Sciences

Comment compter tous les poissons du monde (et est-ce vraiment nécessaire?)

Temps de lecture : 2 min

Recenser les poissons qui peuplent nos mers et océans a longtemps été un fardeau. Mais, aujourd'hui, de nouvelles technologies facilitent la tâche des scientifiques. Est-ce une bonne nouvelle pour autant?

Des poissons d'eau profonde | Petr Kratochvil via Public Domain Pictures License by
Des poissons d'eau profonde | Petr Kratochvil via Public Domain Pictures License by

Comptabiliser les poissons qui peuplent nos mers et océans est une tâche difficile, mais essentielle pour maintenir un équilibre dans notre écosystème et pour la préservation des espèces les plus menacées ou sous-représentées. Avoir une idée précise de cette proportion de poissons permet aux pêcheurs de savoir combien de poissons ils peuvent extraire de l'eau, mais surtout combien de poissons ils doivent relâcher de leurs filets.

Ls poissons étant une source de revenus conséquente pour les populations vivant sur les littoraux, il y a urgence. En 2015, le World Wildlife Fund tirait le constat alarmant suivant: les populations d'animaux marins (mammifères, oiseaux, reptiles, poissons) ont chuté de moitié entre 1970 et 2012.

Alors, comment recenser de manière fiable le nombre de poissons dans nos mers et océans, dans la mesure où il s'agit d'espaces immenses et que ces derniers ne feront probablement pas l'effort de rester figés dans l'eau pour se laisser compter? The Atlantic s'intéresse, dans une enquête, aux nouveaux moyens déployés pour permettre aux scientifiques de se faire une idée encore plus précise du nombre de poissons dans les étendues d'eau mondiales. Le magazine s'interroge:

«Les chercheurs se tournent vers les technologies les plus récentes –intelligence artificielle, sous-marins autonomes, drones– pour développer de nouvelles méthodes de recensement pour quantifier les populations de poissons. Grâce à ces dispositifs, ils en apprennent aussi beaucoup sur les poissons. De meilleurs estimations, ajoutées à une meilleure compréhension de l'écosystème marin, sont-elles suffisantes pour sauver à la fois les poissons et les humains qui en dépendent?»

Une «distraction dangereuse»?

Et il faut croire que cela fonctionne. Dans les fonds marins rocheux, irréguliers ou caverneaux où les bateaux de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) ne pouvaient pas circuler, les sous-marins autonomes, eux, parviennent à se faufiler. Initialement créés pour observer les récifs de corail et leur détérioration, ces engins sont désormais utilisés pour compter les poissons à l'aide d'un système acoustique permettant une plus grande précision dans les mesures. Compter le nombre de morues ou de merlus, des espèces vivant au fond des océans, n'est plus impossible, juste un peu moins difficile.

Toutefois, un recensement vraiment très précis du nombre de poissons dans les océans ne fait pas tout. Pour certains scientifiques, il n'est même pas nécessaire compte tenu du contexte gravissime auxquels sont confrontés les espèces sous-marines.

«Je n'ai pas besoin de savoir si c'est 20% ou 22% de la biomasse des fonds marins que l'on pourra prélever des océans, explique Andrew Rosenberg, ancien chercheur à la NOAA et directeur de l'Union of Concerned Scientists, un collectif de scientifiques et de citoyens militant pour la défense et la préservation de l'environnement. Nous avons retiré 60% [de la biomasse]. Tout ce que j'ai besoin d'entendre, c'est qu'il faut que cela baisse considérablement.»

Au fond, pour lui, s'éterniser à vouloir compter les poissons avec la plus grande précision est une «distraction dangereuse», ajoute The Atlantic. Car, pendant que l'on s'efforce à trouver la meilleure méthode de calcul, les stocks de poissons s'amenuisent toujours plus.

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