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Et soudain, Donald Trump menaça Hillary Clinton de prison

Temps de lecture : 2 min

La tension entre les deux candidats est encore montée d'un cran à l'occasion du deuxième débat.

Hillary Clinton et Donald Trump lors du second débat présidentiel, le 9 octobre 2016 à St. Louis (Missouri). Paul J. Richards / AFP
Hillary Clinton et Donald Trump lors du second débat présidentiel, le 9 octobre 2016 à St. Louis (Missouri). Paul J. Richards / AFP

Au bout de trente minutes de ce second débat présidentiel américain à St. Louis (Missouri), un électeur indécis a posé aux candidats une question sur la réforme de l'assurance-santé, l'Obamacare. Le premier moment de ce débat où une question substantielle de politique publique a été abordée (sont venus ensuite le terrorisme islamiste, la fiscalité...), après une première demi-heure qui a donné une image désastreuse de la politique américaine, entre insultes et menaces, largement impulsées par Donald Trump.

On pouvait penser que le sujet polémique de la soirée serait la tempête déclenchée par les propos sexistes du candidat républicain, qu'il espérait retourner vers son adversaire en l'attaquant sur les accusations d'agression sexuelle exprimées contre Bill Clinton il y a vingt ans –il avait d'ailleurs, peu de temps avant le débat, organisé une conférence de presse éclair avec des femmes affirmant avoir été agressées sexuellement par l'ancien président. La question est effectivement arrivée très vite sur le tapis, Donald Trump minimisant ses propos en en faisant «du bavardage de vestiaire», dont il n'est «pas fier» et dont il «s'excuse». Lançant des attaques en rafale comme s'il voulait faire tapis en misant tous ses jetons d'un coup, il a également, effectivement, attaqué Bill Clinton, affirmant qu'«il n'y a jamais eu personne dans l'histoire de la politique américaine qui se soit montré si abusif envers les femmes» et que «pour dire la vérité, Hillary Clinton devrait avoir honte».

C'est pourtant sur un autre dossier, par ailleurs très gênant depuis plus d'un an pour la candidate démocrate, celui de son serveur privé d'emails, qu'est survenu le moment le plus hallucinant de la soirée, quand le candidat républicain a affirmé que, s'il était élu, il demanderait à son ministre de la Justice de nommer un procureur spécial pour engager des poursuites contre son adversaire. Réplique de Clinton:

«Il est terriblement heureux que quelqu'un comme Donald Trump ne soit pas en charge de la loi dans notre pays.
–Parce que vous seriez en prison.»

Une phrase qui fait écho au «Lock her up» («Enfermez-la») que les partisans de Trump entonnent régulièrement dans les meetings.

Face à ces attaques, Hillary Clinton a notamment répliqué en tentant de mettre en avant la solitude du candidat républicain, qui a été lâché, ces dernières quarante-huit heures, par de nombreux caciques de son parti. «J'étais en désaccord avec des précédents nominés républicains sur leurs politiques ou leurs principes, mais je n'ai jamais questionné leur capacité à servir leur pays. Donald Trump est différent», a-t-elle affirmé, ajoutant que ce dernier «mène sa campagne de la façon dont il l'entend», puis lui lançant: «Je sais que vous êtes en mode diversion avec cette campagne qui explose et tous ces Républicains qui vous quittent.»

Seul, Donald Trump l'est effectivement de plus en plus et en tire désormais gloire, lui qui, quelques heures avant le débat, avait diffusé sur le site d'ultra-droite Breitbart une publicité libellée: «C'est nous contre le monde entier.» Seul comme un dictateur, ce que n'ont pas manqué de souligner ses plus féroces critiques, à l'image de Slate.com: «Poursuivre votre ancien opposant politique est le genre d'action que les Américains associent typiquement aux dictateurs, comme Vladimir Poutine.»

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