinctement du temps à leurs enfants.

Quotidien contre «temps de qualité»

Ainsi, les mères passeraient davantage de temps à se consacrer au soin, à la préparation des repas, aux tâches ménagères et plus largement à l’organisation du foyer, quand les pères eux, vont passer «du temps de qualité» avec leurs enfants, c’est-à-dire, majoritairement, des moments de jeux ou de câlins. De plus, ces pères vont passer ces moments avec leur enfant, généralement en présence de la mère, ce qui les épargne du stress inhérent au fait d’être le seul adulte responsable.

Les mères sont, en effet, plus souvent parent solo, mais elles sont aussi plus souvent victimes de problèmes de sommeil et disposent de moins de temps libre, ce qui contribue au sentiment de mal-être. Pour décrypter ces disparités et ses effets, la coauteure de l’étude, Kelly Musick, établit une analogie entre les mères et le poste de défenseur au foot: «Ils vont jouer quand ils ont le temps de jouer, mais ils vont surtout faire en sorte de couvrir les autres et d’assurer leurs arrières», explique-t-elle.

Pour les femmes, il en irait de même:

«Le dîner est fait, les enfants sont baignés, le linge est plié. Elles vont alors joueur avec leurs enfants, mais quand vous prenez en compte toutes les tâches qu’elles ont effectuées, ces moments-là ne représentent alors qu’une toute petite part de leur temps.»

Gageons qu’une telle analyse obtiendrait des résultats identiques si elle concernait les habitudes des parents français, tant la répartition des tâches et du soin reste douloureusement déséquilibrée. D’après l’enquête publiée par l’Union nationale des associations familiales, «les trois quarts des soins aux enfants, de leur suivi scolaire ou de trajet d’accompagnement sont pris en charge par les mères». Et Slate rappelait ici que la même assignation s’effectuait –«maman emmène le petit chez le pédiatre» vs «papa joue a la petite bête qui monte qui monte»– y compris auprès des couples prétendument modernes.

Nadia Daam Journaliste

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