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Dans un enregistrement audio, John Kerry avoue sa frustration sur la situation en Syrie

Temps de lecture : 2 min

«J’ai perdu le débat. J’étais celui qui s’est levé pour annoncer [qu’ils allaient] attaquer Assad pour son usage d’armes.»

John Kerry, le 21 septembre 2016 à l'ONU. DON EMMERT / AFP
John Kerry, le 21 septembre 2016 à l'ONU. DON EMMERT / AFP

Les documents témoignant de la frustration d’un représentant du gouvernement sur ses propres échecs sont rares. C’est ce qui rend la fuite d’un enregistrement audio de John Kerry, secrétaire d’Etat américain aux Affaires étrangères, si intéressante.

Plusieurs médias américains relaient une conversation entre Kerry et un groupe de civils syriens en marge d’une réunion à l’ONU, où le secrétaire d’Etat tentait de renouveler un cessez-le-feu en Syrie après une première tentative ratée dans un conflit qui s’éternise.


Sans détour, note le New York Times, Kerry explique qu’il n’y a eu que «trois à quatre personnes dans l’administration qui, [comme lui], ont tous argumenté pour l’usage de la force». «Et j’ai perdu le débat», regrette-t-il avant d’ajouter qu’il était «celui qui s’est levé pour annoncer [qu’ils allaient] attaquer Assad pour son usage d’armes». Il fait référence à des débats internes en 2013, lorsqu’il a été découvert qu’Assad utilisait des armes chimiques en Syrie. «Personne n’est plus frustré que moi», lâche-t-il un peu plus loin dans la conversation.

Il a également fait part de sa colère vis-à-vis de la Russie, qui est invitée par la Syrie sur son territoire alors que les Etats-Unis n’ont pas de base légale pour attaquer. «Le problème, c’est que la Russie n’a que faire des lois internationales, et nous si. Et nous n’avons pas de base légale, comme nous le disent nos avocats, à moins que l’on obtienne une résolution du Conseil de sécurité. […] On n’agit pas comme les Russes. Ce sont des critères différents.»

Enfin, note CNN, alors que le groupe syrien lui demande d’agir en Syrie, Kerry se braque: «Vous pouvez être en colère contre nous, mais nous essayons d’aider les Syriens à se battre pour leur propre pays, et nous avons dépensé beaucoup d’argent, fait beaucoup d’efforts.» Et si le secrétaire d’Etat espère qu’on vote démocratique permettra d’envisager le départ d’Assad du pouvoir, ses interlocuteurs répliquent en affirmant que seule la force pourra marcher. «Et qui s’en occupera? Qui va faire ça?», lance Kerry. Réponse immédiate d’un Syrien: «Il y a trois ans j’aurais dit: Vous. Mais maintenant, je ne sais pas.»

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