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Les lettres que François Mitterrand aurait préféré vous cacher à tout jamais (déso)

François Mitterrand en 1953 / AFP

François Mitterrand en 1953 / AFP

Certaines lettres de François Mitterrand à Anne Pingeot sont restées inédites. D'autres éclairent cette liaison romanesque d'un jour nouveau. Slate vous les livre en exclusivité.

Quelque 1.200 lettres cachées de François Mitterrand à Anne Pingeot sont dévoilées par celle-ci, et publiées chez Gallimard, ce jeudi 13 octobre (Lettres à Anne, 1962-1995. François Mitterrand. Éditions Gallimard, 1.276 pages, 35€).

À cette oeuvre magistrale, ont été soustraites quelques missives de moindre importance, que nous avons pu nous procurer. Elles aussi disent, par effraction, l'histoire.

Lettre à Danielle M. (1962)

«Impossible rentrer ce soir. Suis retenu par une réunion de dernière minute à Hossegor. T'embrasse.»

 

Lettre RAR à Gleeden (agence extra-matrimoniale, 1963)

«Messieurs,

J'ai souscrit un abonnement illimité à vos services pour un montant de 300 francs Rueff, d'une durée de six mois. Ayant rencontré une maîtresse qui me sied, je souhaite résilier cet abonnement, pour la durée restant à couvrir, soit deux mois et quinze jours, c’est-à-dire 125 francs. Merci de virer cette somme sur mon compte du Crédit agricole de la Nièvre. Avec tous mes remerciements pour la qualité de vos services.

François (je vous rappelle mon pseudonyme: Observatoire59)»

 

Lettre de mai 1966

«Amour, cher amour, mamour,

Puisque nous sommes, nous aimons, puisque hors ma vie, tu es ma vie, tu seras ma lumière dans l'ombre, l'inconnue qu'on désire, l'alcôve qui espère. Les années passeront mais toujours Juliette aimera Victor

 

Lettre à Anne (1967)

«Mamour, ô mamour,

On pourrait se voir à La Rochelle? Y'a une promo à l'Ibis sur Booking.com.»

Lettre à Danielle M. (1967)

«Suis coincé à La Rochelle. Tu peux t'occuper des gosses? Vraiment déso.»

 

Lettre à Anne (mai 1968)

«Ô, chers souvenirs de toi, je t'ai aimée si tendrement qu'il est impossible que ton cœur l'ignore, tu m'as aimé si fort que je rugis d'être ton amant. J'ai trouvé une édition rare de Marc Lévy chez les bouquinistes, pour toi. Je m'occupe de faire réparer le sommier.»

Service après-vente d'Ikéa (mai 1968)

«Vos lits soi-disant inusables sont bien fragiles. Les lattes se brisent comme rien. C'est insensé! Qui teste vos produits??? Ce lit étant encore sous garantie, je vous prie de bien vouloir procéder au plus vite à leur remplacement, conformément à vos CGV.  

François M., très déçu du modèle suédois.»

 

SMS (28 décembre 1969)

«Finalement impossible de passer le Jour de l'An ensemble. Suis coincé avec les gosses; et puis y'aura Joxe et Mermaz #Pensum.»

SMS (1er janvier 1970)

«Bonne année, Anne. Te kisse.»

 

Lettre à Anne (Brouillon. La version publiée par Gallimard ne comprendra pas la partie raturée, 1970)

«Imaginer que tu appartiennes à un autre, physiquement, est atroce. Je sais que tu te dis la même chose mais moi c’est pas pareil, hein

 

Poème à Anne (14 juin 1971) 

«Jeu vain que celui-ci! Au congrès d'Épinay,

Veux, peux, sois et deviens! La suprême onction 

Te sera enfin due: reçois comme promis 

Là, le bel Élysée. Sois, pour tous tes amis,

Maître désigné aux plus hautes fonctions.

Profond emblavement: de Paille, l'Epi naît!»

 

SMS (1972)

«S'il te plaît, mamour, fais gaffe quand t'envoies des sextos. Je suis en train de négo le Programme commun avec les cocos, j'ai pas le droit de rougir.  

Ton François.

PS: en vrai, balance encore.»

 

Télégramme à l'hôtel Gros Caillou, Solutré (juin 1973)

«Merci de booker la chambre avec le lit King size, comme d'habitude.»

Lettre à Danielle M. (juin 1973)

«Suis coincé à Solutré. Tu peux payer l'EDF? Vraiment déso.»

 

Lettre à Anne (décembre 1977)

«Mamour,

Ah! Ces contraintes de la politique! Je risque fort d’être bloqué à la maison le 25 au soir… On aura les Defferre, tu parles d’un cadeau! Du coup, c’est râpé pour le sapin avec Mazou… Que dirais-tu si nous fêtions Noël une semaine avant, tous les trois? En plus, ça tombe pile poil le jour de son anniversaire!

Je suis à toi, François»

 

Lettre à Danielle M. (15 juillet 1981)

«Chérie, Je dois décaler nos vacances en Egypte. Sorry. J'ai plein de paperasses à gérer ici. Bisous.»

Lettre à Anne (15 juillet 1981)

«J'ai laissé les énarques expédier les affaires courantes. On a l'été pour nous.

Yessssssssss

Ton François»

 

Note non signée, probablement destinée à Gilles Ménage (janvier 1984?)

«M’intéressant de toujours à la littérature et tenant celle-ci en haute estime, j’ai ouï dire qu’il s’écrivait secrètement une hagiographie du Président, et qu’elle serait de la plume du talentueux Jean Edern H. Vous connaissez ma modestie: les flatteries, aussi justifiées et avisées qu’elles fussent, ne sont pas de mon goût. Veuillez donc prier l’auteur de surseoir à toute publication et, vous connaissez l’orgueil des gens de plume, le rassurer en lui faisant savoir que nous serons toujours à son écoute.»

 

Note à Jacques Delors (février 1984)

«Un grand écrivain est victime d’un acharnement injustifié de vos services. L’impôt ne peut entendre la littérature. L’un comme l’autre se grandissent à renoncer.»

 

Note non signée (à son chauffeur, 1986?)

«Vous me poserez à Saint-Placide. J'en ai pour cinq minutes, douche comprise

 

Lettre à Anne (1990)

«Mamour,

Avec Mazarine, on est allés voir Tatie Danielle au ciné-club de Jarnac. On s'est bien marrés.»

 

Lettre à Gilbert M. (1994)

«Ta mère est dans tous ses états à cause de la petite Mazarine. Elle veut s'installer à Cuba... Tu peux pas lui dire d'arrêter de lire Paris Match, lui trouver une occupation, des pièces jaunes, je sais pas, moi, n'importe quoi!»

 

Lettre à Claude Gubler (classée Secret Défense, août 1995)

«Les RG m'indiquent que les laboratoires américains Pfizer travaillent à découvrir une molécule, le sildénafil, qui pourrait être d'une grande importance pour redonner de la vitalité à notre pays. Il importe que nous puissions nous en procurer quelques échantillons. Vous avez carte blanche.» 

 

Lettre à Anne (brouillon, septembre 1995)

«Quoi qu’il advienne, je serai à Paris pour dîner et mon plus cher désir est de partager ma soirée avec toi. On pourrait aller au restaurant, ça nous changerait des surgelés.

Je te chéris fort.»

[La version publiée diffère sensiblement: «En tout cas je serai à Paris avant l'heure du dîner et mon plus cher désir est de partager ma soirée avec toi. On pourrait aller au restaurant ce que t'éviterait toute cuisine.»

 

Lettre (fragment, 8 janvier 1996)

«Veux-tu m'épou...»

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