Égalités

Il faut arrêter de présenter les agressions de femmes célèbres comme des «blagues»

Temps de lecture : 2 min

Ou de les blâmer quand elles décident de se défendre.

La mannequin Gigi Hadid, lors d'un défilé de la Milan Fashion Week, le 26 février 2016. TIZIANA FABI / AFP
La mannequin Gigi Hadid, lors d'un défilé de la Milan Fashion Week, le 26 février 2016. TIZIANA FABI / AFP

Il y a quelques jours, en sortant d’un défilé à la Milan Fashion Week, le mannequin Gigi Hadid pose avec des fans pour quelques selfies, comme le ferait n’importe quelle personnalité célèbre et sympathique. Mais au bout de quelques secondes, alors que la jeune s’apprêtait à rejoindre sa voiture, un homme surgit, l’attrape, et la soulève avec ses bras. Choquée, la mannequin décide de répliquer immédiatement en tentant de se libérer, puis de le poursuivre en l’insultant.

On comprend évidemment sa réaction: Gigi Hadid a peut-être cru un instant que l’homme lui voulait du mal. Mais quelle ne fût pas la surprise de Laura Bates, qui écrit pour le Guardian, quand elle a constaté que les journaux avaient critiqué la réaction de la mannequin. «Alors que certaines publications prenaient sa défense, le consensus général consistait à dire qu’Hadid, très violent, a mal réagi.» Et Marie-Claire, qui a pourtant soutenu la jeune femme, explique que son opinion n’est pas la plus populaire…

L’homme responsable de l’attaque s’appelle Vitalii Sediuk, un jeune homme que Vanity Faire présente comme «un stakhanoviste du harcèlement dont le tableau de chasse magistral donnerait des complexes aux plus grands séducteurs de Hollywood». Il compte à son «tableau de chasse» des vedettes comme Leonardo DiCaprio, Will Smith, Miranda Kerr… Et depuis quelques jours Kim Kardashian lors de la Paris Fashion Week. Alors que la businesswoman se rendait dans un restaurant, Sediuk s’est jeté sur elle pour tenter d’attraper sa jambe et d’embrasser ses fesses.

Et là encore, si Kim Kardashian a décidé de porter plainte, les médias ont réagi de manière étrange. La BBC a ainsi posé la plus étrange des questions dans un tweet, pour lancer le débat sur les actions de Seduik.

«Est-ce que c’est OK d’attraper une femme dans la rue, même si c’est pour la blague?»

L’article de la BBC reprend les justifications de Seduik, qui affirmait vouloir, avec cette «blague» dénoncer le postérieur de Kim Kardashian, qui estime être «faux». Il avait expliqué au moment de son attaque sur Gigi Hadid qu’il voulait critiquer cette jeune femme qui, selon lui, «rien à faire dans les hautes sphères de la mode.» «Via mon action, j'ai voulu encourager l'industrie de la mode à choisir de vrais talents pour les podiums, et pas juste des bimbos surconnectées. Vous pouvez appeler ça un manifeste, ou une protestation.»

Laura Bates répond en expliquant qu’il ne s’agit pas de «blagues, mais d’attaques effrayantes et inacceptables. Ce n’est pas un hasard si beaucoup de ces gens ciblent des femmes, alors que ces “blagues” sont souvent de nature sexuelle et constitueraient une forme d’agression dans beaucoup d’autres situations.» Les agressions comme celles de Seduik ne font que renforcer l’idée selon laquelle les femmes devraient être reconnaissantes de toute attention masculine, violente ou non. Et cela n’est pas acceptable, qu'une femme soit célèbre ou non, y compris quand on pense faire une «blague».

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