Monde

Le djihadisme, sous-produit du déclassement?

Temps de lecture : 2 min

Les recrues de l'État islamique ont un niveau d'instruction «significativement plus élevé» que leurs concitoyens de même génération.

Le drapeau de l'organisation Etat islamique. | DR
Le drapeau de l'organisation Etat islamique. | DR

Voilà une étude qui va relancer l’incessante controverse sur la nature et les causes du djihadisme et de son succès. Selon la banque mondiale, les combattants de l’organisation État islamique sont plus aisés et plus diplômés que la moyenne de leurs compatriotes. Cette évaluation a été rendue possible grâce aux renseignements internes de recrutement de Daech qui ont fuité en mars et concernent 3.803 dossiers de recrues ayant rejoint l’organisation à son pic de popularité, entre 2013 et 2014.

La base de données est une mine d’informations contenant des renseignements sur le statut socio-économique de chaque recrue et son C.V. en matière d’expérience précédente ou de savoirs religieux. On savait déjà que 70% de ces combattants avaient des connaissances tout juste basiques sur l'islam, mais selon la Banque mondiale, 43% des recrues ont effectué des études secondaires et un quart sont allées à l’université, 13% ont un niveau d’école primaire et 2% seraient illettrées.

Les djihadistes originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont un niveau d’instruction «significativement plus élevé» que leurs concitoyens de même génération. «Ni les inégalités ni la pauvreté ne sont des motifs d’engagement dans l’extrémisme violent», écrit le Guardian à propos des résultats de l’étude.

Plutôt qu’un effet de la pauvreté, l’attrait de cette cause internationale pourrait s’expliquer par une marginalisation sociale et économique, écrit encore la Banque mondiale. Un attrat du djihad comme conséquence d’un déclassement social des jeunes hommes (les combattants étrangers de l’État islamique ont en moyenne 27 ans) concernés?

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