Partager cet article

Universal vient-il de sonner la fin de la guerre du streaming en exclusivité?

Extrait de la pochette de l'album Blonde, de Frank Ocean.

Extrait de la pochette de l'album Blonde, de Frank Ocean.

Le label est le premier à demander à ses artistes de ne pas y avoir recours.

Universal Music est devenu le premier grand label à interdire à ses artistes de signer des accords de sortie exclusive avec des services de streaming tels que Apple Music et Tidal, rapporte une influente newsletter specialisée relayée par The Guardian. La recommendation intervient après un épisode pour le moins embarrassant. En bon troll, Frank Ocean a sorti fin août Blonde, un album produit par son propre label Boys Don't Cry, deux jours après la mise en ligne de son album visuel Endless, lui, sous l'étiquette Def Jam/Universal. Problème, si le premier s'est accompagné d'une exclusivité de deux semaines avec Apple Music, il est aujourd'hui disponible sur toutes les plateformes. Ce qui n'est pas le cas d'Endless, dont l'exclusivité court toujours. 

«Def Jam et Universal se sont retrouvés coincés avec un album visuel éclipsé qui n’est même pas à la vente, et coupé de tout revenu issu du ‘’vrai’’ album», résume Billboard à la suite de la polémique.

Pour Rolling Stone, l’épisode Frank Ocean pourrait donc représenter un «point de bascule» après de longs mois de course à l'exclusivité.

«Les services de streaming ont bouleversé la manière dont les superstars sortent leur musique, mais les fans y perdent. Cette nouvelle réalité peut-elle durer?», s’interroge le magazine.

Le Far West

Pour les artistes, ces exclusivités peuvent être un plus. Les deals en exclusivité avec des services en streaming tels que Apple Music et Tidal sont des «sources de revenus alternatives», explique Rolling Stones. Et ça aide à nourrir le buzz. Views de Drake, The Life of Pablo de Kanye West et bien sûr Lemonade de Beyoncé… Les albums qui ont le plus fait parler d’eux en 2016 ont tous été promus à travers Apple Music ou Tidal. En sortant un album exclusif avec les artistes les plus reconnus, ces plateformes peuvent gagner des milliers de nouvelles recrues. Tidal a ainsi conquis plus de 1.2 million d'abonnés grâce à Lemonade. Ce mois-ci, Views de Drake est désormais devenu le premier album à atteindre les 1 milliard de streams sur Apple Music.

Mais les consommateurs dans tout cela? Ne pouvant multiplier les abonnements – comptez entre 9.99 et 19.99 dollars par mois pour Tidal et 10 dollars pour Apple Music–, le fan de musique est dans l'obligation de faire l'impasse sur certains disques importants. En attendant que ceux-ci soient enfin repris par l'ensemble des plateformes, les périodes d'exclusivité correspondant en général aux premières d'exploitation seulement. Avec le risque que cet éclatement important de l’offre musicale autour de quelques grands services ne pousse à encourager au téléchargement illégal. Car, après tout, à quoi bon débourser de l’argent dans des services qui nous procurent même pas la totalité de l’offre musicale?

«Cette situation résume parfaitement le vide au cœur de l’industrie musicale –c’est le Far West sauvage où celui qui investit le plus d’argent s’en sort gagnant. Mais certains s’inquiètent que les fans puissent finir perdus dans cette bataille», conclut Rolling Stone. 

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte