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Ouragan Matthew: pourquoi certains n'évacuent pas malgré les alertes

Temps de lecture : 2 min

Quand certains sous-estiment le danger qu'ils encourent, d'autres n'ont pas les moyens de partir ou prennent peur de tout quitter.

Jewel SAMAD / AFP
Jewel SAMAD / AFP

Après avoir frappé Cuba et Haïti, l'ouragan Matthew poursuit sa course vers le sud des États-Unis. Depuis plusieurs jours, les autorités américaines diffusent des alertes en continu informant les populations de la dangerosité du phénomène climatique et les invitant à prendre toutes mesures nécessaires pour se protéger.

Évacuez si vous êtes dans une zone à risques et si votre logement ne répond pas aux normes de construction, ou restez enfermés chez vous si cela est possible, avec tout l'équipement de survie nécessaire: tels sont les principaux conseils martelés par les autorités locales et le National Center Hurricane.

Deux millions de personnes ont été appelées à évacuer en urgence ces derniers jours. Pourtant, ces instructions formelles restent parfois lettres mortes, comme le constate le magazine Vox.

«Il faut savoir que certaines populations ne procèdent jamais à l'évacuation», raconte Cara Cuite, professeure à l'Institut du climat de l'université de Rutgers dans le New Jersey.

Les raisons sont multiples, explique cette spécialiste de la communication d'urgence en cas de catastrophes naturelles. Pour beaucoup, il s'agit le plus souvent d'une mauvaise évaluation du danger. Lassés par les alertes répétées des autorités et des médias, les civils ne prennent pas ces avertissements suffisamment au sérieux. La comparaison de l'épisode climatique qu'ils vivent actuellement avec une catastrophe précédente, comme les tempêtes Sandy ou Katrina peut même leur donner un faux sentiment de sécurité, explique le New York Times.

Ayant déjà eu affaire à des vents très violents, les habitants pensent que leur logement sera suffisamment solide pour résister à un nouveau cyclone. Ils se sentent plus en sécurité chez eux et craignent de s’exposer à un risque supplémentaire en quittant leur maison. Et lorsque certains prennent finalement la décision de partir dans un centre d'hébergement, ils réalisent en regardant par la fenêtre qu'il est déjà trop tard. La puissance des vents et des pluies ne leur permet plus de circuler.

Pour certains, ce n'est pas un choix

Attention toutefois à ne pas condamner trop sévèrement ceux qui restent chez eux malgré les instructions. Pour beaucoup, rester sur place n’est pas forcément un choix. C’est notamment le cas de nombreuses personnes à mobilité réduite, comme les personnes âgées ou encore celles souffrant d’un handicap physique les empêchant de se déplacer aisément. Dans ce cas, le besoin d'une assistance supplémentaire ralentit considérablement le départ, et le rend même parfois impossible.

Par ailleurs, une étude réalisée par les universités de Stanford et de Princeton révèle que parmi les foyers immobilisés, beaucoup rencontrent des difficultés économiques. La peur de tout perdre, de ne pas pouvoir se payer un hôtel ou un logement ailleurs les inquiète. Secourir ses proches, sa famille, ses voisins et ses amis fait aussi partie des motifs de rester, de même que la possession d'animaux difficilement transportables.

La solution? Rassurer en informant davantage les populations sur les routes à emprunter et sur la localisation des centres d'hébergement et abris anticycloniques. Pourtant, «même avec les meilleurs réflexes en termes de communication d'urgence, 5% de la population sera très probablement rester en danger», se désole le New York Times.

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