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Les clowns maléfiques sont de retour aux États-Unis, et cela ne fait plus rire personne

Image tirée de la mini-série «Ça», sortie en 1990.

Image tirée de la mini-série «Ça», sortie en 1990.

Les jeunes paniquent et les clowns gentils manifestent.

Vous vous rappelez peut-être du mois d’octobre 2014, quand la France faisait face à une pseudo-vague de clowns maléfiques. Des gens plutôt mal intentionnés s’amusaient à effrayer les passants, allant jusqu’à inquiéter les forces de l’ordre.

Et bien, près de deux ans plus tard, cette blague de mauvais goût est de retour aux États-Unis, où des rumeurs de ce type reviennent très régulièrement. Tout a commencé en août dans le Wisconsin puis en Caroline du Sud, où l’équipe d’un film d’horreur indépendant a décidé de lâcher quelques clowns dans les rues pour faire de mauvaises blagues. Puis le phénomène a dépassé la simple opération marketing: le Guardian explique que des témoins ont repéré des clowns maléfiques en Caroline du Nord, en Floride, dans le Kentucky, en Pennsylvanie ou même à New York.

L’hystérie, débutée sur les réseaux sociaux, est devenue collective et les villes ont assisté à des mouvements de paniques et des chasses aux clowns. Elles ont dû lancer des messages d'alerte et arrêter les plaisantins. Une vidéo saisissante d’Inside Edition montre 500 étudiants de Penn State University partir à la recherche de l’un de ces fameux clowns soi-disant armé, avant que tout cela ne se transforme en une gigantesque peur collective.

 

À Flomaton en Alabama, une jeune femme avait créé la page Facebook d’un clown appelé Flomo pour proférer des menaces directes, début septembre, notamment contre des établissements scolaires. Mashable raconte à ce propos que les autorités ont envoyé un mail aux parents d’enfants pour les prévenir contre «les clowns effrayants». «Il y a eu quelques histoires locales liées à cela et certains de nos élèves ont reçu des photos de clowns», peut-on lire dans le mail en question.

«Les réseaux sociaux jouent un rôle primordial dans la diffusion de ces rumeurs et de la panique qui traversent le monde entier dans un clin d’œil, explique au Guardian le sociologue Robert Bartholomew. Cela fait partie d’une panique plus grande, d’une peur des étrangers et terroristes dans un monde toujours plus urbain, impersonnel et imprévisible.»

Et il n’y a pas que les civils qui sont actuellement effrayés par ce qu’il se passe. Les «bons clowns» ont décidé de prendre la parole pour se désolidariser de leurs confrères maléfiques. ABC rapporte ainsi une manifestation improbable qui aura lieu le 15 octobre à Tucson: «Clown lives matter», un nom directement inspiré du mouvement «Black lives matter». Selon les organisateurs, «il s’agit d’une façon pacifique de montrer que les clowns ne sont pas des tueurs psychopathes. Nous voulons que le public se sente en sécurité et qu’il ne soit pas effrayé. Alors venez, amenez la famille rencontrez un clown et faites lui un câlin!»

S’il est impossible de prévoir le succès de cette manifestation, les clowns gentils pourront compter sur un soutien de poids, l’écrivain Stephen King. Auteur du terrifiant Ça, une histoire de clown qui a alimenté ces légendes urbaines, il a néanmoins affirmé sur Twitter qu’il était temps de «se calmer avec l’hystérie autour des clowns» parce que «la plupart d’entre eux sont gentils, ils réconfortent les enfants et ils font rire les gens».

Un conseil tout de même pour les manifestants qui défileront à Tucson: évitez de regarder dans les bouches à égoûts sur le bord de la route, on ne sait jamais. 

 

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