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À Alep, les civils sont les premières victimes de l'usage d'armes illégales

Temps de lecture : 2 min

La semaine dernière, deux hôpitaux et un centre de distribution de pain ont été bombardés à Alep. Dans les décombres, des sous-munitions peuvent encore exploser à tout moment pour détruire la vie des civils.

Capture NBC d'une sous-munition russe interdite depuis 2010 retrouvée à Alep après un bombardement la semaine passée.
Capture NBC d'une sous-munition russe interdite depuis 2010 retrouvée à Alep après un bombardement la semaine passée.

La fin du cessez-le-feu qui n’aura duré que sept jours en Syrie est plus meurtrière que jamais. Le mercredi 28 septembre dernier à Alep, deux hôpitaux parmi les plus importants de la ville ont été visés par des frappes aériennes. Ils abritaient des centaines de civils et du personnel de santé, ainsi que l’un des trois services d’urgence de la ville. À quelques mètres de là, un centre de distribution de pain a également été touché.

Parmi les décombres, rapporte NBC News, des images montrent la présence de bombes qui n’ont pas encore explosé parmi les ruines de l’un des hôpitaux. Difficile pour les experts d’identifier définitivement l’origine de ces armes, mais il semblerait qu’il s’agisse de sous-munitions enregistrées sous le nom de «Shoab 0,5», connues pour être utilisées aussi bien par les forces aériennes russes et syriennes. Or, ces sous-munitions font l’objet d’une convention spéciale: utilisées massivement dans le conflit syrien, elles sont bel et bien interdites depuis 2010 dans 119 pays à travers le monde.

Pourquoi? Parce qu'utilisées comme des bombes «anti-matériel» et «anti-personnel», ces sous-munitions capables de se disperser sur de très larges zones n’explosent pas toujours immédiatement à l’impact. Elles peuvent rester des années voire des décennies durant, à la portée des civils et notamment des enfants qui, la prenant pour un jouet, la manipulent et peuvent la faire exploser. D’après un rapport de de l’ONG Human Right Watch, 97% des personnes tuées ou blessées par ces armes en 2015 étaient des civils.

Risques sur le long terme

Aujourd’hui, la Russie nie tout recours à ces sous-munitions en Syrie par ses forces armées. Une déclaration plutôt étonnante, quand on sait qu'une vidéo publiée par le ministère russe de la Défense lui-même montre au contraire ce qui ressemble fortement à des bombes à dispersion chargées sur des avions à destination de la Syrie.

Les dommages de ces armes vont donc persister pour de longues années encore. Ainsi, au Liban, les civils subissent toujours les ravages causés par des bombes laissées dix ans auparavant. Pourtant, le combat qui opposait Israël et le Hezbollah n’avait duré que trente-trois jours.

En attendant une possible rupture diplomatique entre Washington et Moscou, pour Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, le fait est indéniable: «ces attaques délibérées contre des hôpitaux sont des crimes de guerre.»

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